Ce constat n’a rien de surprenant dans un contexte sécuritaire fragile. Ainsi, la multiplication des affiches « à louer » et l’allongement des délais de location n’ont rien d’étonnant.
Toutefois, les disparités varient d’une région à une autre. Il est incontestable que certaines rues sont en perte de vitesse alors que d’autres sont en plein boom. D’un côté, la rue Toubia Aoun au centre-ville n’a pas connu de nouveaux locataires depuis deux à trois ans alors qu’un emplacement à Mar Mikhaël peut se louer en l’espace d’une semaine.
En ces temps économiquement difficiles, l’appétit des commerçants est mis à mal. Il est surtout refroidi par l’illogisme des loyers demandés. Il est devenu contradictoire de garder un loyer fort dans un secteur qui s’essouffle. À l’opposé, il est normal d’être gourmand pour un local dans une rue en plein essor et où la demande est supérieure à l’offre.
Ainsi, l’évolution des loyers commerciaux à Beyrouth se trouve sous pression. Hormis les centres commerciaux qui affichent encore une belle santé et le quartier Mar Mikhaël qui connaît un boom considérable, les loyers dans les autres rues marchandes marquent le pas. Dans des cas extrêmes, les propriétaires sont de plus en plus flexibles et consentent à des baisses.
Les délais moyens pour relouer son bien le long de la rue de Verdun ne cessent d’augmenter. Par exemple, l’immeuble Ibiza compte cinq emplacements commerciaux. Depuis plusieurs semaines, trois boutiques sont à la vente ou à la location. À Furn el-Hayek, à l’intersection des rues Ibrine et Zahrat el-Ihsan, pas moins de quatre boutiques sont à la location. L’une d’elles a vu son loyer baisser de 20 %, sans réussite. L’absence de parking pour les clients est incontestablement un point négatif.
La rue Hamra et la rue Maarad au centre-ville ne sont pas épargnées par ce fléau. Certains emplacements pourtant bien situés et bien exposés n’arrivent pas à être reloués. Même les restaurateurs réfléchissent à deux fois avant de s’engager dans un contrat de bail. Surtout si le précédent locataire n’a pas tenu plus de 12 mois. L’incohérence des loyers peut être montrée du doigt. Mais elle prouve aussi que le marché tourne aujourd’hui au ralenti. Espérons que cela ne soit que temporaire.
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