Si la balance commerciale reste lourdement déficitaire au détriment de l’économie française, les deux pays entretiennent une relation singulière depuis que la France du général de Gaulle a, la première, le 27 janvier 1964, reconnu la République populaire de Chine.
Le cinquantenaire de cet événement fondateur sera commémoré début 2014. Mais dès à présent, le nouveau pouvoir chinois réserve des égards particuliers au président français, premier dirigeant étranger reçu avec les fastes d’une visite d’État à Pékin par Xi Jinping depuis son arrivé au pouvoir il y a cinq semaines.
Au chapitre économique, le président français plaidera pour une réduction du déficit commercial abyssal avec la Chine, qui plombe le commerce extérieur français. Il s’est encore élevé l’an dernier à près de 26 milliards d’euros, soit 40 % environ du déficit global accusé par l’économie française.
« Il y a une nécessité de rééquilibrage dont les deux parties conviennent volontiers » même s’il « ne s’agit pas de corriger la situation d’un coup de baguette magique mais de redresser la barre », explique-t-on à l’Élysée.
Des « avancées » sont attendues dans les domaines traditionnels du nucléaire civil et de l’aéronautique avec de nouvelles commandes d’Airbus A320 et de long-courriers. Sur le nucléaire, une première « lettre d’intention » sera vraisemblablement signée pour un centre de retraitement des déchets similaire à celui de La Hague, et une seconde pourrait l’être en vue d’une nouvelle tranche de deux réacteurs EPR à Taishan. Renault pourrait également conclure une alliance avec un partenaire chinois pour construire une usine qui produirait 150 000 véhicules par an à Wuhan. Les discussions sur ces derniers points étaient « en cours de finalisation » à quelques heures de la visite.
Mais la France espère conclure aussi plusieurs accords ou contrats dans des secteurs qui reflètent l’évolution du mode de vie chinois : le développement urbain durable, l’agroalimentaire, la santé, l’économie numérique...
Joignant le geste à la parole, le chef de l’État français emmène avec lui huit ministres ainsi qu’une soixantaine de dirigeants d’entreprise parmi lesquels des fleurons du CAC 40 (Total, EDF, Saint Gobain, LVMH, Alstom...), mais aussi de grosses PME ou entreprises de taille intermédiaire (ETI, 350 à 5 000 salariés).
On promet également à Paris « une discussion de fond et de long terme » sur l’internationalisation de la monnaie chinoise, le yuan, dont Paris souhaite la « poursuite active » et déplore sans cesse la sous-évaluation. François Hollande avait fait de cette question le 13e de ses 60 engagements de campagne, prônant « un nouvel ordre monétaire international ».
(Source : AFP)


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