A.D. juin 2013. Événement essentiel: promotion 2013 de l’école. Son moutard en fait partie. La cérémonie doit commencer à 17h. Il doit quitter son boulot à 16h pour prendre en compte les embouteillages. Cinq kilomètres et une heure plus tard, il y arrive haletant et déguisé en costume de circonstance par une chaleur écrasante. La cérémonie religieuse, ponctuée de discours et sermons incolores, inodores et sans saveur, et de surcroît interminables, s’éternise. Il faut ensuite se diriger vers une espèce de stade pour la suite. Les discours insipides continuent devant des élèves qui n’en n’ont cure, des parents qui s’impatientent et quelques tétas passablement émues qui essuient un semblant de larme. Sans peur du ridicule, on glorifie tels des demi-dieux et sans retenue les profs et les éducateurs honnis et abhorrés par les élèves qui se les ont tapés durant les 13 ans qu’a duré leur calvaire et qui ne pensent qu’à la soirée qui va suivre. Les malheureux étudiants endimanchés, en cravate pour les garçons et en hauts talons inconfortables pour les filles, n’ont qu’une envie: être ailleurs. Ne nous y trompons pas : les parents aussi. Les discours ne discontinuent pas. La préfète, dont personne n’a daigné écouter les pensées profondes durant l’année, veut se venger et s’en donne à cœur joie, gueule dans son micro dans un «fronçais» approximatif, roule les «r» et annonce fièrement que Monsieur Machin à été admis à l’Institut Prokoff polytechnique de Oulan-Bator et que Mademoiselle Truc à été admise à l’université Internationale de Anchorage. Il faut ensuite assister à une remise de diplômes qui n’en finit plus. Cinq heures et des poussières plus tard, il est invité à un «vin d’honneur », mais quel vin? Il n’y a rien que du Coca et quelques sandwiches immangeables, éparpillés. La célèbre cérémonie de Stanford avec l’incomparable Steve Jobs, lui-même sans diplôme aucun, n’aura duré, à tout casser, que deux heures comparée aux cinq heures ici. Il se remémore les inoubliables Pink Floyd: «We don’t need no education, we don’t need no thought control, hey teacher leave those kids alone.»
A.D. juin 2013. Événement essentiel: promotion 2013 de l’école. Son moutard en fait partie. La cérémonie doit commencer à 17h. Il doit quitter son boulot à 16h pour prendre en compte les embouteillages. Cinq kilomètres et une heure plus tard, il y arrive haletant et déguisé en costume de circonstance par une chaleur écrasante. La cérémonie religieuse, ponctuée de discours et sermons incolores, inodores et sans saveur, et de surcroît interminables, s’éternise. Il faut ensuite se diriger vers une espèce de stade pour la suite. Les discours insipides continuent devant des élèves qui n’en n’ont cure, des parents qui s’impatientent et quelques tétas passablement émues qui essuient un semblant de larme. Sans peur du ridicule, on glorifie tels des demi-dieux et sans retenue les profs et les éducateurs honnis et...
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Qu'est ce que cela a du vous peser l’école!
16 h 04, le 02 juillet 2013