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À La Une - Liban-Syrie

Pour Saad Hariri, le Hezbollah est porteur d'un projet "destructeur" pour le Liban

L'ancien Premier ministre dénonce fermement l'implication du parti chiite dans le conflit syrien.

L'ancien Premier ministre Saad Hariri. JAVIER SORIANO/AFP/Getty Images

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri (opposition) a accusé jeudi le Hezbollah, qui participe aux combats en Syrie aux côtés de l'armée de Bachar el-Assad, d'être porteur d'un projet "destructeur" pour la coexistence entre les différentes confessions au Liban.

 

"Le moins qu'on puisse dire sur le projet du Hezbollah au Liban est qu'il détruit la formule de coexistence commune, le système démocratique et l'unité des confessions musulmanes", a affirmé M. Hariri selon un communiqué au ton virulent publié par son bureau et diffusé sur son compte Twitter.

"Notre patrie est en danger et nous sommes face à un tournant dangereux", a averti l'ancien Premier ministre sunnite, accusant notamment le parti chiite d'avoir mis en danger, de par son implication dans la guerre en Syrie, les relations entre sunnites et chiites au Liban et les relations entre ce pays et ses voisins arabes.

"La branche militaire du Hezbollah a déclaré la guerre à la révolution et au peuple syrien", a estimé M. Hariri tout en déplorant l'inaction du gouvernement actuel face aux opérations du parti chiite. "Le Hezbollah a envoyé des milliers de combattants à l'intérieur de la Syrie sous les yeux des autorités libanaises".

Selon lui, le comportement du Hezbollah en tant que parti armé, a accordé à la communauté internationale le droit de prendre des décisions déterminantes concernant le destin du Liban.
"Le Hezbollah n'a pas pris en compte le point de vue et l'avis des Libanais. A travers ses armes, il a établi un État dans l’État sans président et sans Premier ministre", a-t-il encore dit.
"Dans l’État du Hezbollah, il n'y a pas de pacte national, il n'y a pas de Parlement et il n'y a pas de dialogue national", a martelé M. Hariri.

L'ancien Premier ministre, toujours en exil depuis 2011, a enfin estimé que le Hezbollah n'est plus capable de défendre le Liban ou les intérêts de la communauté chiite dans le monde. "Ses intérêts, ceux du régime syrien et ceux de l'Iran sont plus importants que les intérêts du Liban (...)", a-t-il ajouté.

(Reportage : Ces Libanais prêts à mourir pour le Hezbollah en Syrie...)

La Ligue arabe a dénoncé l'engagement du Hezbollah dans le conflit en Syrie et les monarchies pétrolières du Conseil de coopération du Golfe (CCG), où réside une importante communauté libanaise, ont annoncé des sanctions contre "les membres" du Hezbollah en représailles à cette intervention.

La déclaration de M. Hariri intervient à la veille d'une intervention du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui sera la première depuis la prise par le régime syrien de Qousseir (centre-ouest de Syrie). Les combattants du parti chiite avaient joué un rôle déterminant dans la capture de cette ville stratégique proche de la frontière libanaise.

Le conflit en Syrie divise profondément les Libanais entre partisans et opposants du président Bachar el-Assad, et exacerbe les tensions confessionnelles. La majorité des chiites sont favorables au régime, tandis que les sunnites soutiennent la cause de l'opposition.

Le 30 avril, Hassan Nasrallah avait affirmé que l'Iran et le Hezbollah ne permettraient pas la chute du régime d'Assad.

"La Syrie compte dans la région de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe entre les mains des États-Unis, d'Israël ou des groupes takfiri", avait il déclaré, faisant allusion aux extrémistes sunnites.

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