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Économie - Crise Budgétaire

Le Portugal obtient plus de temps pour réduire ses déficits

Le pays, qui connaît sa plus grave récession depuis près de 40 ans, a besoin d’un sérieux coup de pouce.

Le ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar. Patricia de Melo Moreira/AFP

Le gouvernement portugais a obtenu hier de ses créanciers un an de plus pour réduire son déficit et ses dépenses, soit jusqu’à 2015, un sérieux coup de pouce alors que le pays connaît sa plus grave récession depuis près de 40 ans, un chômage record et une grogne sociale en hausse.
« Les nouvelles limites du déficit sont de 5,5 % du PIB en 2013, 4 % en 2014 et 2,5 % en 2015 », a déclaré à la presse le ministre des Finances, Vitor Gaspar, à l’issue du septième examen trimestriel des réformes mises en œuvre en contrepartie du plan de sauvetage accordé par l’Union européenne et du Fonds monétaire international en mai 2011.
Déjà assouplis en septembre dernier, ces objectifs étaient jusque-là de 4,5 % du PIB cette année, 2,5 % en 2014 et 2 % en 2015.
Commencé le 25 février, le dernier examen, qui a duré près de trois semaines, a été le plus long et à l’évidence le plus difficile depuis que la « troïka » (UE-FMI-BCE) des créanciers passe à la loupe les comptes du pays.
Comme lors des précédentes évaluations, la troïka a accordé au gouvernement un satisfecit pour ses efforts, ouvrant la voie au versement d’une nouvelle tranche d’aide de 2 milliards d’euros dans le cadre d’un prêt de 78 milliards d’euros.
C’est en reconnaissance de la « performance exemplaire » du Portugal « qu’il a pu être possible de revoir les objectifs du déficit », a commenté M. Gaspar.
« L’application du programme reste globalement sur les rails dans une conjoncture économique difficile », a estimé de son côté la troïka dans un communiqué.
M. Gaspar s’est félicité que le déficit public se soit établi à 4,9 % en 2012, respectant ainsi l’objectif de 5 %. Il a cependant précisé que l’office statistique européen Eurostat refusait de prendre en compte les recettes issues de la concession des aéroports portugais et estimerait selon ses critères que le déficit a été de 6,6 %.
Alors que la dette publique dépasse 120 % du PIB, la troïka a également donné au gouvernement jusqu’en 2015 pour réduire les dépenses publiques de 4 milliards d’euros, dans le cadre d’une réforme de l’État que Lisbonne devra détailler prochainement. À l’origine, ces économies auraient dû être réalisées en 2013 et 2014.
En allégeant les objectifs du Portugal, ses bailleurs de fonds ont reconnu de fait que les mesures d’austérité imposées ont à ce point contribué au recul de l’économie et à l’augmentation du chômage que le gouvernement n’est plus en mesure d’atteindre les objectifs fixés.
Après une récession de 3,2 % en 2012, la plus grave depuis 1975, M. Gaspar a prévu pour cette année une contraction de 2,3 % tandis que le chômage, qui frappe déjà 16,9 % de la population active, devra selon ses nouvelles prévisions atteindre le taux de 18,2 % à la fin de l’année, puis un nouveau record de 18,5 % l’année prochaine.
L’allégement des objectifs était depuis longtemps réclamé par le patronat, les syndicats et l’opposition de gauche dont la principale formation, le Parti socialiste, a même préconisé une renégociation du plan d’aide.
Au début du mois le Portugal a obtenu, comme l’Irlande, un accord de principe des ministres des Finances européens sur l’allongement de la durée des prêts qui lui ont été accordés, ce qui devrait faciliter son retour sur les marchés financiers prévu dans le courant de l’année.
« Le processus vers un retour complet aux marchés est en cours », a souligné la troïka, tandis que M. Gaspar a indiqué que le Trésor portugais envisageait prochainement de lancer son premier emprunt à long terme depuis sa demande d’aide internationale en mai 2011.
Le nouveau coup de pouce des bailleurs de fonds est intervenu alors que les mesures de rigueur sans précédent – baisse des salaires et des retraites, hausse généralisée des impôts – mises en œuvre par le gouvernement ont tendu le climat social.
Le mécontentement a culminé le 2 mars quand plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé dans une trentaine de villes du pays pour protester contre l’austérité et réclamer la démission du gouvernement.

(Source : AFP)
Le gouvernement portugais a obtenu hier de ses créanciers un an de plus pour réduire son déficit et ses dépenses, soit jusqu’à 2015, un sérieux coup de pouce alors que le pays connaît sa plus grave récession depuis près de 40 ans, un chômage record et une grogne sociale en hausse.« Les nouvelles limites du déficit sont de 5,5 % du PIB en 2013, 4 % en 2014 et 2,5 % en 2015 », a déclaré à la presse le ministre des Finances, Vitor Gaspar, à l’issue du septième examen trimestriel des réformes mises en œuvre en contrepartie du plan de sauvetage accordé par l’Union européenne et du Fonds monétaire international en mai 2011.Déjà assouplis en septembre dernier, ces objectifs étaient jusque-là de 4,5 % du PIB cette année, 2,5 % en 2014 et 2 % en 2015.Commencé le 25 février, le dernier examen, qui a...
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