La date du 24 avril 1915 est celle, maléfique, du début d’un drame atroce qui a touché le peuple arménien et qui saigne encore dans nos mémoires. Le trise souvenir de plus d’un million et demi de destins anéantis, de plus d’un million et demi d’Arméniens massacrés, sans raison aucune, alors qu’il vivaient en parfaite harmonie avec leurs concitoyens turcs. Déportés, torturés, jetés sur le chemin de l’exode, confrontés à la peur, la faim et la soif. Était-ce cela l’image que voulait refléter ce début du XXe siècle prétendu incarner celui de la civilisation ? La tristesse se lisait dans le regard de mon père, rescapé de cette tragédie, quand je lui posais des questions sur son enfance. À travers ses larmes, il égrenait les souvenirs de son passé, alors qu’il vivait, entouré de sa famille et de ses nombreux amis turcs avec lesquels il partageait des moments heureux, dans la quiétude. Pourquoi, alors, cette haine s’est-elle déclenchée subitement envers la communauté arménienne ? Une communauté qui avait, à l’époque, contribué à l’édification et à la prospérité de la Turquie. Certes, des voix s’étaient élevées, durant cette tragédie, de l’Orient à l’Occident et même émanant de certains dirigeants turcs, pour dénoncer les crimes odieux commis à l’encontre des citoyens arméniens, mais en vain. Aujourd’hui, pour cicatriser cette plaie géante, ce génocide devrait être reconnu par le gouvernement actuel d’Ankara, s’il désire renouer des liens d’entente et de bon voisinage avec l’Arménie et son peuple. Nous pourrons alors pardonner et tourner la page tristement sombre de notre histoire.
La date du 24 avril 1915 est celle, maléfique, du début d’un drame atroce qui a touché le peuple arménien et qui saigne encore dans nos mémoires. Le trise souvenir de plus d’un million et demi de destins anéantis, de plus d’un million et demi d’Arméniens massacrés, sans raison aucune, alors qu’il vivaient en parfaite harmonie avec leurs concitoyens turcs. Déportés, torturés, jetés sur le chemin de l’exode, confrontés à la peur, la faim et la soif. Était-ce cela l’image que voulait refléter ce début du XXe siècle prétendu incarner celui de la civilisation ? La tristesse se lisait dans le regard de mon père, rescapé de cette tragédie, quand je lui posais des questions sur son enfance. À travers ses larmes, il égrenait les souvenirs de son passé, alors qu’il vivait, entouré de sa famille et de ses...
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