« En première mi-temps, on avait encore les jambes lourdes. Je ne vais pas mentir, c’est vrai que je me sens fatigué », a même reconnu samedi Blaise Matuidi après la victoire laborieuse contre Nancy, le 20e.
Le Parisien, fort de son rôle capital depuis neuf mois, est devenu le symbole de la gestion parfois conservatrice de son entraîneur, car il a déjà disputé 46 matches, ratant seulement une rencontre de L1 et deux avec les Bleus depuis août.
« Aujourd’hui l’équipe est fatiguée et la prochaine semaine sera importante pour avoir une bonne récupération », a concédé Ancelotti, désormais face à un beau défi d’ici à la fin de saison.
Rafraîchir
Car lui qui passe pour un habile manager va devoir rafraîchir un groupe qu’il a volontairement réduit depuis janvier, sous peine de voir ses objectifs s’éloigner.
Il est étrange de constater que certains cadres tirent la langue, que d’autres ne jouent ni les grosses affiches de L1 (Marseille) ou de C1 (Valence) et que rien ne change trois jours plus tard pour la réception de Nancy!
Si, avec la répétition des efforts, Matuidi en venait à se blesser, ce serait un rude coup porté au PSG, tant il a pris l’habitude de boucher les trous laissés par ceux qui rechignent à courir.
Étonnant aussi le peu de crédit accordé à un Gameiro, remplaçant contre Valence alors qu’Ibrahimovic était suspendu et Ménez blessé, et surtout la cote, pour ne pas dire la protection, dont jouit un Pastore.
Contre les Espagnols, l’ex-Lorientais, qui n’a jamais démérité quand le technicien italien a fait appel à lui, a dynamité le jeu de son équipe à son entrée et a permis d’égaliser. Avec cinq buts en quatre titularisations, il affiche un beau rapport présence/efficacité.
Ménez, lui, s’est mis à grogner après la perte de son statut causée par l’arrivée de Lucas... et cela n’a pas plu à Ancelotti.
L’attaquant a ainsi été titulaire trois fois en neuf matches depuis janvier, quand il avait commencé 16 fois lors des 19 premières journées.
Et maintenant que le Brésilien de 20 ans, en dedans depuis plusieurs semaines alors qu’il est en phase d’intégration, est blessé, cela va être compliqué de dire à Ménez qu’il est indispensable au projet.
Priorité à la légion étrangère
Fallait-il alors titulariser l’ex-joueur de São Paulo sans discontinuer depuis la 20e journée alors qu’il n’a toujours pas marqué ?
De façon générale, les Français semblent être devenus la variable d’ajustement du PSG, quand ils ne sont pas sacrifiés sur l’autel du résultat.
Les cas de Sakho et Chantôme sont aussi instructifs. Le premier, à force d’être barré par Alex, pourrait changer d’air cet été alors qu’il est titulaire, et plutôt bon, en Bleu. Et si Ancelotti, qui doute de lui depuis le début, lui reproche quelques buts encaissés, le lent mais expérimenté Alex a aussi son lot de casseroles, comme lors de la défaite à Nice.
Quant à Chantôme, il est désormais exilé à droite quand Ancelotti se décide à faire jouer Beckham, pour épauler l’Anglais de 37 ans et le dégager de certaines tâches défensives.
Car face à la pression présidentielle, Ancelotti, qui a toujours préféré les joueurs « âgés » aux plus jeunes, a peut-être pris conscience de sa maigre marge de manœuvre et, doutant des joueurs français, mise sur sa légion étrangère.
Mais, comme la crise de novembre l’a rappelé, c’est un jeu qui reste dangereux dans un vestiaire toujours susceptible sur la question du rapport nationalité/temps de jeu.


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