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Lifestyle - Alpinisme

60 ans plus tard, le « toit du monde » n’est plus ce qu’il était

Certains défenseurs de l’environnement s’inquiètent de la surfréquentation de l’Everest.

Lydia Bradley (g.) et Reinhold Messner, les deux premiers alpinistes à avoir atteint le sommet de l’Everest sans oxygène, au 60e anniversaire de l’ascension de la montagne. Prakash Mathema/AFP

Le Népal célébrait hier les 60 ans de l’ascension de l’Everest en fêtant les deux premiers alpinistes dont le succès a ouvert la voie à une industrie de l’extrême. Quatre jours de commémorations sous le nom de « Jubilé de diamant de l’Everest » devaient s’achever par un gala dans l’ancien palais royal de Katmandou en l’honneur des deux premiers vainqueurs du plus haut sommet du monde (8 848 m), le Néo-zélandais Edmund Hillary et le Népalais Tenzing Norgay. La petite-fille de Hillary et sa nièce, le célèbre alpiniste italien Reinhold Messner, le petit-fils de Norgay, Tashi Tenzing et le dernier membre de l’expédition de 1953 encore vivant, Kancha Sherpa, ont défilé sur un char tiré par un cheval à travers la capitale népalaise.


L’expédition financée par la Grande-Bretagne à laquelle les deux hommes appartenaient a changé à tout jamais l’alpinisme mondial et fait entrer leurs noms dans l’histoire. « Hillary et Tenzing étaient des stars de rock dans les années 1950 et 1960, assure le fils du Néo-Zélandais, Peter Hillary. La chose la plus importante à propos de 1953 est qu’ils partaient dans l’inconnu. » « Les gens ne savaient pas ce qu’il y avait là-haut. Ils ne savaient pas s’il était possible de rester conscient ou non, ils ne savaient pas s’ils pourraient grimper le dernier ressaut rocheux, à la crête aussi hérissée que des dagues, et atteindre ce que l’on appelle aujourd’hui le “Ressaut Hillary” », dit-il.


À 81 ans aujourd’hui, Kancha Sherpa se souvient d’une expédition difficile au dénouement heureux, mais regrette que la gloire n’ait pas été mieux partagée. « Tout le monde a su que Tenzing et Hillary ont gravi l’Everest, mais personne ne sait à quel point nous avons travaillé dur tout au long du chemin », affirme-t-il. L’expédition a duré deux mois et mobilisé plus de 300 personnes transportant huit tonnes de matériel. Kancha se souvient que lui et les porteurs qui l’accompagnaient ont dû couper une vingtaine d’arbres et transporter des bûches haut dans la montagne pour en faire des échelles de fortune et franchir ainsi la cascade de glace du Khumbu, près du camp de base de l’Everest.
L’Everest est aujourd’hui une manne touristique pour le Népal, pays défavorisé d’Asie du Sud, et le gouvernement a mis les petits plats dans les grands pour fêter l’événement. Mais certaines voix s’élèvent pour dénoncer la commercialisation de l’Everest, plus prisé que jamais par des alpinistes en quête de sensations fortes. Le sommet est parfois bondé et les détritus qui le jonchent inquiètent les défenseurs de l’environnement. De récentes photos prises sur le sommet montraient des files d’alpinistes attendant leur tour pour atteindre le pic ainsi que des montagnes de déchets abandonnés par les sportifs. « L’Everest est devenu un terrain de jeux pour des gens animés de toutes sortes d’intérêts. Ce qu’ils veulent, c’est établir de nouveaux records, et ils n’hésitent pas à payer des milliers de dollars pour réaliser leurs rêves », regrette Temba Tsheri Sherpa, un vétéran de l’alpinisme. Le petit-fils de Norgay a lui-même appelé le gouvernement à protéger le sommet mythique : « Nos dirigeants devraient comprendre la valeur des montagnes. Nous ne devrions pas vendre le Népal comme une destination bas de gamme. »


Cette saison, 540 personnes ont atteint le sommet, dont un Japonais octogénaire devenu le plus vieux vainqueur de l’Everest, la première femme amputée, la première Saoudienne, la première Pakistanaise et le premier homme sans bras. Selon les chiffres du gouvernement, plus de 3 500 personnes ont gravi l’Everest à la suite de Hillary, mort en 2008 à 88 ans, et Norgay, décédé en 1986 à 71 ans. Les fils des deux aventuriers, alpinistes eux-mêmes, Peter Hillary et Jamling Norgay, étaient attendus hier aux côtés de la reine Élisabeth II pour une cérémonie à la Royal Geographical Society de Londres. En Nouvelle-Zélande, le musée d’Auckland a de son côté organisé une exposition pour célébrer l’événement.

Pour mémoire

Arunima Sinha, première femme amputée à gravir l'Everest  


Raha Mouharrak, une Saoudienne au sommet de l'Everest
Le Népal célébrait hier les 60 ans de l’ascension de l’Everest en fêtant les deux premiers alpinistes dont le succès a ouvert la voie à une industrie de l’extrême. Quatre jours de commémorations sous le nom de « Jubilé de diamant de l’Everest » devaient s’achever par un gala dans l’ancien palais royal de Katmandou en l’honneur des deux premiers vainqueurs du plus haut sommet du monde (8 848 m), le Néo-zélandais Edmund Hillary et le Népalais Tenzing Norgay. La petite-fille de Hillary et sa nièce, le célèbre alpiniste italien Reinhold Messner, le petit-fils de Norgay, Tashi Tenzing et le dernier membre de l’expédition de 1953 encore vivant, Kancha Sherpa, ont défilé sur un char tiré par un cheval à travers la capitale népalaise.
L’expédition financée par la Grande-Bretagne à laquelle les deux...
commentaires (1)

"le « toit du monde » n’est plus ce qu’il était". Comme je l'écrivais ici-même il y a quelques jours, c'est exactement ce qui est en train d'advenir de la Qadicha. Il est urgent d'y faire face.

Yves Prevost

06 h 50, le 30 mai 2013

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Commentaires (1)

  • "le « toit du monde » n’est plus ce qu’il était". Comme je l'écrivais ici-même il y a quelques jours, c'est exactement ce qui est en train d'advenir de la Qadicha. Il est urgent d'y faire face.

    Yves Prevost

    06 h 50, le 30 mai 2013

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