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Culture - Exposition

Hammoud Chantout, lumière vermeille

Avec des sujets rougeoyants comme la braise sur des aplats de lumières, Hammoud Chantout, jusqu’au 30 juin, à la galerie The Venue dans les Souks de Beyrouth. Mariage d’un onirisme teinté de spiritualité et d’une nostalgie débordante de tendresse.

Chantout dote ses œuvres de la majesté du sacré. Photo Michel Sayegh

Pour Hammoud Chantout, les anges ne sont pas dans les cieux. « Ils sont dans les ombres », indique l’artiste sur le ton de la confidence. Et de fait, les ailes sont là, tapies derrière l’homme, comme une présence qu’il ignore lui-même dans sa solitude. Hammoud Chantout présente sa quatrième exposition personnelle à Beyrouth. La galerie The Venue, dans les Souks, rassemble une cinquantaine de ses œuvres, exposées sur des châssis ou des cimaises, qu’il a réalisées depuis 2008. Cinq années de travail, moins une. 2012 fut une année de perdue pour l’artiste qui n’a pu travailler avec les bombes et l’atmosphère de la guerre, et a dû quitter Damas. « Depuis la guerre, les anges se font plus rares » confie-t-il d’une voix grave. Né en 1956 à Alep, il a étudié l’art au centre Suhail al-Ahdab et à la faculté des beaux-arts de Hama et aux Beaux-Arts à Paris. Aujourd’hui installé à Beyrouth, il peint dans tous les formats et sur tous supports. Il s’est emparé des portes et des encadrements.
Un oranger abrite une silhouette adossée. L’arbre fruitier, tronc ivoire et feuillage flamboyant, est magnifique. L’homme, touchant. Pourtant, pour Hammoud Chantout, « le plus intéressant n’est pas ce qu’il y a devant, mais la blancheur elle-même ». L’œuvre en question, L’Oranger, est l’affiche de l’exposition. Elle présente une des résurgences douces de l’artiste : un arrière-fond blanc. Le monochrome chatoyant, brillant mais mat, lisse mais grenu, fascine. Avant d’apparaître comme un mur, il semble être un horizon infini. Puis, au fil du parcours, il se pare d’un encadrement azur. La luminescence se révèle alors être faite de ciment, de chaux et d’irremplaçables souvenirs. Pour l’artiste, c’est le mur de Hama, celui de son enfance et des projections sans fin.

Impression
de rêves peints
Ces dernières années, Chantout s’est éloigné des peintures abstraites pour insérer des personnages, omniprésents sur ses toiles. Pour autant difficile d’y voir une peinture figurative. Les personnages n’ont pas d’âges, ils sont des idéaux flottant dans des fantasmagories moirées. Créatures parfaites, sorties des légendes célestes, elles tiennent de l’abstrait. Tout réalisme ploie sous le pinceau de l’artiste. Même les scènes familières de la maison de Hama apparaissent chimériques tant il les pare d’autant de nostalgie que d’onirisme. De fines touches dorées ici et là rappellent les peintures des églises. Comme Matisse ou Chagall, Hammoud Chantout a été inspiré par les icônes religieuses sur lesquelles il a travaillé lorsqu’il était à Paris. Ses beautés syriennes, princesses, mères ou mariées, ont cette gravité douce. Hammoud Chantout dote ses œuvres de la majesté du sacré. Une réverbération de cathédrale, des anges tapis dans l’ombre et des femmes aux allures d’icônes : la spiritualité embaume ses toiles. Pourtant il sait également s’éloigner de cette dernière, embellissant la femme nue des caresses esquissées et des souvenirs d’étreintes brûlantes. Comme Klimt usant de la connotation religieuse de l’or pour sublimer la passion des amants dans Le Baiser, Chantout nimbe ses icônes d’une sensualité prégnante. Les sculptures en bronze de son épouse Onuba Deeb accompagnent parfaitement ses peintures. L’amour que les êtres se portent les fond les uns aux autres. Bouleversante tendresse qui unit l’amante à l’amant comme la mère à
l’enfant.
Un peu mystique mais amateur de clarté, Chantout ne joue pas le clair-obscur. Il façonne le clair, ici et souffle l’obscur, là. Les ténèbres viennent du sol tandis que l’horizon semble être de lumière sculptée. Menaçante marée noire bordée d’une écume de braise. Si on lui parle de la captivante réverbération de ses œuvres, il élucide volontiers le mystère pour nous. Là encore, il fait la lumière. Il explique alors son retour à une technique dont il s’était éloigné par le passé : long procédé consistant à apposer de nombreuses couches transparentes les unes sur les autres. Il en fera une démonstration lors des séances de peinture en public qui auront lieu dans les jours qui viennent, entre 16h et 22h, dans un atelier recréé au fond de la galerie. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : le secret de son éclat est certainement ailleurs que dans le nombre de couches. Pour inonder les toiles de lumières à la manière de Chantout, la technique ne suffit pas. Il faut sa griffe pour accrocher les anges au plus profond des ombres.

Pour Hammoud Chantout, les anges ne sont pas dans les cieux. « Ils sont dans les ombres », indique l’artiste sur le ton de la confidence. Et de fait, les ailes sont là, tapies derrière l’homme, comme une présence qu’il ignore lui-même dans sa solitude. Hammoud Chantout présente sa quatrième exposition personnelle à Beyrouth. La galerie The Venue, dans les Souks, rassemble une...

commentaires (2)

De très belles Œuvres, il est vrai. En fait, il suffit de piger ses profondes impressions pour les apprécier.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 23, le 21 juin 2013

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Commentaires (2)

  • De très belles Œuvres, il est vrai. En fait, il suffit de piger ses profondes impressions pour les apprécier.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 23, le 21 juin 2013

  • JE NE ME PRONONCE PAS CAR, JE LE RÉPÈTE, JE SUIS UN FANATIQUE ADEPTE UNIQUEMENT DU VRAI ART ET DU BEAU !

    SAKR LOUBNAN

    08 h 37, le 21 juin 2013

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