Des militants d’Ansar Asharia, mouvement accusé d’orchestrer des violences, ont manifesté leur colère devant le tribunal de Kairouan hier. Salah Habibi/AFP
Amina s’était rendue le 19 mai à Kairouan pour protester contre un rassemblement, interdit, du groupe salafiste jihadiste Ansar Asharia. Elle avait été arrêtée après avoir peint sur un muret près d’un cimetière « Femen » puis placée en détention pour le port prohibé d’un aérosol lacrymogène, selon ses avocats. La jeune femme avait déjà fait scandale en mars en publiant sur Internet des photos d’elle seins nus à la manière de Femen, entraînant des menaces d’islamistes à son encontre et une vague internationale de soutien à son cas. Sa mère, qu’Amina accuse de l’avoir séquestrée en avril, a montré le dossier médical de la jeune fille, dans lequel différents psychiatres la décrivent comme dépressive. Dans un entretien fin avril, la militante Femen avait confirmé sa maladie, tout en insistant sur le caractère réfléchi de son action. « C’est un procès politique », a-t-elle déclaré hier après son procès. Son père Mounir Sboui est venu lui exprimer son soutien : « Je suis fier de ma fille (...). Elle commet des actes démesurés mais elle défend ses idées. »
Cette affaire est une nouvelle illustration des tensions en Tunisie autour de la question des droits de la femme, alors que le pays a porté au pouvoir quelques mois après la révolution de janvier 2011 un gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda. « Il n’y a pas d’exception aux droits de l’homme, Amina est une activiste, une femme qui essaye de se défendre, ce serait une honte de la laisser tomber aujourd’hui », a estimé Henda Hendoud, militante féministe tunisienne. À l’inverse, des militants d’Ansar Asharia, mouvement accusé d’orchestrer des violences, ont manifesté leur colère devant le tribunal de Kairouan hier. Leur porte-parole Seifeddine Raïs a lancé notamment au sujet d’Amina : « Qu’elle aille en enfer ! »
Par ailleurs, les trois militantes de Femen, deux Françaises et une Allemande, arrêtées mercredi lors d’une manifestation seins nus à Tunis où elles réclamaient la libération d’Amina, « restent en détention jusqu’à leur traduction en justice », a indiqué Adel Riahi, porte-parole du ministère de la Justice. Les trois Européennes s’apprêtaient donc à passer une seconde nuit en prison. Leur avocat, Souheib Bahri, a indiqué qu’elles avaient « comparu aujourd’hui (hier jeudi) devant le procureur qui les a placées en état d’arrestation pour les traduire en justice ». Selon lui, les accusations retenues seront connues aujourd’hui vendredi.
La Tunisie dispose de la législation la plus libérale du monde arabe concernant les droits des femmes mais l’opposition et les associations féministes accusent régulièrement Ennahda de remettre en cause les acquis des Tunisiennes. Le parti islamiste avait fait scandale en 2012 en proposant que la loi fondamentale évoque la « complémentarité » des sexes, un projet abandonné depuis. Le dernier brouillon du projet de Constitution, daté d’avril, stipule que « tous les citoyens et citoyennes ont les mêmes droits et devoirs », que l’État protège « les droits de la femme et soutient ses acquis » et « garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme ».
(Source : AFP)


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Sont courageux les néo-tunisiens... z'ont réussi à arrêter Amina et trois Femen....çà,c'est des hommes,hein? Y a aps à dire,le printemps arabe,çà produit des vrais abadayes,des héros qui au péril de leur vie et au risque d'avoir l'oeil crevé par un téton,ne reculent devant aucun danger...pauvres C...s!
13 h 20, le 31 mai 2013