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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Croûte que coûte

Si seulement l’on pouvait transformer les débats des commissions mixtes de la Chambre en spectacle payant ! Vingt-quatre heures sur 24 de tronches parlementaires éructant à gros bouillon leur enthousiasme tapageur ou leur indignation effarouchée... avant de tomber d’accord sur leur désaccord dans un touchant élan de tendresse.
Députés superstars, donc : caméras au plafond pour une vue d’ensemble, caméras au sol pour les regarder tortiller du croupion et se gratter l’intime, et caméra de face pour un gros plan sur le doigt de l’onaniste, surmonté de l’ongle en deuil, de l’orateur donneur de leçons. C’est à ce moment qu’on se dit : non mais, si c’est pour avoir ça au bout du compte, vaudrait peut-être encore mieux voter ouzbek ou tchétchène si jamais un jour lointain l’occasion devait à nouveau se présenter.
Côté séance plénière, y a pas de quoi frissonner non plus. Quatre bonnes années au cours desquelles les 128 étaient censés phosphorer pour pondre une nouvelle loi électorale. Pour avoir quoi au final ? Des vieux croûtons se crêpant la touffe autour du délai de prolongation de leur fiche de paie : six mois, deux ans, quatre siècles... Qui dit mieux ?
Et ces pudeurs de rosière à l’égard de la 1960, la grand-mère des lois ! Un torchon électoral dans lequel toute la camarilla politique a barboté et vers lequel tous reviennent, l’œil terne et la queue en berne. Ce qui n’est pas tout à fait idiot, quand on sait que même une loi électorale scandinave ramènerait, à quelques nuances près, ce même cheptel politique, moitié Odyssée de l’Espèce, moitié Vol au-dessus d’un nid de cocus.
En définitive, notre bananeraie de poche n’atteindra sa pleine maturité que lorsque les 4 millions de Libanais seront tous présidents, ministres ou députés. Quatre millions de Panurge portant lunettes noires et roulant en bahuts noirs aux vitres teintées à l’anthracite, cliché type dans le monde arabe de l’art de vivre et de la réussite sociale accomplie !

 

gabynasr@lorientlejour.com

Si seulement l’on pouvait transformer les débats des commissions mixtes de la Chambre en spectacle payant ! Vingt-quatre heures sur 24 de tronches parlementaires éructant à gros bouillon leur enthousiasme tapageur ou leur indignation effarouchée... avant de tomber d’accord sur leur désaccord dans un touchant élan de tendresse.Députés superstars, donc : caméras au plafond pour une vue d’ensemble, caméras au sol pour les regarder tortiller du croupion et se gratter l’intime, et caméra de face pour un gros plan sur le doigt de l’onaniste, surmonté de l’ongle en deuil, de l’orateur donneur de leçons. C’est à ce moment qu’on se dit : non mais, si c’est pour avoir ça au bout du compte, vaudrait peut-être encore mieux voter ouzbek ou tchétchène si jamais un jour lointain l’occasion devait à nouveau se...
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