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Diplomanies

Incompétence, incohérence, culte du mensonge, et on en passe : on croyait avoir fini de recenser les tares congénitales de l’actuel gouvernement, qui continue de jouir néanmoins du soutien de la majorité parlementaire. Restait à relever, chez maints de ses membres (et non des moindres), une absence effarante de dignité. D’amour-propre. De respect, sinon pour leur petite personne, du moins pour la haute fonction que, pour notre malheur, ils occupent.

Le très partisan chef de la diplomatie libanaise n’a jamais fait secret de ses sympathies pour le régime sanguinaire de Syrie. Ses opinions le regardent, il est vrai, mais seulement aussi longtemps qu’il les conserve pour lui-même en se conformant à la ligne officielle que s’est fixée l’État. Or c’est en tant que représentant du Liban que le ministre, siégeant il y a quelques jours au conseil ministériel de la Ligue arabe au Caire, se hasardait à réclamer la levée de la quarantaine frappant la Syrie. Il en a été pour ses frais, bien sûr, puisque non contents de rabrouer le téméraire, les congressistes ont offert le siège vacant de la Syrie aux révolutionnaires de ce pays, à charge pour ceux-ci de se doter d’un organe exécutif : autrement dit d’un gouvernement en exil.

Le scandale n’est pas que Adnane Mansour se prenne pour le seul bâtisseur de la politique étrangère libanaise et qu’à peine rentré à Beyrouth il persiste et signe, défendant âprement ses vues, affirmant n’avoir agi que dans l’intérêt du pays. Le scandale, c’est la réaction frileuse, timorée, du Premier ministre Nagib Mikati. Qui, la veille encore pourtant, fanfaronnait à la télévision, mais qui s’est bien gardé de désavouer explicitement et publiquement le téméraire, se contentant de lui adresser une missive écrite pour le rappeler à son obligation de retenue.

Quant aux dégâts, ils ne se limitent guère hélas à l’isolement absolument sans précédent dans lequel s’est retrouvé le Liban au sein du monde arabe. C’est une sommation des plus courtoisement et même affectueusement libellées certes, mais une véritable sommation quand même, que les États pétroliers du Golfe viennent d’adresser à l’État libanais pour le ramener à son engagement formel de neutralité dans le conflit syrien. Visiblement excédés par les dérives d’un Hezbollah qui combat ouvertement aux côtés des troupes de Bachar el-Assad, comme par les outrances très peu diplomatiques de ce qui nous sert de diplomatie, ces royaumes ne nous menacent d’aucune sorte de violence. Ils ne font que rappeler à notre souvenir la présence, sur leur sol, de centaines de milliers d’expatriés libanais partis y quêter des moyens de subsistance devenus plutôt rares dans la mère patrie.

Ce gouvernement n’est plus seulement indigne. Politiquement aventureux, il est désormais aussi économiquement dangereux : deux raisons plutôt qu’une pour qu’il se décide à partir.

Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb

Incompétence, incohérence, culte du mensonge, et on en passe : on croyait avoir fini de recenser les tares congénitales de l’actuel gouvernement, qui continue de jouir néanmoins du soutien de la majorité parlementaire. Restait à relever, chez maints de ses membres (et non des moindres), une absence effarante de dignité. D’amour-propre. De respect, sinon pour leur petite personne, du moins pour la haute fonction que, pour notre malheur, ils occupent.Le très partisan chef de la diplomatie libanaise n’a jamais fait secret de ses sympathies pour le régime sanguinaire de Syrie. Ses opinions le regardent, il est vrai, mais seulement aussi longtemps qu’il les conserve pour lui-même en se conformant à la ligne officielle que s’est fixée l’État. Or c’est en tant que représentant du Liban que le ministre, siégeant il...