Les tables rondes ont porté sur l’impact des techniques de communication de masse sur les campagnes électorales.
Le colloque s’est articulé autour de quatre axes principaux. Le premier couvre la sémiotique politique : les campagnes électorales, leurs sens et signification. Au cours de cette table ronde, les intervenants ont repris les symboles et les signes véhiculés dans les discours électoraux et médiatiques au Liban tels que le slogan, très controversé, « Sois belle et vote », accompagné de la photo d’une belle femme, adopté durant la campagne électorale 2009 par le Courant patriotique libre (CPL). Slogan qui a été détourné pour devenir « Bêle et vote » puis : « Sois intelligente et vote blanc ».
Dans un deuxième temps, les chercheurs se sont penchés sur la communication politique : institutionnalisation et mobilisation électorale. Ils se sont intéressés aux différentes stratégies de communication mises en œuvre par les acteurs politiques en vue de conquérir et de mobiliser l’opinion publique. Des stratégies qui s’apparentent aux techniques de marketing, l’élu devenant un produit comme un autre, qu’il faut vendre à coups de slogans, d’images de marque et de campagnes publicitaires.
Une troisième table ronde a permis d’étudier l’effet des nouveaux médias, les réseaux sociaux et la politique en ligne. L’élection présidentielle française de 2012 a servi d’exemple. Pour Rémy Rieffel, chercheur et professeur à l’Université Paris 2, la recherche de l’information est socialement déterminée par l’âge et les diplômes des personnes concernées. « Les jeunes, dit-il, s’inscrivent dans une démarche de partage à travers les réseaux sociaux, tandis que les moins jeunes sont dans une stratégie de recherche ciblée, sur Internet. » En ce qui concerne les pratiques de recherche, il affirme : « Les plus diplômés maîtrisent les sites et ne s’informent pas par le biais de la télé, tandis que les moins diplômés se contentent du petit écran. » Le chercheur français conclut : « Il faudra démystifier et relativiser la toute-puissance des médias et l’impact qu’ils ont sur l’opinion publique. »
La quatrième table ronde s’est penchée sur l’éthique et la règlementation de la campagne médiatique. On y a examiné les principes déontologiques et l’éthique professionnelle qui gèrent la campagne électorale. Des principes presque inexistants pour une chasse sans merci à l’électorat, tout en cherchant par tous les moyens à discréditer l’adversaire.
Du côté des jeunes
Le colloque a suscité un vif intérêt chez les étudiants qui ont participé passionnément aux nombreux débats. Alexandra, 20 ans, étudiante en information, soulève le problème de la lourde responsabilité du journaliste. « Le journaliste doit être totalement intègre, surtout dans un pays comme le Liban où les dissensions politico-confessionnelles prennent très vite une ampleur démesurée. » Élie, 21 ans, étudiant en information, dénonce les pratiques de certains politiciens. « Il faudra veiller à ne pas instrumentaliser les différents médias à des fins personnelles et éviter les dérives et la désinformation, surtout en période électorale », estime-t-il.

