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Liban

Cri de colère de Siniora, de Bahia Hariri et des pôles de Saïda contre le Hezbollah : Nous ne sommes pas à Guantanamo

L’ancien Premier ministre Fouad Siniora au cours de sa conférence de presse hier au Sérail à l’issue d’une réunion avec Nagib Mikati. Il est entouré de la députée Bahia Hariri, du mufti de Saïda, cheikh Soussan, et des présidents des municipalités de Saïda et de Abra. Photo Dalati et Nohra

C’est un véritable cri de colère, mettant en garde contre la colère populaire qui gronde, que les deux députés de Saïda, Bahia Hariri et Fouad Siniora, ainsi que le mufti de la ville, cheikh Seélim Soussane, et les pôles de Saïda, ont transmis hier au président Michel Sleiman, au Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, au commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, et au directeur des Renseignements de l’armée, le brigadier Edmond Fadel, au sujet des exactions commises à l’encontre des habitants de Abra et de Saïda à la suite de l’opération menée par l’armée dimanche et lundi derniers contre les partisans d’Ahmad el-Assir.

Les députés Siniora et Hariri, accompagnés du mufti Soussane et de représentants de la société civile de Saïda, ont été reçus dans la journée d’hier par le président Sleiman à qui ils ont remis un mémorandum dénonçant de manière très explicite les nombreuses exactions commises à Saïda et Abra, aussi bien par certaines unités de l’armée que par des miliciens du Hezbollah. Mettant l’accent sur le grave ressentiment suscité par les derniers développements au sein de la population, le mémorandum dénonce « les arrestations arbitraires et les poursuites qui visent des dizaines de jeunes, ainsi que les perquisitions dans les habitations, en violation de la loi, sans compter qu’il a été établi que des groupes armés se livrent à des arrestations et à des investigations, ce qui provoque la colère et la terreur parmi des habitants qui n’ont pas été impliqués dans les derniers incidents ».


(Lire aussi : La colère sunnite éclate à Saïda ; les appels au calme jugés « trop conciliants »)

Le document stigmatise en outre « le retour de groupes armés relevant du Hezbollah et de ce qu’on appelle les brigades de la résistance (relevant du Hezbollah), ainsi que les alliés du Hezbollah à Saïda, dans les appartements et les permanences à Abra et ses environs, avec armes et bagages, d’une manière encore plus intempestive qu’auparavant ». « Une forte présence armée du Hezbollah, de ce qu’on appelle les brigades de la résistance et des alliés du Hezbollah est également perceptible à Saïda, parallèlement aux drapeaux partisans qui sont brandis dans plusieurs quartiers et secteurs de Saïda de façon provocatrice », ajoute le mémorandum de Siniora et Hariri.

Soulignant que cette situation constitue une sérieuse menace pour la paix civile, les deux députés ont demandé au président Sleiman de prendre les mesures nécessaires afin que le dossier des événements de Saïda et Abra soit déféré devant la Cour de justice. En conclusion, le document réclame l’arrêt des arrestations arbitraires et demande aux services sécuritaires concernés d’établir une liste précise et détaillée des personnes poursuivies dans cette affaire.
Notons que M. Siniora et Mme Hariri étaient accompagnés au cours de leur visite au palais de Baabda par une délégation de la société civile de Saïda qui a lancé une pétition ayant pour leitmotiv « halte à la peur ». Le président Sleiman a été le premier à signer la pétition à l’issue de son entrevue avec la délégation.

Au Grand Sérail
Plus tard dans la journée, les députés Siniora et Hariri, accompagnés de cheikh Soussane et certains pôles d’influence de Saïda, se sont rendus au Grand Sérail où ils ont tenu une réunion avec M. Mikati en présence du général Kahwagi, du brigadier Fadel, et du procureur général de la République par intérim, le juge Samir Hammoud. La délégation a exposé dans le détail au général Kawhagi les exactions commises par certains militaires ainsi que par les miliciens du Hezbollah à l’encontre de la population civile.

M. Mikati a souligné au cours de cette réunion que « le comportement avec les habitants doit se faire avec beaucoup de sagesse et de bienveillance, et il est nécessaire de ne pas agir avec les habitants en se basant sur le fait qu’ils sont tous coupables et impliqués dans les événements ». Tout en rendant hommage à l’armée et aux martyrs militaires tombés au cours des affrontements, M. Mikati a demandé au commandement de l’armée de « mettre un terme immédiatement aux abus » (...), soulignant qu’il existe « des innocents qui n’ont rien à voir avec les incidents et qu’il n’est donc pas concevable de traiter en violation avec la loi ».

De son côté, M. Siniora a fait une déclaration stigmatisant en des termes très fermes les agissements des miliciens du Hezbollah, soulignant que « de nombreux témoignages, sans compter les réseaux sociaux, font état d’exactions ». « La colère gronde à Saïda où un sentiment d’oppression est perceptible, a déclaré M. Siniora. Ce sentiment ne se limite pas d’ailleurs à la ville de Saïda. En toute franchise, je dis que la situation est très grave. Il est impératif de prendre des mesures rapides afin de mettre un terme à ces agissements. Il est nécessaire d’agir aves les gens en respectant les droits de l’homme. Nous ne sommes pas à Guantanamo. J’ai entendu aujourd’hui à la mosquée (de Saïda) des témoignages affirmant que même à l’époque de l’occupation israélienne, la ville de Saïda n’a pas été le théâtre de telles exactions. Cela est inacceptable et cela doit s’arrêter », a conclu M. Siniora qui a relevé que le président Sleiman, le Premier ministre sortant et le commandant en chef de l’armée se sont engagés à suivre l’affaire de près et à prendre les mesures qui s’imposent.
C’est un véritable cri de colère, mettant en garde contre la colère populaire qui gronde, que les deux députés de Saïda, Bahia Hariri et Fouad Siniora, ainsi que le mufti de la ville, cheikh Seélim Soussane, et les pôles de Saïda, ont transmis hier au président Michel Sleiman, au Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, au commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, et au directeur des Renseignements de l’armée, le brigadier Edmond Fadel, au sujet des exactions commises à l’encontre des habitants de Abra et de Saïda à la suite de l’opération menée par l’armée dimanche et lundi derniers contre les partisans d’Ahmad el-Assir. Les députés Siniora et Hariri, accompagnés du mufti Soussane et de représentants de la société civile de Saïda, ont été reçus dans la journée d’hier...
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