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Économie - Crise

L’impasse perdure au Portugal malgré les assurances apaisantes de Coelho

Le président souligne qu’un des principaux problèmes était le retour de Lisbonne sur les marchés financiers l’année prochaine.

Un magasin fermé à Lisbonne... « Il est possible que le Portugal ne réussisse pas à revenir sur les marchés à des taux raisonnables malgré la mise en œuvre du programme », a mis en garde le président portugais Anibal Cavaco Silva hier, ajoutant que cet échec pourrait s’expliquer « par des événements financiers extérieurs ou des difficultés politiques intérieures ». José Manuel Ribeiro/Reuters

L’impasse politique perdurait hier au Portugal dans l’attente d’un accord définitif pour sauver le gouvernement de centre-droit malgré les assurances du Premier ministre, soucieux d’apaiser l’inquiétude des marchés et de l’Europe concernant ce pays sous assistance financière.
Après de longs entretiens la veille avec Paulo Portas, le ministre des Affaires étrangères démissionnaire, à l’origine de la crise, Pedro Passos Coelho a annoncé avoir trouvé « une formule » pour garantir la survie de la coalition au pouvoir depuis juin 2011. Mais le Premier ministre n’en a pas précisé le contenu, indiquant qu’elle devait encore être discutée avec le petit parti conservateur CDS-PP de M. Portas, dont l’alliance avec le Parti social-démocrate (PSD) de M. Passos Coelho permet au gouvernement d’avoir la majorité au Parlement.
Le chef du gouvernement a fait cette annonce après un entretien avec le président Anibal Cavaco Silva qui, apparemment, n’a pas été convaincu. Inquiet sur l’avenir de son pays, le président a souligné hier, devant une trentaine d’économistes, qu’un des principaux problèmes du Portugal était son retour sur les marchés financiers l’année prochaine, à la suite du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros, négocié en mai 2011 avec les créanciers de la « troïka » (UE-FMI-BCE). « Il est possible que le Portugal ne réussisse pas à revenir sur les marchés à des taux raisonnables malgré la mise en œuvre du programme », a mis en garde le président, ajoutant que cet échec pourrait s’expliquer « par des événements financiers extérieurs ou des difficultés politiques intérieures ».
Au cours de la même conférence, le gouverneur de la Banque du Portugal, Carlos Costa, a appelé le gouvernement « à la responsabilité politique ».
Le président, qui a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée, doit recevoir lundi les représentants des partis d’extrême gauche qui, comme le Parti socialiste, la principale formation d’opposition, réclament la démission du gouvernement et des législatives anticipées. « Seul M. Cavaco Silva peut résoudre le problème », analysait le directeur de l’hebdomadaire Expresso, Ricardo Costa, soulignant que le chef de l’État « connaît les marchés et l’Europe, et qu’il fera tout pour les rassurer ».
La crise est née de la démission surprise, mardi dernier, de M. Portas, 24 heures après celle, tout aussi inattendue, du ministre des Finances, Vitor Gaspar, architecte du programme de réformes et de rigueur exigé en contrepartie du plan de sauvetage. M. Gaspar a été remplacé par son adjointe au sein de l’Eurogroupe, Maria Luis Albuquerque, un choix démontrant la volonté du Premier ministre de poursuivre sur la même voie, une option rejetée par M. Portas qui souhaitait au contraire donner la priorité à la relance économique.
Toutefois, les autorités européennes insistent pour que le Portugal poursuive ses efforts de redressement. La crise à Lisbonne a mis en évidence « le danger que comporte le moindre signal pouvant donner le sentiment que la détermination à corriger certains déséquilibres n’existe plus », a déclaré hier à Vilnius le président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso. Mais la cure de rigueur a contribué à aggraver davantage que prévu la récession et le chômage tout un provoquant un fort mécontentement social, et la « troïka », attendue le 15 juillet pour un nouvel examen des comptes du pays, a déjà dû alléger à deux reprises les objectifs budgétaires du gouvernement.
L’attitude confiante du Premier ministre, qui a affirmé être « en mesure de surmonter les difficultés », semble néanmoins avoir calmé, au moins en partie, l’inquiétude des marchés.
Le taux d’emprunt à 10 ans du Portugal se détendait très nettement hier matin sur le marché obligataire et repassait sous le seuil de 7 %, les investisseurs misant sur un accord politique au sein de la coalition.

(Source : AFP)
L’impasse politique perdurait hier au Portugal dans l’attente d’un accord définitif pour sauver le gouvernement de centre-droit malgré les assurances du Premier ministre, soucieux d’apaiser l’inquiétude des marchés et de l’Europe concernant ce pays sous assistance financière.Après de longs entretiens la veille avec Paulo Portas, le ministre des Affaires étrangères démissionnaire, à l’origine de la crise, Pedro Passos Coelho a annoncé avoir trouvé « une formule » pour garantir la survie de la coalition au pouvoir depuis juin 2011. Mais le Premier ministre n’en a pas précisé le contenu, indiquant qu’elle devait encore être discutée avec le petit parti conservateur CDS-PP de M. Portas, dont l’alliance avec le Parti social-démocrate (PSD) de M. Passos Coelho permet au gouvernement d’avoir la...
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