Depuis que Mikou a mis les voiles, mettant du coup au chômage technique son équipe de patagons imbuvables, c’est le nirvana ! Mais bon, jadis le pays avait bien pataugé six mois durant sans chef d’État, végété un semestre entier sans Parlement. Alors perdre un gouvernement au-dessous du niveau de la mer, dont les ministres de toute façon ne pouvaient se blairer ni au propre ni au figuré, y a pas vraiment de quoi fouetter une chatte.
À partir de là, le spectacle crépusculaire, réglé comme du papier à musique, peut bien commencer. D’abord le défilé des canassons parlementaires, les bras ballants, pour la causette obligatoire avec le châtelain de Baabda, qui les écoutera d’un tympan distrait ; ensuite, l’apparition hilare mais contenue de « l’heureux désigné », parmi ceux que le prurit du Sérail démange. Normalement, pour accepter ce boulot, il devrait être au mieux un intermittent du neurone, au pire un demeuré à l’état brut, mais les candidats vont certainement se bousculer au portillon pour quémander le poste. Au nom du « sacrifice pour le Liban », bien sûr ; enfin, début de la valse à mille temps au cours de laquelle l’Agrume de Rabieh fera danser l’Élu en l’abreuvant d’insultes littéraires, pendant que le Victorieux divin sirotera son thé, enterré dans son quadrilatère barbu.
Déjà Istiz Nabeuh tire des plans sur la comète et garde au frais une guirlande d’odieux à caser dans le prochain gouvernement. Et pas des portefeuilles peigne-culs du genre Culture ou Environnement, mais du juteux façon tiroir-caisse et machine à sous. D’ailleurs à bien imaginer les revendications des différents blocs parlementaires, il y aura au moins une demi-douzaine de ministres des Finances dans la future équipe.
Bref, ce n’est pas demain la veille que la nouvelle brochette verra le jour. Le pied sera quand ils mettront à exécution leur menace de cabinet de salut public. Entre la cafouille et la vasouille, ils nous ficheront une paix royale.
Ainsi, de journées cruciales en semaines décisives puis en mois déterminants, en attendant de passer au semestre fondamental, la population fera tapisserie la bouche ouverte en collectionnant les événements « historiques ».
Chapeau, Mikou ! Sa démission était censée faire des vagues, elle n’a provoqué qu’un piteux clapotis.
gabynasr@lorientlejour.com
À partir de là, le spectacle crépusculaire, réglé comme du papier à musique, peut bien commencer. D’abord le défilé des canassons parlementaires, les bras ballants, pour la causette obligatoire avec le châtelain de Baabda, qui les écoutera d’un tympan distrait ; ensuite, l’apparition hilare mais contenue de « l’heureux désigné », parmi ceux que le prurit du Sérail...

