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À La Une - Liban

La politique de Sleiman saluée à l’ONU

Nawaf Salam, ambassadeur du Liban aux Nations unies.

C’est un même appel à une « action résolue » dans une « une région au bord du gouffre » que le Conseil de sécurité de l’ONU a pu entendre hier lors du débat général consacré à la situation au Moyen-Orient. La sombre tragédie qui se déroule en Syrie, et ses conséquences humanitaires dramatiques sur le Liban et la Jordanie pris dans la tourmente, était au centre de ce débat qui s’est tenu au siège des Nations unies, en présence de Jeffrey Feltman, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires politiques, ainsi que de l’observateur permanent de la Palestine, Riyad Mansour, et du représentant permanent d’Israël, Ron Prosor. « Ne rien faire pour régler la crise syrienne, c’est abandonner cette région stratégique pour la paix et la sécurité mondiales à des décennies d’un chaos qui ne restera pas circonscrit au Moyen-Orient, » a averti le représentant de la France, Gérard Araud.


C’est à un moment de « risques accrus et d’instabilité au Moyen-Orient » que s’est ouvert ce débat. « Une action rapide et concertée est nécessaire pour faire face à la situation humanitaire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Syrie, le Liban et la Jordanie étant en première ligne. Des mesures doivent également être prises sur la question israélo-palestinienne », a laissé entendre Jeffrey Feltman, « car le progrès vers la paix est urgent ». Le responsable onusien a mis l’accent sur l’engagement américain (la visite du président US dans la région et les tournées de John Kerry) et celui de la communauté internationale pour sortir de l’impasse.

Débordement syrien et politique de distanciation
Abordant la situation au Liban, le responsable onusien a déploré la multiplication d’incidents frontaliers et les violations de la souveraineté libanaise par la Syrie. Il est revenu néanmoins sur la position du président Michel Sleiman, qui avait déclaré que « le Liban œuvre pour le contrôle de la frontière, conformément à la déclaration de Baabda », soulignant que « l’armée et les autorités compétentes ont été invitées à prendre des mesures pour empêcher les attaques contre le Liban et protéger la sécurité des Libanais ».
Après avoir salué la nomination de Tammam Salam comme Premier ministre par le président Sleiman, le responsable onusien a souligné l’importance pour les dirigeants libanais de « profiter de cette occasion pour continuer à s’engager positivement pour la formation rapide d’un gouvernement. »
M. Feltman a souligné en outre que le secrétaire général de l’ONU « est aussi préoccupé par les rapports indiquant que des Libanais se battent en Syrie, tant du côté du régime que du côté de l’opposition, et espère que le nouveau gouvernement trouvera les moyens de promouvoir un meilleur respect de la politique de distanciation du Liban par toutes les parties ».

 

(Pour mémoire : Le Liban dans le piège syrien, l'éclairage de Scarlett Haddad)

Nawaf Salam
Le représentant permanent du Liban, l’ambassadeur Nawaf Salam, a conforté ces appels au maintien de la politique de distanciation. « Il m’importe de vous assurer que le Liban est, aujourd’hui plus que jamais, déterminé à se distancier de la crise syrienne et reste attaché au texte de la déclaration de Baabda, rédigé à l’issue de la conférence de dialogue national en juin 2012, a-t-il déclaré. D’ailleurs, ce matin-même (hier), le président de la République a réaffirmé sa volonté d’interdire le transfert d’armes et de combattants en Syrie, mais aussi d’interdire l’établissement de bases d’entraînement au Liban (...) », a expliqué le diplomate libanais, précisant que « les répercussions militaires des combats en Syrie s’aggravent au niveau de ses frontières avec le Liban ». « Il s’agit de violations dangereuses de la sécurité de mon pays, a déclaré M. Salam. Nous dénonçons à nouveau ces atteintes quels qu’en soient les auteurs ». Un autre problème soulevé par Nawaf Salam : « L’afflux grandissant de réfugiés syriens. » Il a rappelé que « le Liban gardera ses frontières ouvertes » et a transmis le souhait du chef de l’État de tenir un sommet international autour du dossier des réfugiés syriens dans la région.


C’est en tout cas à l’unanimité que le Conseil de sécurité a salué les efforts que le président Sleiman continue de déployer pour préserver la stabilité du Liban. Seule cette politique « peut protéger le Liban d’un retour à la guerre civile », a souligné sur ce plan l’ambassadeur Araud. Et d’ajouter : « Il est encourageant de constater qu’un accord ait pu être trouvé rapidement sur la nomination de M. Tammam Salam comme Premier ministre et nous saluons ses efforts pour aboutir rapidement à un accord sur la composition d’un gouvernement à même d’organiser des élections parlementaires sur une base consensuelle et dans les délais constitutionnels. »
Quant à la représentante du Luxembourg, Sylvie Lucas, elle a lancé un vibrant appel en faveur de la stabilité régionale. « Tout doit être fait pour éviter que le conflit syrien ne s’étende à l’échelle régionale, a-t-elle déclaré. Il n’est pas exagéré de dire que le Liban et la Jordanie font face à une crise existentielle. » Mme Lucas a exhorté dans ce cadre « les autorités syriennes à cesser les tirs transfrontaliers et à respecter pleinement la souveraineté, l’intégrité territoriale du Liban et d’autres pays voisins ».

 

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