Tottenham a deux fois cette saison subi le racisme en Italie. Le club londonien, qui revendique une identité juive, a d’abord subi une agression physique en novembre à Rome puis des cris de singe en mars à Milan.
Des supporteurs des « Spurs » ont ainsi été blessés dans une attaque dans un pub de Rome par un groupe antisémite où figuraient des tifosi de la Lazio et de la Roma, les deux clubs de la Ville éternelle.
À Milan, dans la même compétition, l’Europa League, les tifosi de l’Inter ont offensé tout au long du 8e de finale retour le Togolais de Tottenham Emmanuel Adebayor. « On voulait s’en aller », a raconté le défenseur – noir – français de Tottenham, William Gallas.
« Ces situations ont un effet dévastateur sur l’image du football italien, mais confondre 150 personnes avec tous les tifosi est facile, mais injuste, explique à l’AFP le président de la FIGC, Giancarlo Abete. Il ne faut pas faire de généralités. »
« Et le problème n’est pas propre à l’Italie mais mondial, le dernier conseil de l’UEFA a mis au centre des débats le racisme », ajoute M. Abete, vice-président du gouvernement européen du football.
La bonne idée de Samuel Eto’o
Côté ministère de l’Intérieur, le vice-président de l’Observatoire national sur les manifestations sportives Roberto Massucci considère que le nombre d’incidents réels est proche de zéro. « Soyons clairs d’entrée : le foot italien n’est pas raciste », dit-il.
« Lancer l’alarme racisme quand il n’y en a pas fait le jeu des imbéciles, ajoute-t-il. S’ils sont 30 à faire le singe dans un stade, on ne peut pas dire que le racisme est un sentiment diffusé. Mais ces attitudes sont graves, il ne faut surtout pas les sous-estimer. » Kevin-Prince Boateng, le milieu germano-ghanéen de l’AC Milan, avait quitté le terrain lors d’un amical en janvier, exaspéré par les cris de singe. « Je pense qu’ils m’ont insulté parce que je n’ai pas la peau blanche, ça arrivait aussi en Allemagne, pour moi il s’agit évidemment de racisme », a-t-il témoigné devant la justice italienne.
« Quelquefois les cris de singe ne sont même pas motivés par un sentiment raciste, mais juste lancés pour offenser, commente M. Massucci. C’est grave, mais ça tient plus de l’incivilité que du racisme, comme si on insultait quelqu’un qui n’a pas de cheveux (il est chauve). »
« Un petit nombre de personnes utilisent cette expression odieuse pour faire parler d’elles. Il faut les isoler, c’est ce que la police cherche à faire », conclut-il.
« Je me suis déjà trouvé dans la situation de Prince (Boateng), et je n’ai pas quitté le terrain, note la star – noire – de l’équipe d’Italie, Mario Balotelli. C’est difficile de combattre le racisme On en parle beaucoup, mais je ne sais pas ce qu’il faut faire pour lutter. »
Samuel Eto’o a une idée. Victime sous le maillot de l’Inter des fameux « bouh » simiesques en 2011, le Camerounais avait marqué un but, avant de mimer le singe devant les tifosi sardes, mouchés.
(Source : AFP)


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