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Moyen Orient et Monde - Justice

La Femen tunisienne maintenue en détention

Nouvelles accusations contre Amina Sboui ; les trois militantes européennes de Femen, arrêtées mercredi, passent une seconde nuit en prison.

Des militants d’Ansar Asharia, mouvement accusé d’orchestrer des violences, ont manifesté leur colère devant le tribunal de Kairouan hier.  Salah Habibi/AFP

La justice tunisienne a ordonné hier le maintien en détention et de nouvelles poursuites contre Amina, militante du groupe féministe Femen. Amina Sboui, plus connue sous le pseudonyme d’Amina Tyler, restera donc en prison. Le juge d’instruction en charge du dossier a indiqué que la jeune femme de 18 ans sera interrogée le 5 juin dans le cadre de nouvelles poursuites fondées sur la section « association de malfaiteurs » du code pénal dont les différents articles évoquent de lourdes peines pouvant atteindre jusqu’à 12 ans de prison. Elle risque en outre six mois de détention pour atteinte aux bonnes mœurs et deux ans pour profanation de cimetière. L’un des avocats d’Amina, Mokhtar Janène, a confirmé qu’un « mandat de dépôt a été émis » pour ces raisons. En outre, Amina a été condamnée hier à 300 dinars d’amende (150 euros environ) pour le port illégal d’une grenade lacrymogène, a-t-on appris auprès du greffe du tribunal de Kairouan. En Tunisie, les jugements ne sont généralement pas annoncés en audience mais inscrits au greffe où les parties concernées peuvent les consulter.
Amina s’était rendue le 19 mai à Kairouan pour protester contre un rassemblement, interdit, du groupe salafiste jihadiste Ansar Asharia. Elle avait été arrêtée après avoir peint sur un muret près d’un cimetière « Femen » puis placée en détention pour le port prohibé d’un aérosol lacrymogène, selon ses avocats. La jeune femme avait déjà fait scandale en mars en publiant sur Internet des photos d’elle seins nus à la manière de Femen, entraînant des menaces d’islamistes à son encontre et une vague internationale de soutien à son cas. Sa mère, qu’Amina accuse de l’avoir séquestrée en avril, a montré le dossier médical de la jeune fille, dans lequel différents psychiatres la décrivent comme dépressive. Dans un entretien fin avril, la militante Femen avait confirmé sa maladie, tout en insistant sur le caractère réfléchi de son action. « C’est un procès politique », a-t-elle déclaré hier après son procès. Son père Mounir Sboui est venu lui exprimer son soutien : « Je suis fier de ma fille (...). Elle commet des actes démesurés mais elle défend ses idées. »
Cette affaire est une nouvelle illustration des tensions en Tunisie autour de la question des droits de la femme, alors que le pays a porté au pouvoir quelques mois après la révolution de janvier 2011 un gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda. « Il n’y a pas d’exception aux droits de l’homme, Amina est une activiste, une femme qui essaye de se défendre, ce serait une honte de la laisser tomber aujourd’hui », a estimé Henda Hendoud, militante féministe tunisienne. À l’inverse, des militants d’Ansar Asharia, mouvement accusé d’orchestrer des violences, ont manifesté leur colère devant le tribunal de Kairouan hier. Leur porte-parole Seifeddine Raïs a lancé notamment au sujet d’Amina : « Qu’elle aille en enfer ! »
Par ailleurs, les trois militantes de Femen, deux Françaises et une Allemande, arrêtées mercredi lors d’une manifestation seins nus à Tunis où elles réclamaient la libération d’Amina, « restent en détention jusqu’à leur traduction en justice », a indiqué Adel Riahi, porte-parole du ministère de la Justice. Les trois Européennes s’apprêtaient donc à passer une seconde nuit en prison. Leur avocat, Souheib Bahri, a indiqué qu’elles avaient « comparu aujourd’hui (hier jeudi) devant le procureur qui les a placées en état d’arrestation pour les traduire en justice ». Selon lui, les accusations retenues seront connues aujourd’hui vendredi.
La Tunisie dispose de la législation la plus libérale du monde arabe concernant les droits des femmes mais l’opposition et les associations féministes accusent régulièrement Ennahda de remettre en cause les acquis des Tunisiennes. Le parti islamiste avait fait scandale en 2012 en proposant que la loi fondamentale évoque la « complémentarité » des sexes, un projet abandonné depuis. Le dernier brouillon du projet de Constitution, daté d’avril, stipule que « tous les citoyens et citoyennes ont les mêmes droits et devoirs », que l’État protège « les droits de la femme et soutient ses acquis » et « garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme ».
(Source : AFP)
La justice tunisienne a ordonné hier le maintien en détention et de nouvelles poursuites contre Amina, militante du groupe féministe Femen. Amina Sboui, plus connue sous le pseudonyme d’Amina Tyler, restera donc en prison. Le juge d’instruction en charge du dossier a indiqué que la jeune femme de 18 ans sera interrogée le 5 juin dans le cadre de nouvelles poursuites fondées sur la section « association de malfaiteurs » du code pénal dont les différents articles évoquent de lourdes peines pouvant atteindre jusqu’à 12 ans de prison. Elle risque en outre six mois de détention pour atteinte aux bonnes mœurs et deux ans pour profanation de cimetière. L’un des avocats d’Amina, Mokhtar Janène, a confirmé qu’un « mandat de dépôt a été émis » pour ces raisons. En outre, Amina a été condamnée hier à 300...
commentaires (2)

Sont courageux les néo-tunisiens... z'ont réussi à arrêter Amina et trois Femen....çà,c'est des hommes,hein? Y a aps à dire,le printemps arabe,çà produit des vrais abadayes,des héros qui au péril de leur vie et au risque d'avoir l'oeil crevé par un téton,ne reculent devant aucun danger...pauvres C...s!

GEDEON Christian

13 h 20, le 31 mai 2013

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Commentaires (2)

  • Sont courageux les néo-tunisiens... z'ont réussi à arrêter Amina et trois Femen....çà,c'est des hommes,hein? Y a aps à dire,le printemps arabe,çà produit des vrais abadayes,des héros qui au péril de leur vie et au risque d'avoir l'oeil crevé par un téton,ne reculent devant aucun danger...pauvres C...s!

    GEDEON Christian

    13 h 20, le 31 mai 2013

  • oui , des femmes qui montrent leurs seins , c'est un crime, il faut les tortures, les brulers, c'est des p.... nous voilà retourner au Moyen-age, avec toute ces révolutions dite "printemps arabe" , des retarders mentaux prennent le pouvoir, disent des lois de d'autres temps, avec le soutien du peuple de débiles mentaux

    Talaat Dominique

    10 h 58, le 31 mai 2013

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