Chaque épisode guerrier ramène dans sa besace son bouquet de fanfaronnades, typiques du landernau. Car au-delà du drame des victimes et des dégâts dans les biens, ce sont ces hâbleries qui marquent les pauvres d’esprit et qui font de la bêtise un éternel recommencement.
Tout compte fait, il nous manquera, le guignol de Saïda, avec son logiciel islamiste dernier cri et les périphériques qui allaient avec. Bizarrement, il traînait aussi au bout de sa laisse une espèce de chanteur oriental de cuisine qui avait fini par troquer ses mélopées sirupeuses contre des airs guerriers gutturaux et son micro contre une mitraillette. La musique adoucit les mœurs? Aristote doit donner des coups de pied dans sa pierre tombale.
Cette pantalonnade vient en tout cas confirmer le parcours immuable de ces demi-dieux exotiques arabes qui commencent droits dans leurs bottes et finissent maladroits dans leurs babouches, déguisés en fatma : l’Irakien Nouri es-Saïd, les Palestiniens Yasser Arafat et Chaker Absi, le Syrien Noureddine Atassi, jusqu’à notre indigène perso Ahmad el-Assir... Tous ont promis qu’ils seraient les derniers à griller sous les balles, tous ont détalé en slalomant entre les cadavres des niaiseux qu’ils avaient envoyés au casse-pipe. Cette palanquée de disjonctés, dont on n’a pas souvenance que la fibre humaniste ait jamais particulièrement palpité pour les droits de la femme, ont tous joué les drag-queen camouflés sous la bâche dont les islamistes affublent leurs moitiés. Belle revanche de la parité !
Enfin ! Le puzzle du Liban standard se remet doucement en place : les druzes ont un chef, les sunnites ont un chef, les chiites ont un chef (orné quand même d’un pendentif imberbe subsidiaire). Ne reste plus que les chrétiens qui pédalent dans leurs querelles de chefs, en attendant de se trouver un vrai chef de chez chef, dans un gabarit de chef-chef.
En arrière toute, 50 ans... derechef.
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