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Sport - Voile

Le navigateur Francis Joyon pulvérise le record de l’Atlantique Nord en solo

Fred Tanneau/AFP

Le navigateur français Francis Joyon a pulvérisé hier le record de la traversée de l’Atlantique Nord en solitaire à la barre de son maxi-trimaran Idec, avec plus de 16 heures d’avance sur le temps de référence réalisé par son compatriote Thomas Coville en 2008.
Joyon, 57 ans, a franchi à 12h11 GMT la ligne d’arrivée virtuelle au Cap Lizard (sud-ouest de l’Angleterre), 5 jours, 2 heures et 56 minutes après être parti de New York, mercredi.
Pour battre le record, le navigateur à la carrure de bûcheron devait passer à la verticale de Lizard avant lundi à 04h45 GMT.
Coville avait établi en 2008, avec son maxi-trimaran Sodebo, un bateau quasi jumeau d’Idec, un temps de 5 jours, 19 heures et 29 minutes. Seul à bord de son trimaran de 30 mètres, Joyon approche le record en équipage du gigantesque Banque populaire V (40 mètres), établi en 2009 par Pascal Bidegorry en 3 jours 15 heures et 25 minutes.
Au cours des deux derniers jours, Joyon a tutoyé en permanence son propre record de la plus longue distance parcourue en 24h (666,2 milles, soit 1 233,4 km), atteignant en milieu de nuit dernière les 665,6 milles, une performance phénoménale.

Fil du rasoir
Pour battre le record de Coville, il devait tenir une moyenne horaire de 20,7 nœuds sur les 2 880 milles nautiques théoriques (5 334 km) du parcours. Mais en cinq jours, son trimaran, poussé au maximum de ses possibilités, a filé à plus de 23 nœuds par rapport à la route directe, celle suivie par Coville en 2008 sur les deux tiers de son parcours.
Joyon est allé en réalité plus vite que cela, menant un combat titanesque après avoir emprunté une route plus au sud, mettant le cap sur les Açores dès son départ de New York, et évoluant ainsi à plus de 400 milles de la route épousée par Coville qui glissait sous Terre-Neuve.
Pour compenser ces milles « superflus », c’est en fait à plus de 27 nœuds de moyenne au cours des dernières heures, soit une moyenne sur l’ensemble du parcours de plus de 26 nœuds, qu’il a progressé, sur le fil du rasoir d’un centre dépressionnaire.
« Je vis depuis le départ de New York dans une tension rarement atteinte », avait expliqué le navigateur samedi, lors d’une conférence téléphonique.
En approche de la pointe de Bretagne, Joyon n’a montré aucun signe du ralentissement qu’il évoquait lui-même samedi, fonçant pour cueillir les fruits d’un invraisemblable pari, tant la fenêtre météo choisie comportait d’incertitudes. Avec ce nouveau record, Francis Joyon ajoute le seul grand record en solo qui manquait encore à son palmarès.
Il détient déjà ceux du tour du monde (57 j 13 h 34 min en 2008), de la Route de la découverte (8 j 16 h 07 min en 2013) entre Cadix (Espagne) et San Salvador (Bahamas) et celui de la plus grande distance parcourue en 24 heures, réalisé en 2012.

Successeur de Charlie Barr et Tabarly
Le navigateur était arrivé mi-mai à New York et avait attendu jusqu’à mercredi des conditions météo favorables pour s’élancer vers le cap Lizard. Bruno Peyron (1987, 1992), Florence Arthaud (1990) et Laurent Bourgnon (1994) s’étaient déjà tour à tour arrogé ce record mythique.
Francis Joyon l’avait lui-même battu une première fois en 2005, après 6 jours et 4 heures de course, avant que ce temps ne soit amélioré par Coville. En 2011, il avait tenté de le battre à nouveau, mais avait chaviré dès le départ de New York.
En 1905, l’Américain Charlie Barr et sa goélette Atlantic avait le premier frappé les esprits avec une course d’un peu plus de 12 jours entre New York et la Cornouaille anglaise. Puis Éric Tabarly avait donné un nouveau lustre à ce parcours en 1980 en effaçant Charlie Barr des tablettes, au terme d’une aventure en trimaran de plus de 10 jours qui avait véritablement inauguré la course aux grands records de l’ère moderne.
Après avoir coupé la ligne d’arrivée, Joyon a entrepris de rejoindre le port de Brest où il est arrivé dans la soirée.
©AFP
Le navigateur français Francis Joyon a pulvérisé hier le record de la traversée de l’Atlantique Nord en solitaire à la barre de son maxi-trimaran Idec, avec plus de 16 heures d’avance sur le temps de référence réalisé par son compatriote Thomas Coville en 2008.Joyon, 57 ans, a franchi à 12h11 GMT la ligne d’arrivée virtuelle au Cap Lizard (sud-ouest de l’Angleterre), 5 jours, 2 heures et 56 minutes après être parti de New York, mercredi.Pour battre le record, le navigateur à la carrure de bûcheron devait passer à la verticale de Lizard avant lundi à 04h45 GMT.Coville avait établi en 2008, avec son maxi-trimaran Sodebo, un bateau quasi jumeau d’Idec, un temps de 5 jours, 19 heures et 29 minutes. Seul à bord de son trimaran de 30 mètres, Joyon approche le record en équipage du gigantesque Banque populaire V...
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