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Économie - Portugal

Lisbonne persiste sur la voie de la rigueur

Le Premier ministre portugais a révélé hier les mesures de rigueur qui doivent permettre au pays, sous assistance financière, de respecter ses engagements budgétaires au moment où les politiques d’austérité suscitent mécontentements et doutes à travers l’Europe.
Pedro Passos Coelho a détaillé les mesures du « programme à moyen terme » qu’il compte mettre en œuvre pour réaliser d’ici à la fin de 2016 des économies d’environ 6 milliards d’euros comme prévu dans la « stratégie budgétaire » pour 2013-2017, présentée en début de semaine par le ministre des Finances, Vitor Gaspar. Grâce à ces mesures, le Premier ministre espère parvenir à respecter les objectifs, déjà allégés deux fois, que la troïka de ses bailleurs de fonds (UE-FMI-BCE) lui a fixés : un déficit public à 5,5 % du PIB cette année, à 4 % en 2014 et à 2,5 % en 2015 pour revenir en dessous de la limite des 3 % définie par Bruxelles.
L’approbation de ces mesures par la troïka est la clé pour que le Portugal obtienne une nouvelle tranche d’aide de 2 milliards d’euros dans le cadre du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé par l’UE et le FMI en mai 2011.
Le gouvernement avait déjà présenté les grandes lignes de son plan précisant notamment qu’il entendait réaliser 4,7 milliards d’euros d’économies entre 2014 et 2016, et récupérer 1,3 milliard d’euros dont la Cour constitutionnelle l’a privé cette année en invalidant début avril des mesures de rigueur inscrites au budget de l’État pour 2013, caractérisé par des hausses d’impôts sans précédent. Assurant qu’il ne prendrait pas de nouvelles mesures fiscales, le gouvernement a indiqué qu’il entendait réduire les dépenses de fonctionnement de tous les ministères et procéder à des coupes conséquentes dans la Santé, l’Éducation et la Sécurité sociale.
Sans rien céder sur la rigueur budgétaire, dont il est un fervent adepte, M. Passos Coelho a néanmoins indiqué qu’il aurait une attitude « plus réactive » en ce qui concerne la croissance et le chômage tenant apparemment compte des critiques et du mécontentement que la rigueur, tenue pour responsable de la récession et du chômage, suscite tant au Portugal que dans une bonne partie de l’Europe. Fin avril, le gouvernement a présenté un plan de relance de l’économie, axé sur l’aide aux PME et le développement des exportations, mais il a été généralement considéré par les partenaires sociaux comme un simple catalogue de bonnes intentions.
Pressé par les créanciers qui voient dans le consensus politique un des éléments-clés de la réussite du plan de sauvetage du Portugal qui doit prendre fin en juillet 2014, le gouvernement multiplie les efforts pour obtenir le soutien des partenaires sociaux et du Parti socialiste, la principale formation de l’opposition. Le ministre adjoint de M. Passos Coelho, Miguel Poiares Maduro, a souligné que « le gouvernement est disposé à discuter des alternatives et à les prendre en compte ».
Mais la tâche semble d’autant plus ardue qu’aucune des mesures présentées jusque-là par le gouvernement n’a trouvé grâce auprès du PS qui de son côté réclame non seulement un arrêt de la politique de rigueur, mais aussi une renégociation du plan d’aide qu’il avait pourtant négocié début 2011 alors qu’il était au pouvoir.

(Source : AFP)
Le Premier ministre portugais a révélé hier les mesures de rigueur qui doivent permettre au pays, sous assistance financière, de respecter ses engagements budgétaires au moment où les politiques d’austérité suscitent mécontentements et doutes à travers l’Europe.Pedro Passos Coelho a détaillé les mesures du « programme à moyen terme » qu’il compte mettre en œuvre pour réaliser d’ici à la fin de 2016 des économies d’environ 6 milliards d’euros comme prévu dans la « stratégie budgétaire » pour 2013-2017, présentée en début de semaine par le ministre des Finances, Vitor Gaspar. Grâce à ces mesures, le Premier ministre espère parvenir à respecter les objectifs, déjà allégés deux fois, que la troïka de ses bailleurs de fonds (UE-FMI-BCE) lui a fixés : un déficit public à 5,5 % du PIB...
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