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Déploiement massif de l'armée libanaise à Tripoli

Liban Calme précaire dans la grande ville du nord, le cessez-le-feu tient toujours.
olj.com
24/03/2013

Le calme régnait toujours dimanche à la mi-journée à Tripoli (Liban-nord), après une nuit de violents combats entre les quartiers rivaux de Bab el-Tebbaneh (à majorité sunnite et anti-Assad) et Jabal Mohsen (à majorité alaouite et pro-Assad) et durant laquelle l'armée libanaise a mis en œuvre un nouveau plan pour mettre fin aux affrontements.

Dimanche matin, l'armée libanaise a effectué un redéploiement massif dans les différents axes d'affrontements entre les deux quartiers rivaux.
Certains médias, dont la chaîne de télévision LBC, ont fait état de tirs par des tireurs embusqués vers midi. La Voix du Liban (VDL, 100.5) a indiqué qu'une personne a été blessée. Mais l'Agence nationale d'information (ANI, officielle) a assuré que le calme est revenu et que l'armée avait mis en place des barrages routiers et renforcé ses patrouilles dans le secteur.
La chaîne de télévision MTV a également assuré que le cessez-le-feu n'a pas été violé dimanche matin.

Selon l'ANI, les routes bloquées lors des combats ont été ouvertes, mais la circulation reste très faible dans la grande ville du nord.

Dimanche matin, le ministre sortant de l'Intérieur, Marwan Charbel, a déclaré dans un entretien à la Voix du Liban (VDL, 93.3) que "la situation à Tripoli est meilleure depuis ce matin".
"L'armée libanaise a pénétré dans certaines rues à Jabal Mohsen et Bab el-Tebbaneh et il y a eu des affrontements avec des éléments armés", a-t-il ajouté.

 

Samedi, les combats entre les quartiers rivaux de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen ont secoué toute la journée de la capitale du Liban Nord, s'intensifiant encore plus en soirée, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'agence a ainsi fait état de combats sur tous les axes d'affrontements entre les deux quartiers et de l'explosion d'un obus dans la région du rond-point Abou Ali. Une personne a été tuée samedi et plusieurs autres blessées dans ces violences qui avaient déjà fait au moins sept tués, dont un soldat, depuis jeudi.

 

Pour rétablir le calme, l’armée libanaise a renforcé sa présence dans la ville, déployant dès samedi après-midi un grand nombre de chars dans la rue de Syrie qui sépare les quartiers rivaux de Tripoli, toujours selon l'ANI.

 

Le Liban est en danger

A l'issue d'une réunion sécuritaire, samedi, à Tripoli, le ministre de l'Intérieur Marwan Charbel a estimé que "les dangereux développements" qui ont lieu dans la capitale du Liban-Nord ont des liens régionaux, "si ce n'est internationaux".

 

M. Charbel a ainsi appelé le président du Parlement Nabih Berry, en qui il a dit avoir confiance, à convoquer l'Assemblée nationale afin que les députés signent un engagement sous le label de "la sécurité au Liban et notamment à Tripoli". 

 

Marwan Charbel a par ailleurs exhorté tous les partis "à ne couvrir personne à Tripoli" pour aider les forces de sécurité. "Ce qui se passe aujourd'hui dans cette ville est inacceptable. Nous savons que le Liban est en danger, en raison des discours confessionnels qui incitent à la discorde", a-t-il poursuivi demandant l'aide des responsables religieux à cet egard. "Ce qu'a vécu le Liban lors des années passées de guerre est moins lourd que ce que nous vivons aujourd'hui", a conclu M. Charbel.

 

De son côté, le mufti Mohammad Rachid Kabbani a appelé samedi toutes les parties à la retenue pour le salut du Liban.

 

Le cessez-le-feu annoncé vendredi par les responsables sunnites et alaouites de la capitale du Liban-Nord a volé en éclats après l’annonce de la démission du Premier ministre Nagib Mikati, originaire de Tripoli, en raison de divergences politiques majeures au sein de son gouvernement.

En effet, quelques minutes après le discours de M. Mikati, des tirs ont été signalés entre Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, ainsi que sur la route reliant Tripoli au Akkar. Certains médias ont également fait état de tirs d’obus.

 

 

Appels à l'armée et aux FSI

Le nouveau round de violences entre les deux quartiers avait débuté jeudi. Vendredi matin, les affrontements s’étaient propagés à d’autres quartiers – Chaarani, Maloula, Rifa et Baqqar – de cette ville multiconfessionnelle du Liban-Nord. Témoignant de la violence des affrontements, une bâche a été dressée vendredi sur la route de Zahriyeh pour protéger les passants d’éventuels tirs de francs-tireurs. La circulation était quasi inexistante près des lieux des combats, alors que l’armée était déployée en force et tentait de riposter à l’origine des tirs. Jusqu’au cessez-le-feu, annoncé par les deux parties et entré en vigueur à 16h.

 
Lors d’une conférence de presse, le comité des ulémas musulmans dans les quartiers sunnites de Kobbé et Bab el-Tebbaneh avait annoncé son engagement à respecter le cessez-le-feu. Estimant que personne n’a intérêt à poursuivre les combats, les ulémas sunnites avaient appelé l'armée et les forces de sécurité intérieures  à prendre la situation en main tout en se maintenant à égale distance des deux camps. Ils avaient également appelé, lors de leur conférence de presse, à l’établissement d’un plan urgent pour encourager le développement de la ville.
L’annonce des cheikhs sunnites avait été précédée d’une déclaration similaire de la part du Parti arabe démocratique (alaouite de Rifaat Eid) qui, selon son responsable médias, Abdel Latif Saleh, voulait donner l’opportunité à l’armée libanaise de prendre le contrôle de la situation et de rétablir le calme dans la capitale du Liban-Nord.

 

Les affrontements sont fréquents à Tripoli depuis le début du conflit en Syrie il y a deux ans. Le Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne, reste profondément divisé entre adversaires et partisans du régime de Bachar el-Assad.

 

 

 

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SAKR LEBNAN

ENFIN ! Espérons que ce n'est point uniquement de la poudre aux yeux !

SAKR LEBNAN

Le NID des PERCHÉS.... sur les HAUTEURS...

Paul Chapman

Mais pourquoi attendent ils que la situation de la securité dégénère pour déployer l'armée en force?

Robert Malek

Le rôle de l'armée et des FSI est non seulement d'investir les lieux, mais aussi de ramasser les armes. Le problème est qu'on ne sait pas qui peut oser aujourd'hui leur donner l'ordre de confisquer toutes les armes.

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