Liliane Bettencourt, l'héritière L'Oréal, en octobre 2011. AFP/FRANCOIS GUILLOT
Fille du fondateur du numéro un mondial des cosmétiques, Eugène Schueller, inventeur des teintures pour cheveux et du shampoing, Liliane Bettencourt, 90 ans, est la troisième fortune de France et la 15e au monde (17 milliards d'euros).
Une expertise versée au dossier l'a jugée en état de démence sénile depuis 2006. Elle a été placée sous tutelle de sa famille en 2011 mais, jusqu'à cette date, sa fortune était gérée par Patrice de Maistre puis, en 2010-2012, par l'avocat Pascal Wilhelm.
ABUS DE FAIBLESSE
Les poursuites visent à déterminer si de l'argent lui a été ou non extorqué à des fins politiques, d'enrichissement personnel ou pour diverses sociétés gravitant autour d'elle.
L'abus de faiblesse pourrait viser la plupart des protagonistes, du photographe François-Marie Banier à Nicolas Sarkozy en passant par Me Wilhelm, qui a négocié 143 millions pour une société de jeux en ligne de Stéphane Courbit.
C'est dans ce volet de l'abus de faiblesse que l'ancien chef de l'Etat a été mis en examen jeudi.
FINANCEMENT POLITIQUE
Des retraits en espèces de quatre millions d'euros sur les comptes suisses des Bettencourt en 2007-2009, dont deux fois 400.000 euros pendant la campagne présidentielle de 2007, organisés par Patrice de Maistre, ont été mis au jour.
Des coïncidences de date, l'appartenance de Patrice de Maistre à l'UMP, ses liens avec Eric Woerth, ex-trésorier de l'UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy et ex-ministre du Budget, laissent soupçonner un usage politique de l'argent. Le recours à l'incrimination juridique de financement illégal se heurte cependant à des obstacles techniques.
TRAFIC D'INFLUENCE
Ministre du Budget (2007-2010), puis du Travail (mars-novembre 2010), Eric Woerth a remis personnellement en 2008 la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, qui avait embauché l'année précédente sa femme.
Les deux hommes sont mis en examen pour trafic d'influence mais nient. Florence Woerth a quitté la société de Patrice de Maistre en 2010. Une régularisation de la situation fiscale de Liliane Bettencourt a été promise sur les avoirs suisses et l'île des Seychelles, Arros, jamais déclarés.
LE VOLET BANIER
Origine de l'affaire en 2007, une plainte de Françoise Meyers, fille de Liliane Bettencourt, a amené la découverte de dons litigieux totalisant près d'un milliard d'euros à François-Marie Banier, photographe intime du couple Bettencourt.
Une première procédure a été refermée en juin 2011 après un accord par lequel le photographe renonçait à 600 millions d'euros d'assurance-vie et conservait 400 millions d'euros, dont un ensemble immobilier.
Le photographe a été remis en examen fin 2011 avec son ami Martin d'Orgeval pour "abus de faiblesse, abus de confiance, escroquerie aggravée et blanchiment".
L'ESPIONNAGE DE LA PRESSE
Bernard Squarcini, ex-patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), a été mis en examen fin 2011 pour "atteinte au secret des correspondances, collecte illicite de données et recel de violation du secret professionnel".
Il est mis en cause pour avoir fait saisir les factures détaillées de téléphone, ou "fadettes", d'un reporter du Monde qui avait publié à l'été 2010 un article sur une déposition mettant en cause Eric Woerth. Le policier dit avoir agi légalement et demande l'annulation de la procédure.
Dans un épisode similaire, l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye a aussi été mis en examen mais la cour d'appel a annulé cette mesure pour vice de forme. La Cour de cassation doit encore trancher. Le Monde a en outre obtenu l'ouverture d'une procédure disciplinaire au Conseil supérieur de la magistrature contre le magistrat.
LES ENNUIS DES MAGISTRATS
La Cour de cassation a dessaisi fin 2010 la juridiction de Nanterre au profit de Bordeaux pour traiter tous les dossiers Bettencourt. L'été dernier, Philippe Courroye a été muté au poste d'avocat général à Paris, décision qu'il conteste en Conseil d'Etat. La présidente du tribunal de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, soupçonnée d'avoir informé irrégulièrement la presse, est mise en examen pour violation du secret professionnel.
POURSUITES CONTRE LA PRESSE
Les dirigeants du Point et du site Mediapart ont été mis en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" en raison de la publication en 2010 d'enregistrements clandestins de Liliane Bettencourt par son majordome.
Fille du fondateur du numéro un mondial des cosmétiques, Eugène Schueller, inventeur des teintures pour cheveux et du shampoing, Liliane Bettencourt, 90 ans, est la troisième fortune de France et la 15e au monde (17 milliards d'euros).
Une expertise versée au dossier l'a jugée en état de démence sénile depuis 2006. Elle a été placée sous tutelle de sa famille en 2011 mais, jusqu'à cette date, sa fortune était gérée par Patrice de Maistre puis, en 2010-2012, par l'avocat Pascal Wilhelm.
ABUS DE FAIBLESSE
Les poursuites visent à déterminer si de l'argent lui a été ou non extorqué à des fins politiques, d'enrichissement personnel ou pour diverses sociétés gravitant autour d'elle.
L'abus de faiblesse pourrait viser la plupart des protagonistes, du photographe François-Marie Banier...

