Plus on est des joueurs autour du tapis vert (rouge sang, en l’occurrence) et plus se corse la partie.
L’irruption d’Israël sur la scène syrienne, illustrée par les deux raids aériens menés, en l’espace de 48 heures, aux abords de Damas, constitue certes un développement de la plus grande gravité. Ce sont toutefois des portes largement ouvertes que l’on enfonce en s’effarant, aujourd’hui seulement, de la régionalisation du conflit de Syrie. Dès les premiers jours de l’insurrection en effet, et sur fond de tensions entre sunnites et chiites, les acteurs étrangers n’ont cessé de se bousculer dans les coulisses en attendant de s’engouffrer carrément dans la scène : tel est bien le cas du Hezbollah qui combat ouvertement désormais aux côtés de la dictature baassiste, comme d’ailleurs des jihadistes de diverses provenances qui ont rejoint les rebelles, lesquels sont soutenus par la Turquie et les monarchies pétrolières du Golfe, auxquelles a emboîté le pas, dans sa presque totalité, la Ligue des États arabes. Et au bout du compte, c’est de mondialisation du conflit syrien que l’on pourrait parler, au spectacle des grandes puissances prenant parti, avec plus ou moins de résolution, pour l’un ou l’autre des protagonistes de Syrie.
Mais dans cette mobilisation quasiment planétaire ayant pour enjeu le sort du clan Assad, Israël, lui, où donc se positionne-t-il exactement ? Pour spectaculaires qu’ils soient, les raids des 3 et 5 mai, qu’avait d’ailleurs précédés une opération similaire conduite en janvier dernier, n’apportent guère une réponse définitive à la question. D’un côté en effet, c’est une humiliation de taille qui vient d’être infligée à un régime agressé aux abords directs de sa capitale mais incapable de riposter car trop occupé à massacrer son propre peuple. Plus humiliante encore, au demeurant, est la savoureuse protestation de neutralité à laquelle s’est livré l’État hébreu en assurant que ces bombardements ne visaient pas à affaiblir le régime mais seulement à détruire des missiles destinés au Hezbollah. Il reste que dans le même temps, l’occasion a été fournie à Assad de se poser en héroïque victime d’un sombre complot israélo-occidental et de dénoncer la prétendue collusion entre ses ennemis de l’intérieur et du dehors.
Or si l’inconnue israélienne est loin d’être levée pour ce qui est du dilemme syrien, ce sont les prolongements libanais de la crise qui se trouvent brutalement mis en lumière. C’est ce que suggère la guerrière intransigeance subitement manifestée par Israël face à des livraisons d’armements qui se poursuivaient, à un rythme quasiment routinier, depuis des années, sans qu’il s’en émeuve particulièrement.
Engagés hier à Moscou dans une concertation à haut niveau, Russes et Américains ont dû constater que ces risques d’un débordement du conflit ne font que s’ajouter au surcroît d’horreur marquant, depuis quelques jours, le cours de la guerre syrienne. Les massacres de civils perpétrés sur le littoral alaouite ressemblent comme deux gouttes de sang à un début de nettoyage ethnique. Et si Assad et les rebelles sont, tour à tour, soupçonnés de faire usage de gaz toxiques, les puissances – et jusqu’à la Commission d’enquête des Nations unies ! – affirment n’être pas encore en mesure d’en produire la preuve. On le savait incolore et inodore, l’épouvantable sarin. Mais à ce point ?
L’irruption d’Israël sur la scène syrienne, illustrée par les deux raids aériens menés, en l’espace de 48 heures, aux abords de Damas, constitue certes un développement de la plus grande gravité. Ce sont toutefois des portes largement ouvertes que l’on enfonce en s’effarant, aujourd’hui seulement, de la régionalisation du conflit de Syrie. Dès les premiers jours de l’insurrection en effet, et sur fond de tensions entre sunnites et chiites, les acteurs étrangers n’ont cessé de se bousculer dans les coulisses en attendant de s’engouffrer carrément dans la scène : tel est bien le cas du Hezbollah qui combat ouvertement désormais aux côtés de la dictature baassiste, comme d’ailleurs des jihadistes...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef