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Économie - Grèce

Licenciés, les journalistes de ERT continuent de travailler

Depuis l’extinction du signal de la ERT, cinq bulletins d’information et plusieurs émissions sont proposés chaque jour, accessibles seulement sur Internet. Louisa Gouliamaki/AFP

Il est 15h, le journal de la télévision publique grecque débute. Pourtant, les écrans de l’ERT restent noirs dans tout le pays depuis plus de trois semaines. Le signal a été coupé le 11 juin.
Sous la pression de ses créanciers internationaux pour réduire ses coûts et réformer son secteur public, le Premier ministre grec Antonis Samaras, à la tête d’une fragile coalition gouvernementale, a fermé sans préavis l’organisme de radiotélévision public ERT en critiquant sa mauvaise gestion, permettant à la Grèce d’afficher à fin juin un solde net de près de 2 700 postes en moins dans le secteur public. Depuis, les journalistes ont reçu leur lettre de licenciement, mais continuent de maintenir des émissions avec des moyens de fortune.
Le nouveau ministre chargé de l’Audiovisuel public, Pantelis Kapsis, qui cherche à sortir de l’impasse, a déposé au Parlement jeudi soir un texte de loi créant une nouvelle société d’audiovisuel public, Nerit SA, sous la triple tutelle du ministère des Finances, de la Culture et de celui de l’Audiovisuel public. Il a laissé entendre que si aucun accord n’était trouvé rapidement avec les représentants du personnel licencié de l’ERT sur les conditions de reprise rapide des programmes, une solution alternative devrait être mise sur pied. 2 000 salariés devraient être repris dans la nouvelle entité, selon l’accord politique entre les deux partis de la coalition gouvernementale.
Depuis l’extinction du signal de la ERT, cinq bulletins d’information et plusieurs émissions sont proposés chaque jour, accessibles seulement sur Internet, grâce au soutien de l’Union européenne de l’audiovisuel UER qui regroupe les principaux groupes audiovisuels publics, et qui s’est offusquée de cette abrupte fermeture sans préavis. Les salariés travaillent bénévolement. Pas seulement les journalistes, mais aussi les assistants, les techniciens, les maquilleuses. L’intérieur du siège de l’ERT dans la banlieue nord d’Athènes est presque plus propre qu’avant, notent certains journalistes. Ses entrées sont filtrées par des volontaires, ce que le gouvernement qualifie « d’occupation illégale » du bâtiment.
« On appelle ça de l’autogestion opérationnelle. Nous avons travaillé de cette manière depuis la mort soudaine de l’ERT. Toute l’équipe passe ici, c’est un flot continu, une contribution émotionnelle de tous, pas seulement des journalistes, mais aussi des producteurs, directeurs, assistants, de l’équipe du maquillage, des techniciens, tous ceux qui aident à mettre cette production sur les ondes. On continue comme d’habitude » dit Fanis Papathanassiou, présentateur. Un comité de journalistes prend les décisions au jour le jour, l’attribution des vacations, la préparation des journaux, les invitations.
Selon le Premier ministre, les 5 chaînes de télévision et les radios du groupe coûtaient trop cher : 300 millions d’euros par an pour un taux d’audience inférieur à 4 %. Il accuse aussi ce bastion syndical, où beaucoup de nominations étaient politiques et clientélistes, d’avoir eu une gestion trop figée. « Nous ne pouvions même pas muter un technicien d’un bâtiment à l’autre », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, lui-même ancien salarié de ERT.
Assez ironiquement, la fermeture abrupte des antennes a fait remonter la cote de popularité de ce média aux contenus austères. Reconnu pour la qualité de ses documentaires, l’ERT était aussi très critiquée pour son manque d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs en place et pour les avantages dont bénéficiait son personnel, qui en faisaient une vache sacrée des gouvernements successifs.
Actuellement, quatre millions de visiteurs quotidiens sont comptabilisés sur le site. Pour la diaspora grecque éparpillée dans le monde, ERT reste un point de contact important avec le pays d’origine. « Un ami aux États-Unis m’a dit que ERT a dû fermer pour que nous puissions l’apprécier à sa vraie valeur », constate Vassilis Alexopoulos, gardien des archives de la télévision publique. « J’ai battu mon record de nuits sans sommeil d’affilée, je n’ai pas dormi pendant 5 jours. Les 8 jours suivants, je dormais 2 heures par jour. Maintenant que les choses sont plus organisées et en place, je peux dormir 4 à 5 heures », raconte Chryssa Roumeliotis, présentatrice.
« C’est une expérience unique pour nous. Cela nous a donné l’opportunité de remarquer les problèmes que nous avions dans le passé, pas que nous n’en étions pas conscients, mais maintenant nous en sommes les témoins. D’un autre côté, cela nous a donné une opportunité unique de faire notre métier de journaliste de la meilleure façon, sans ressentir d’interférence, sans avoir à dire les choses d’une manière particulière », reconnaît quant à elle Denia Sarakini, présentatrice.
(Source : AFP)
Il est 15h, le journal de la télévision publique grecque débute. Pourtant, les écrans de l’ERT restent noirs dans tout le pays depuis plus de trois semaines. Le signal a été coupé le 11 juin.Sous la pression de ses créanciers internationaux pour réduire ses coûts et réformer son secteur public, le Premier ministre grec Antonis Samaras, à la tête d’une fragile coalition gouvernementale, a fermé sans préavis l’organisme de radiotélévision public ERT en critiquant sa mauvaise gestion, permettant à la Grèce d’afficher à fin juin un solde net de près de 2 700 postes en moins dans le secteur public. Depuis, les journalistes ont reçu leur lettre de licenciement, mais continuent de maintenir des émissions avec des moyens de fortune.Le nouveau ministre chargé de l’Audiovisuel public, Pantelis Kapsis, qui cherche...
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