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Nos lecteurs ont la parole - Le Mariage Pour Tous Vu Du Liban

Gai, gai, marions-nous...

Marianne SARADAR BARAKAT
Jamais l’institution du mariage ne s’est aussi mal portée sur notre bonne vieille Terre.
Jamais les séparations et autres divorces n’ont atteint de tels seuils.
Jamais les relations extraconjugales et autres adultères n’ont été plus fréquents.
Depuis Vatican II, l’Église insiste moins sur l’aspect institutionnel du mariage, qu’elle définit d’abord comme communauté de vie et d’amour. Le mariage aurait pour vocation de réussir au-delà des échecs (!). Le code de 1983 propose la pédagogie du pardon.
Communauté de vie et d’amour, soit. Mais c’est précisément sur ce point que les mariages sont aujourd’hui le plus menacés. Une importance plus grande est donnée à la relation affective, sans qu’intervienne comme autrefois une volonté de sauvegarder lignages, patrimoines, traditions et autres intérêts qui sécurisaient l’union. Bref, face à l’éclatement de la société traditionnelle, «les garde-fous de l’amour» sont moins nombreux. Économiquement plus libres et plus indépendants, les époux étendent considérablement le tissu de leurs relations humaines par leurs activités professionnelles et culturelles. D’autre part, jadis les familles nombreuses étaient légion et la mission éducative plus longue. Aujourd’hui, la réduction du nombre d’enfants pousse les époux vers une solitude à deux précoce et prolongée. D’où des tensions plus fortes. De plus, la durée de la vie conjugale a considérablement augmenté. Osons le dire, elle est un tant soit peu longue. L’espérance de vie monte en flèche. Pour ces messieurs, la moyenne d’âge plafonne à 78 ans, tandis qu’elle se situe aux alentours de 85 ans pour ces dames. Sans compter qu’en soi, le mariage n’est déjà pas un long fleuve tranquille.
Alors, rien ne va plus! Toute une série de nouveaux «tracas» et autres conflits viennent à bout des couples les plus magnanimes.
Ajoutez à tout cela l’influence du climat social qui favorise, par les médias, l’éclatement de cette fameuse institution qu’est le mariage. Les «garanties» qui protégeaient hier le couple ont quasiment disparu. À ce jour, la stabilité des unions dépend de plus en plus de la qualité de la relation entre les conjoints. Rester ensemble devient une gageure face aux propensions de plus en plus permissives de la société.
Pourtant, le mariage a encore de beaux jours devant lui.
À tel point qu’on prône ici et là le mariage pour tous quand ce n’est pas le mariage civil pour tous que l’on réclame à cor et à cris.
Décidément, ce contrat ou ce sacrement – c’est selon – qui bat de l’aile à plus d’un égard trouve toujours des adeptes, et qui plus est auprès d’individus qui pourraient aisément s’en passer. Pourquoi les homosexuels veulent-ils à tout prix se mettre la corde au cou et la bague au doigt ? Pourquoi veulent-ils s’enfermer dans un modèle qui vacille et évolue clopin-clopant depuis belle lurette? La désaffection du mariage ne les effraie-t-elle donc pas? Ils clament, avec fracas et tapage médiatique à l’appui, leurs différences, mais désirent plus que tout se conformer au spécimen existant, à savoir « papa, maman et les enfants ». Ils y tiennent mordicus alors qu’ils ont la latitude de vivre librement leurs amours, sinon de se pacser ou de concubiner pour faire plus sérieux s’ils y tiennent.
Ce mariage pour tous englobera-t-il bientôt le mariage à trois, voire à quatre: deux femmes et un homme ou vice versa, trois femmes ou trois hommes? Car, dans lequel cas contraire, les bisexuels, transsexuels et autres partisans et amateurs de polygamie se sentiraient lésés et réclameraient leur part du gâteau.
En dépit de ce galimatias marital, il semble que la famille monogame hétérosexuelle ait encore de beaux jours devant elle. Ne serait-ce que pour de simples avantages évolutifs, l’hétérosexualité étant la seule forme de sexualité qui soit fécondante. Quant à la monogamie, disons qu’elle permet aux pères d’être sûrs de la filiation!
Quant aux partisans du mariage civil pour tous...
On ne peut les ignorer, du moins chez nous. Ils sont légion au pays du Cèdre. Ce contrat ferait l’affaire de tous –, tous les Libanais, hétérosexuels pour commencer. On compte déjà plus de 40000 concitoyens mariés civilement extra-muros. Dès lors, en attendant des jours meilleurs, ce contrat civil qui commencerait à prendre forme sous nos cieux cléments – grâce au formidable coup d’envoi de ce jeune couple de Libanais qui a contracté civilement son mariage à Beyrouth – arrive à point nommé, ne serait-ce que pour mettre fin au «tourisme matrimonial» qui profite à nos voisins chypriotes, chez qui nos concitoyens vont convoler civilement depuis belle lurette.
En Occident, les homosexuels soutiennent que le terme «personne» doit irrémédiablement remplacer les termes «homme» ou «femme».
Chez nous, les partisans du mariage civil se réclament du même droit, à une différence près, mais une différence de taille, à savoir le droit d’exister d’abord en tant que personne avant d’exister en tant que musulman ou chrétien.

Marianne SARADAR BARAKAT
Jamais l’institution du mariage ne s’est aussi mal portée sur notre bonne vieille Terre.Jamais les séparations et autres divorces n’ont atteint de tels seuils. Jamais les relations extraconjugales et autres adultères n’ont été plus fréquents.Depuis Vatican II, l’Église insiste moins sur l’aspect institutionnel du mariage, qu’elle définit d’abord comme communauté de vie et d’amour. Le mariage aurait pour vocation de réussir au-delà des échecs (!). Le code de 1983 propose la pédagogie du pardon. Communauté de vie et d’amour, soit. Mais c’est précisément sur ce point que les mariages sont aujourd’hui le plus menacés. Une importance plus grande est donnée à la relation affective, sans qu’intervienne comme autrefois une volonté de sauvegarder lignages, patrimoines, traditions et autres intérêts...
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