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Nos lecteurs ont la parole

II.- Les relations économiques franco-libanaises et la francophonie

Ibrahim TABET
À partir de l’ère des réformes, l’Empire ottoman adopte le français comme seconde langue administrative et bien sûr comme langue de la diplomatie. Dès lors ce n’est plus seulement les chrétiens mais les élites musulmanes qui se mettent au français par besoin (voir L’Orient-Le Jour du mardi 2 avril 2013).
L’idéologie laïque de la IIIe République ne l’empêche pas de soutenir l’œuvre des missions catholiques en Orient : l’anticléricalisme n’est pas un objet d’exportation, affirme Gambetta. À la veille de la Première Guerre mondiale la France jouit dans l’Empire ottoman d’un prestige et d’une influence culturelle qu’aucune autre puissance ne saurait égaler. Bien que ses intérêts en Afrique du Nord soient plus importants qu’en Syrie et au Mont-Liban, la France y jouit d’une position culturelle, économique et politique prépondérante qu’elle est déterminée à défendre. Et alors que son influence auprès de la Porte est également battue en brèche par l’Angleterre et l’Allemagne, elle adopte une politique de compromis faisant des provinces syriennes une zone d’influence privilégiée, tout en continuant à défendre le maintien de l’Empire ottoman. Celle-ci se traduit au niveau économique par un recentrage de ses investissements sur la Syrie et le Mont-Liban.

La période du mandat
La création en 1920 du « Grand Liban », qui répond aux revendications des chrétiens qui réclamaient un pays économiquement viable, s’accompagne de l’instauration par la France d’une union économique et douanière syro-libanaise. Des services des intérêts communs aux deux pays sont créés, ainsi qu’une monnaie commune : la livre syro-libanaise. La qualité de l’œuvre administrative de la France est incontestable de même que l’extension du réseau scolaire. Le mandat a doté le Liban d’un cadre administratif et judiciaire favorisant son essor économique. Lorsque survient la guerre, grâce à un effort considérable de la France, le Liban est doté d’infrastructures modernes qui ont largement contribué à son décollage économique.
Les événements de novembre 1943 jetèrent inévitablement un froid dans les relations franco- libanaises. Mais passée la première vague de ressentiment, les relations d’amitié entre les deux peuples reprirent le dessus. Bien qu’on puisse reprocher à la France de s’y être accroché, le bilan du mandat a été globalement positif. Le nombre des écoles et des élèves a été multiplié par quatre. Et plusieurs des orientations suivies après 1945, notamment celle vers les services ont été initiées sous le mandat.

De l’indépendance à la guerre du Liban (1944-1975)
Après le départ des troupes françaises en 1946, la IVe République, soucieuse du maintien de l’influence française, fait du Liban le grand foyer de la francophonie au Proche-Orient et le pays devient un relais pour les entreprises et les produits français vers l’hinterland arabe. L’union économique et douanière entre le Liban et la Syrie réalisée par le mandat va perdurer jusqu’en 1950, lorsque les politiques économiques syrienne et libanaise deviennent trop divergentes. Parallèlement, le Liban opte pour une absence totale de contrôle des changes, mesure indispensable pour jouer un rôle d’intermédiaire financier entre l’Occident et le monde arabe. L’adoption d’une politique économique ultralibérale au Liban encourage un afflux grandissant de capitaux et le secteur bancaire tend à dominer l’économie libanaise. Jusqu’à la fin des années soixante le Liban vit son âge d’or. C’est de cette époque que date le surnom de « Suisse du Moyen-Orient » donné au Liban.
Si le mandat du président Camille Chamoun se caractérisa par l’effacement de l’influence française au profit de l’influence américaine, ceux du général Fouad Chéhab et de Charles Hélou, qui coïncident avec le retour du général de Gaulle au pouvoir en France (1958-1969), vont connaître une redynamisation des relations entre la France et le Liban, notamment dans les domaines économiques et culturels. Chéhab confiera à un organisme français, l’Irfed, une étude sur les besoins et les possibilités de développement du Liban. Au niveau économique les relations vont se développer de manière considérable.
Jusqu’en 1975, la réussite économique du Liban, sa démocratie, le climat de liberté et la douceur de vivre qui y règnent en font l’enfant chéri de l’Occident. Touristes, écrivains et journalistes qui le visitent ne tarissent pas d’éloges à son égard. Ainsi s’édifie au fil des ans une sorte de mythe du miracle libanais.

De 1975 au retrait syrien (2005)
La guerre du Liban, qui durera de 1975 à 1990, lui fit perdre son rôle de partenaire privilégié de la France au Moyen-Orient et de porte d’entrée vers la région. Les intérêts économiques français dans les pays pétroliers sont désormais bien plus importants qu’au Liban. À la suite de l’accord de Taëf qui met fin à la guerre (1991), les dernières années du deuxième septennat de François Mitterrand sont marquées par un refroidissement des relations entre le gouvernement français et le nouveau régime prosyrien au Liban.
(À suivre)

Ibrahim TABET
À partir de l’ère des réformes, l’Empire ottoman adopte le français comme seconde langue administrative et bien sûr comme langue de la diplomatie. Dès lors ce n’est plus seulement les chrétiens mais les élites musulmanes qui se mettent au français par besoin (voir L’Orient-Le Jour du mardi 2 avril 2013). L’idéologie laïque de la IIIe République ne l’empêche pas de soutenir l’œuvre des missions catholiques en Orient : l’anticléricalisme n’est pas un objet d’exportation, affirme Gambetta. À la veille de la Première Guerre mondiale la France jouit dans l’Empire ottoman d’un prestige et d’une influence culturelle qu’aucune autre puissance ne saurait égaler. Bien que ses intérêts en Afrique du Nord soient plus importants qu’en Syrie et au Mont-Liban, la France y jouit d’une position...
commentaires (2)

3ABDO 3AM YIGHRA2 OU I KHABBIT OU FRANSIS 3AM YI2RALOU VOLTAIRE !

SAKR LEBNAN

18 h 46, le 03 avril 2013

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Commentaires (2)

  • 3ABDO 3AM YIGHRA2 OU I KHABBIT OU FRANSIS 3AM YI2RALOU VOLTAIRE !

    SAKR LEBNAN

    18 h 46, le 03 avril 2013

  • Des établissements d’enseignement supérieur (je ne citerai pas de nom) ne délivrent plus des diplômes français depuis 1983. Depuis le début du premier mandat de Mitterrand. Je ne parlerai pas d’équivalences de diplômes entre la France et les pays francophones. Le déclin relatif du français et du niveau d’enseignement sont le fait de la guerre… C'est un chemin de croix pour faire valoir ses formations en français pour avoir un travail en France...

    Charles Fayad

    15 h 17, le 03 avril 2013

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