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Nos lecteurs ont la parole

La révolution culturelle maronite

Par Abdel Hamid AL-AHDAB
Les maronite sont le sel de la terre libanaise, mais Jésus l’avait bien dit : « Si le sel perd sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? »
L’histoire avait continuellement offert au Liban de grands hommes maronites. Elle avait ensuite ralenti son rythme, mais elle se reprend aujourd’hui avec les prises de position courageuses du président Michel Sleiman en ces temps difficiles. Des hommes de valeur étaient là en 1975. Certains ont émigré, tels Raymond Eddé et Saëb Salam, certains autres ont été tués, tels Rafic Hariri, Bachir Gemayel et bien d’autres qui forment une liste des plus longues.
Le grand héros maronite au cours de cette marche était Raymond Eddé. Il avait été contraint de quitter le Liban après quatre tentatives d’assassinat syriennes et une phalangiste. Il en a réchappé par miracle. Le deuxième héros maronite, Bachir Gemayel, a donné sa vie pour la survie des 10 452 km2. Son assassinat a laissé un vide qui a été comblé par une politique « acrobatique » dans laquelle se sont infiltrés les renseignements syriens et les « armées » iraniennes.
L’ambassadeur Johny Abdo disait, dans une interview diffusée il y a peu, que le peuple libanais n’est pas lâche. On peut ajouter que le courage a besoin d’un leader.
Le Liban a subi, depuis 1975, un déclin continu. Il se débat à présent sans guide pour le commander, et tout indique que le peuple est lâche. Il ne l’est pas.
Le général Michel Aoun, qui se présentait en héros de la résistance dans les années 90, est revenu en 2005 – comme le raconte Karim Pakradouni dans un de ses ouvrages – et a assisté à une réunion tenue par des officiers des renseignements syriens et des gens de la garde rapprochée d’Émile Lahoud. Il y avait été procédé à l’étude des conditions de retour du « De Gaulle libanais ». Le général était convenu avec eux de revenir pour servir la politique des moukhabarat syriennes et de l’Iran, au cours de la phase de préparation de l’assassinat de Rafic Hariri.
Non, le Liban ne restera pas orphelin après Bachir Gemayel et Raymond Eddé. Le sursaut du général Sleiman est pareil à celui de De Gaulle en 1940.
Quand cessera le drame sanglant qui se déroule en Syrie, et qui se poursuivra – l’indépendance et la liberté de ce pays devant, à ce compte, coûter plus cher que celles de l’Algérie et du Vietnam – ... Et une fois résolu le problème des alaouites syriens et turcs et que la Syrie retournera à ses fils et se libérera des tyrans, le Liban retournera à son tour à ses fils, à la période d’avant-1975, celle où il était heureux et prospère, celle où il était un îlot de liberté, un phare de la culture, un symbole de la coexistence entre les communautés.
Le philosophe Toynbee disait que « l’histoire est un défi et un exaucement de ce défi ». Le sursaut de Michel Sleiman est, en ces circonstances délicates et plus que graves, un sursaut visant l’indépendance du Liban et un exaucement du défi lancé au clan Assad.
Nous disons que là est le point de départ de la libération.
Les insultes proférées par les sbires d’Assad contre Michel Sleiman n’y peuvent rien. La France a vu pire sous l’occupation nazie. De Gaulle a dû faire face à la trahison de nationaux, aux nazis (ici nos baassistes). Ces insultes sont autant de décorations que le commandant de l’intifada de la dignité, le général Sleiman, doit arborer sur sa poitrine. Elles prouvent qu’il est à l’avant-garde de la lutte pour la liberté, la modernité, et qu’il œuvre pour le monde de Fouad Chéhab, Raymond Eddé et Bachir Gemayel. Les Libanais se doivent de défendre ce sursaut.
Général Sleiman, continue ta marche ; nous te suivons. Le rôle qui t’est alloué est celui d’un héros.
Le général a cependant besoin d’un associé. Raymond Eddé avait pour associé Saëb Salam, Bachir Gemayel avait pour associé le même Saëb Salam, et Fouad Chéhab avait pour associé Rachid Karamé. Le Premier ministre désigné a besoin d’un associé du calibre de Riad el-Solh, Saëb Salam, Kamel el-Assaad, Adel Osseirane. Il faut que le président sache qu’une élite chiite est prête. Elle se manifeste tous les jours et combat le Hezbollah. Il faut qu’il sache qu’il est épaulé par tout un peuple sunnite qui porte haut l’étendard du Liban. Personne au Liban ne veut que ce pays demeure une colonie iranienne gérée par les moukhabarat d’Assad et le parti qui se dit être celui de Dieu. Le chemin de l’enfer qui est emprunté depuis 1975 s’appelait « la résistance ». Celle-ci passait parfois par Jounieh et Ouyoun el-Simane, d’autres fois par Tarik Jdidé. Elle passe, à présent, par Qousseir.
Même si cela nous coûte beaucoup de sang et de larmes, nous disons : « Assez ! » Nous sommes, depuis trente-cinq ans, dans la posture des brebis qu’on égorge ; il est temps que cela cesse.

Abdel Hamid AL-AHDAB
Avocat, docteur en droit
Les maronite sont le sel de la terre libanaise, mais Jésus l’avait bien dit : « Si le sel perd sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? » L’histoire avait continuellement offert au Liban de grands hommes maronites. Elle avait ensuite ralenti son rythme, mais elle se reprend aujourd’hui avec les prises de position courageuses du président Michel Sleiman en ces temps difficiles. Des hommes de valeur étaient là en 1975. Certains ont émigré, tels Raymond Eddé et Saëb Salam, certains autres ont été tués, tels Rafic Hariri, Bachir Gemayel et bien d’autres qui forment une liste des plus longues.Le grand héros maronite au cours de cette marche était Raymond Eddé. Il avait été contraint de quitter le Liban après quatre tentatives d’assassinat syriennes et une phalangiste. Il en a réchappé par miracle. Le deuxième...
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