Ryan Fogle, troisième secrétaire de l’ambassade américaine à Moscou, lors de son arrestation dans la capitale russe. Handout/AFP
M. Ouchakov a par ailleurs annoncé que le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, allait apporter aux États-Unis un message du président Vladimir Poutine à Barack Obama comportant « un paragraphe clair sur la nécessité et l’importance de la coopération entre les services spéciaux ». Après avoir dénoncé la veille « une provocation dans l’esprit de la guerre froide », la diplomatie russe n’a de son côté pas donné suite publiquement. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a ainsi affirmé n’avoir pas parlé d’espionnage avec son homologue américain John Kerry en marge d’une rencontre en Suède mardi soir. L’ambassadeur américain Michael McFaul, convoqué au ministère des Affaires étrangères après l’incident, s’est vu pour sa part signifier hier « une protestation ».
Selon le quotidien Kommersant hier, l’Américain cherchait des informations sur les suspects des attentats commis à Boston le 15 avril, originaires du Caucase russe. Il a tenté d’établir des contacts personnels avec un agent russe dans le Caucase où vit la famille des frères Tsarnaev, dont l’un a été tué et l’autre arrêté aux États-Unis. Après les attentats, une délégation américaine s’était rendue à Makhatchkala, capitale du Daguestan, une république instable du Caucase russe voisine de la Tchétchénie, où vivent les parents des frères Tsarnaev. « Ils étaient particulièrement intéressés par le séjour l’an dernier du frère aîné au Daguestan, lors duquel il aurait rencontré des rebelles et choisi la voie du jihad », selon le journal. « Les Américains avaient besoin d’un agent antiterroriste russe. Après leur visite à Makhatchkala, ils se sont rendu compte que les frères pourraient avoir des adeptes », a estimé le journal. Or, « l’échange d’informations officielles entre les services spéciaux n’est pas toujours rapide et efficace », a estimé Kommersant. Alors que les attentats de Boston, qui avaient fait 3 morts et plus de 200 blessés le 15 avril, avaient révélé que les services russes et américains coopéraient dans le domaine antiterroriste, la presse américaine s’est fait l’écho samedi dernier de reproches faits à la partie russe, qui aurait retenu des informations « cruciales » sur les frères Tsarnaev.
Les experts russes ont estimé que l’affaire n’aurait pas d’impact majeur sur les relations bilatérales. « Les Américains ne font rien que n’auraient fait d’autres services secrets au monde y compris les nôtres », a renchéri Nikolaï Kovalev, ex-directeur du FSB et député du parti au pouvoir Russie unie. Valéri Garbouzov, directeur adjoint de l’institut USA-Canada rappelle que le dernier scandale d’espionnage avec l’expulsion des États-Unis en 2010 de dix agents russes avait été vite réglé. Moscou et Washington « vont faire en sorte que tout retourne à la normale », a estimé l’expert cité par gazeta.ru.
(Source : AFP)


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