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Nos lecteurs ont la parole

L’adolescence et la liberté

Par Sylvain THOMAS
Les jeunes Libanais ont le goût de la liberté et l’amour de l’indépendance. C’est un fait d’expérience que chacun peut aisément constater. En tout cas, aucun chef de famille ne saurait le mettre en doute. Lorsqu’un père ou une mère donne à un garçon de quinze ans ou à une fille de treize ans un ordre qui lui déplaît, la discussion qui s’engage se termine le plus souvent par cette phrase prononcée avec force à l’adresse de celui ou de celle qui voudrait se faire obéir : « Mais d’abord, je suis libre, moi ! » Ce « d’abord » a un sens profond.
Avant toute autre chose, l’adolescent entend manifester hautement son indépendance. Il revendique la liberté. Très souvent, les parents se désolent de cette attitude, qu’ils jugent irrespectueuse et, partant, inadmissible. Quelques-uns sont même tenté de s’indigner que leur autorité soit ainsi mise en échec. En tout cas, la plupart déplorent cette tendance de leur enfant à un individualisme qui les déconcerte.
Au risque de mécontenter certains, les parents ne devraient ni s’indigner ni se désoler de voir leurs enfants revendiquer ainsi avec vigueur ce qu’ils considèrent comme leur droit. Le goût de l’indépendance, l’amour de la liberté, ce ne sont pas des défauts. Bien au contraire, ce sont des qualités qui, heureusement développées par l’éducation, peuvent devenir très précieuses. Ils oublient, ces parents trop possessifs de leur autorité, qu’il faut faire l’éducation de la liberté. Ce que l’enfant doit apprendre de ses éducateurs, quels qu’ils soient, c’est que la liberté ne consiste pas à s’abandonner à toutes ses fantaisies.
Agir en homme libre, c’est d’abord ne rien faire qui puisse porter atteinte aux intérêts légitimes d’autrui. C’est ensuite se respecter et se dominer soi-même. C’est enfin bannir un individualisme excessif et avoir pour la liberté des autres le même respect que celui que l’on réclame pour la sienne propre.
Qui donc oserait contester qu’ainsi orienté, l’amour de la liberté soit vraiment une qualité précieuse ? Ce qui importe, c’est que, par l’éducation, les jeunes Libanais et les jeunes Libanaises d’aujourd’hui, citoyens et citoyennes à part entière, acquièrent au plus haut degré le sens de la responsabilité personnelle, l’amour du travail bien fait et le sens de la conscience professionnelle. Ce n’est pas en s’efforçant d’étouffer chez eux le goût de l’indépendance que l’on atteindra de pareils résultats. C’est au contraire en développant cet amour de la liberté qu’ils accéderont à la réussite. Rien n’est plus louable chez les parents que d’encourager et d’entretenir le goût de la liberté chez leurs enfants. Mais cet effort serait vain si les éducateurs pédagogiques ne puisaient en eux-mêmes la force de défendre ces droits et ces libertés.
Il ne s’agit pas de former, par une sorte d’éducation standardisée, des hommes et des femmes doués d’une échine assez souple pour se plier indifféremment à toutes les disciplines. Il s’agit, au contraire, de doter le Liban, par une éducation obéissant à des méthodes souples et variées, de citoyens et de citoyennes capables de maintenir au plus haut degré cet amour de l’indépendance et ce goût-clé la liberté qui sont inséparables de notre essence nationale.
Pour défendre efficacement la civilisation, il ne suffit pas d’éduquer les peuples. Il faut, aussi et surtout, faire que, par cette éducation de la liberté et la liberté de l’éducation, les citoyens sachent opposer le rempart des forces spirituelles et morales à ceux qui rêvent de les ensevelir.
Les jeunes Libanais ont le goût de la liberté et l’amour de l’indépendance. C’est un fait d’expérience que chacun peut aisément constater. En tout cas, aucun chef de famille ne saurait le mettre en doute. Lorsqu’un père ou une mère donne à un garçon de quinze ans ou à une fille de treize ans un ordre qui lui déplaît, la discussion qui s’engage se termine le plus souvent par cette phrase prononcée avec force à l’adresse de celui ou de celle qui voudrait se faire obéir : « Mais d’abord, je suis libre, moi ! » Ce « d’abord » a un sens profond.Avant toute autre chose, l’adolescent entend manifester hautement son indépendance. Il revendique la liberté. Très souvent, les parents se désolent de cette attitude, qu’ils jugent irrespectueuse et, partant, inadmissible. Quelques-uns sont même tenté...
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