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Nos lecteurs ont la parole

La musique aux pays de la Sougourtha

Môhieddine SALÂDDELOUKOUMalâdde
Délaissant la gépolitique pour d’évidentes raisons de sécurité, notre correspondant au Levant, Môhieddine Salâddeloukoum, après avoir produit divers comptes rendus sur la situation dans cette région, s’est tourné vers des domaines plus proches du patrimoine populaire : traditions, cultures, rites...
Ci-suit une brève description de la musique levantine en pays de Syranie, de la plume de notre correspondant. Si le jargon vous est incompréhensible, faites-vous aider d’un connaisseur en mazzécologie.
La musique levantine – comme d’ailleurs toute la musique arabe – est très simple pour ne pas dire simplifiée, voire dénuée, bien que riche d’un éventail de gammes, les maqâm (130 à 150), dont à peine le tiers est exploité. Musique simple, dis-je, car c’est très simple : au Levant, il y a les baassistes et il y a les contre-baassistes.
Oui, des cordes et rien que des cordes – alors que c’est une région bien tempérée – pour mieux vous tenir en laisse ; en outre, ça facilite
l’orchestration :
- On ne souffle pas !
- On ne pianote pas !
- On ne tambourine pas !
Ce serait très mal interprété. On vous accusera de fausse note. Même si elle est sous-entendue. Et vous ne serez pas à une syncope près. On n’aime pas les couacs au Levant. (C’est dommage car c’est une très bonne bière, belge de surcroît).
C’est donc pour cette raison que dans tous les orchestres arabes, les musiciens jouent à l’unisson – au niveau mélodique, cela va sans dire, car au niveau des archets...
D’ailleurs, la musique levantine elle-même est monophonique. Pas de polyphonie, bien que les accords majeurs et mineurs pullulent mais s’en trouvent toujours diminués: de l’accord du Caire à celui de Doha, en passant par l’accord de Taëf, tout n’est qu’harmonie, aux dires des accordeurs. Preuve en est de cette caractéristique musicale bien levantine mais d’origine occidentale : le triolet, c’est-à-dire, un groupe de trois cloches pointées (la troïka) qui, dans tous les arrangements mazzécaux, convergent vers une note unique :
- Un seul son, pas d’harmoniques.
- Une seule voix : His Master’s Voice.
- Pas de contre-chant.
Car il faut savoir mesurer la portée des notes en sachant lire entre les interlignes. C’est le propre du déchiffrage. Et l’important, c’est d’avoir la bonne clef – avec la bonne armature – dont la plus importante est la clef du sol. Sinon, on aura vite fait de vous imposer une partition de silences, laquelle finit souvent en point d’orgue. Vous aurez donc bien du mal à redémarrer au quart de ton et par conséquent la chorale à cœur choit. C’est pourquoi les amateurs de contrepoint ont vite fait de préférer la fugue parce que, comme le temps ne compte pas trop dans cette partition, ils n’ont pas très envie d’aller rapprendre à battre la mazzéüre. Les autres se sont recyclés dans la forgerie car – et c’est la seule note bien sonnante dans cette cacophonie – les cuivres sont les seuls instruments autorisés, plus particulièrement les trompettes, car, à en croire une légende régionale, ce sont les seules à pouvoir faire trembler et s’écrouler les murs de Jéricho.
Ah ! Les mystères de l’or riant !
En tout cas, on ne s’entend plus ! Alors, en avant la
musique !

Môhieddine SALÂDDELOUKOUMalâdde

Traduit du syranien par Serge GÉLALIAN
Délaissant la gépolitique pour d’évidentes raisons de sécurité, notre correspondant au Levant, Môhieddine Salâddeloukoum, après avoir produit divers comptes rendus sur la situation dans cette région, s’est tourné vers des domaines plus proches du patrimoine populaire : traditions, cultures, rites...Ci-suit une brève description de la musique levantine en pays de Syranie, de la plume de notre correspondant. Si le jargon vous est incompréhensible, faites-vous aider d’un connaisseur en mazzécologie.La musique levantine – comme d’ailleurs toute la musique arabe – est très simple pour ne pas dire simplifiée, voire dénuée, bien que riche d’un éventail de gammes, les maqâm (130 à 150), dont à peine le tiers est exploité. Musique simple, dis-je, car c’est très simple : au Levant, il y a les baassistes et...
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