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Diaspora - Art

À Washington, de la peinture et de l’opéra « Min Ajel Loubnan »

La capitale fédérale affiche un doublé culturel pour le Liban.

May Rihani, présidente de « Min Ajl Loubnan », accueillant l’ambassadeur du Liban, M. Antoine Chédid.

«La voix du Liban est importante parce que c’est la seule voix de la région qui a pu dominer les bouleversements environnants. C’est la voix de la diversité, de la parole libre, de la pensée innovante, des courants sociaux avant-gardistes, de l’égalité des sexes, de la coexistence religieuse et des percées littéraires et artistiques.»
Dixit, May Rihani, à la tête de l’association «Min Ajel Loubnan», dont le but est exactement de continuer à faire entendre cette voix du Liban par le biais de la chaire Gebran Khalil Gebran de l’université de Maryland et par la promotion de l’héritage du pays du Cèdre. Pour preuve, un doublé concert-exposition organisé, tout récemment, et animé par deux jeunes chanteuses d’opéra qui font carrière aux États-Unis (Randa Rouweyha et Cynthia Samaha-Melki) et la peintre Jacqueline Jabre. L’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid, présent à cette manifestation, a aussi souligné, «l’importance de la voix libanaise, la seule dans la région à pouvoir en percer la terrible tourmente».
Un très bel écrin avait été choisi pour le récital opératique: l’église Saints-Pierre-et-Paul, sise dans le Maryland, avec ses voûtes et sa lumineuse coupole ornée de fresques. En première partie, la soprano Randa Rouweyha avait opté pour Donizetti, Liszt, Rossini, Schubert, Puccini, Obradors, Turina, et Gershwin. Alors que pour la mezzo-sprano, Cynthia Samaha-Melki, c’était Gounod, Brahms, Bizet et Mozart. Leur dénominateur commun, l’Ave Maria de Schubert pour la première et de Gounod, pour la seconde. Et toutes deux, en pleine maîtrise de leur style, se sont retrouvées dans un duo final sur des airs entraînant d’Offenbach et de Denza.

Randa Rouweyha : mezzo USA-Liban
Leurs chemins se sont croisés «Min Ajel Loubnan» (Pour le Liban), mais leurs parcours diffèrent de par leurs débuts. Ceux de Randa Rouweyha remontent aux années 90 aux États-Unis où elle est née, de père et de mère libanais. Encore enfant, elle est revenue au Liban avec ses parents, qui à nouveau ont quitté à cause de la guerre pour s’établir dans l’État de l’Ohio où elle a grandi. Là, elle a fait des études musicales puis avait été perfectionner son talent au conservatoire de Peabody de l’Université Johns Hopkins a Baltimore. À partir de là, Placido Domingo la repère et l’engage pour plusieurs rôles au sein de l’Opéra de Washington. Suivront des performances avec d’autres compagnies américaines et, tout récemment, une prestation avec Laurence Brownlee, le célèbre ténor rossinien. Actuellement, elle planche sur des enregistrements qui sortiront l’automne prochain. Entre-temps, retour artistique au pays natal avec l’invitation de se produire au Festival al-Bustan, en 2010, sous la direction du grand maestro Walid Gholmieh. Par ailleurs, ce trajet elle le fait les étés avec ses enfants (Sara 16 ans et Ramsey 7 ans), pour qu’ils soient imprègnés de leur culture originelle. Elle est mariée à l’informaticien Rafik Masri.

Cynthia Samaha-Melki : mezzo-soprano Liban-USA
Cynthia Samaha-Melki (29 ans et vivant actuellement à Washington) est arrivée aux États-Unis en ayant déjà une solide formation musicale libanaise (Conservatoire national) et aussi une carrière bien amorcée. Elle a été a plusieurs reprises soliste dans diverses œuvres interprétées par l’Orchestre national libanais sous la baguette de Walid Gholmieh et de Harout Fazlian, notamment la 9e Symphonie de Beethoven, la Messe du couronnement et Requiem de Mozart. Elle s’était aussi attaquée avec succès à des versions arabes d’opéras de compositeurs occidentaux, dont de Mozart. Puis, on la retrouve à l’affiche du Festival al-Aïn des Émirats arabes unis, dans le rôle de Donna Anna dans l’opéra Don Giovanni, avec l’orchestre philharmonique de Varsovie. Elle se produira aussi en Jordanie avant de se fixer avec sa famille aux États-Unis. Là, elle a continué à donner de la voix, se produisant en particulier à l’Université de Georgetown et au Lincoln Center, à New York, dans un programme entièrement mozartien. Ses projets immédiats: axer sur les répertoires de Rossini et de Mozart. Elle est mariée à l’ophtalmologue Toufic Samaha et le couple a deux enfants, (Najwa, 2 ans et Salim, 10 mois).

Dans la palette de Jacqueline Jabre
Une fois le rideau lyrique tombé, le public de cette soirée «Min Ajel Loubnan» a retrouvé les paysages bien de chez nous dans la palette de la peintre Jacqueline Jabre. Une cinquantaine de ses aquarelles proposaient une balade dans diverses régions libanaises (Byblos, Zahlé, Chtaura, Hammana) ainsi que des scènes de la vie au village. Pour le critique Gabriel Merret: «Au milieu du tumulte du pays, les paysages tout en fraîcheur de Jacqueline Jabre amplifient cette attitude libanaise, sourire face à l’hostilité du destin.»
«La voix du Liban est importante parce que c’est la seule voix de la région qui a pu dominer les bouleversements environnants. C’est la voix de la diversité, de la parole libre, de la pensée innovante, des courants sociaux avant-gardistes, de l’égalité des sexes, de la coexistence religieuse et des percées littéraires et artistiques.»Dixit, May Rihani, à la tête de l’association «Min Ajel Loubnan», dont le but est exactement de continuer à faire entendre cette voix du Liban par le biais de la chaire Gebran Khalil Gebran de l’université de Maryland et par la promotion de l’héritage du pays du Cèdre. Pour preuve, un doublé concert-exposition organisé, tout récemment, et animé par deux jeunes chanteuses d’opéra qui font carrière aux États-Unis (Randa Rouweyha et Cynthia Samaha-Melki) et la peintre...