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Économie - Crise De La Dette

Incertitudes sur la réouverture des banques chypriotes

Andreas Artemis, président de la Bank of Cyprus, la plus importante du pays, a démissionné hier.
Les banques de Chypre sont restées fermées hier, pour le onzième jour consécutif, et rien ne dit qu’elles rouvriront jeudi comme prévu, malgré l’annonce d’un plan de sauvetage européen encore loin d’avoir calmé toutes les inquiétudes dans l’île et en Europe.
Les autorités chypriotes mènent « des efforts intenses », selon le gouvernement, « surhumains » selon la Banque centrale, pour permettre la réouverture jeudi des banques, déjà reportée à plusieurs reprises.
Chypre redoute une fuite massive des capitaux, en particulier étrangers, dès que les guichets seront ouverts et les virements via Internet à nouveau possibles. En dépit d’un plan de sauvetage européen décidé à la dernière minute ce week-end, la tension restait forte à Nicosie, où des agents de sécurité sont désormais postés devant certaines banques.
Chypre a accepté ce week-end une réduction drastique de son système bancaire, en contrepartie d’une aide internationale de dix milliards d’euros.
Entre 100 et 200 employés de la Bank of Cyprus, la première du pays, ont manifesté hier après-midi devant la Banque centrale, avant d’être reçus par un responsable au siège de leur banque.
La deuxième banque du pays, Laiki Bank, va disparaître, et la Bank of Cyprus va être profondément restructurée, au prix de lourdes pertes pour les dépôts supérieurs à 100 000 euros et vraisemblablement en termes d’emplois. Première victime de ce plan drastique, Andreas Artemis, président de Bank of Cyprus, la plus importante du pays, a démissionné hier. Dans la soirée, le conseil d’administration de cette banque a annoncé avoir rejeté la démission de M. Artemis. « Le conseil d’administration n’a pas accepté les démissions » de M. Artemis et de quatre administrateurs, annonce ainsi la banque dans un communiqué, précisant que cette décision ne rendrait les démissions effectives qu’au bout d’une semaine, si elles sont maintenues.
Les clients de Bank of Cyprus et Laiki Bank ne peuvent retirer que 100 euros par jour aux distributeurs, et pour éviter une fuite des capitaux, d’autres contrôles seront mis en place pour « quelques semaines », selon le ministre des Finances, Michalis Sarris.
« On finit par s’y habituer », a plaisanté Paris, gérant d’un salon de coiffure, avant de reconnaître, la mine assombrie, que la fréquentation de son salon avait diminué d’au moins un tiers ces dix derniers jours. « Quand les gens n’ont pas assez de liquide, ils se concentrent sur l’essentiel ». Les Chypriotes commencent toutefois à s’inquiéter. « J’ai des chèques chez moi, mais je ne veux pas les déposer à ma banque. Comment est-ce que je peux être sûr qu’ils vont créditer mon compte », s’inquiétait le propriétaire d’une petite imprimerie. De nombreuses entreprises chypriotes peinent à fonctionner normalement et certaines d’entre elles risquent d’être rapidement « poussées à la faillite », selon la Chambre de commerce chypriote.
Le gouvernement a annoncé qu’une commission serait chargée d’enquêter sur les responsabilités dans ce désastre économique, et signalé des démarches pour essayer de faire baisser le prix de l’électricité.
M. Sarris a également répété que ces sacrifices étaient nécessaires pour éviter une « catastrophe totale » en cas de sortie de l’euro.
La crise est aussi un véritable casse-tête pour les nombreuses petites entreprises russes qui font transiter leurs fonds à Chypre pour des raisons fiscales et se retrouvent confrontées à des difficultés de trésorerie liées à la paralysie du système bancaire.
« L’expérience de Chypre n’est pas un modèle pour le reste de la zone euro, parce que la situation avait atteint une ampleur qui n’est comparable à aucun autre pays », a estimé hier Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.
(Source : AFP)
Les banques de Chypre sont restées fermées hier, pour le onzième jour consécutif, et rien ne dit qu’elles rouvriront jeudi comme prévu, malgré l’annonce d’un plan de sauvetage européen encore loin d’avoir calmé toutes les inquiétudes dans l’île et en Europe.Les autorités chypriotes mènent « des efforts intenses », selon le gouvernement, « surhumains » selon la Banque centrale, pour permettre la réouverture jeudi des banques, déjà reportée à plusieurs reprises.Chypre redoute une fuite massive des capitaux, en particulier étrangers, dès que les guichets seront ouverts et les virements via Internet à nouveau possibles. En dépit d’un plan de sauvetage européen décidé à la dernière minute ce week-end, la tension restait forte à Nicosie, où des agents de sécurité sont désormais postés devant...
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