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Massacre de Sabra et Chatila : Sharon craignait des accusations de génocide

L'ancien ministre de la Défense, devenu deux décennies plus tard Premier ministre, avait été limogé du gouvernement.

L'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon avait lancé l'invasion du Liban en 1982. Photo d'archives AFP

L’ancien Premier ministre israélien, Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis plusieurs années, craignait des accusations de génocide et des demandes d’indemnisation pour le massacre perpétré dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila au Liban en 1982, selon des documents tirés des archives nationales et publiés jeudi par le quotidien israélien Haaretz.

 

En février 1983, révèlent les document, le gouvernement israélien s'est réuni pour discuter les résultats de la commission israélienne Kahan, chargée d'enquêter sur les massacres de Sabra et Chatila. En 1982, les troupes israéliennes menaient une invasion du Liban et Ariel Sharon était ministre de la Défense.

 

Arrivant en retard à la réunion du gouvernement, M. Sharon s’est lancé dans un discours en forme de réponse au rapport de la commission. "J’ai eu la chance de le lire de manière approfondie, et il y a assurément certaines parties que nous devrions adopter. Toutefois, nous ne pouvons accepter certaines sections", a-t-il dit. "Je suis arrivé à la conclusion que certaines parties devraient être rejetées par le gouvernement. Il y a des parties dans ce rapport que nous, juifs, citoyens d’Israël et ministres du gouvernement, ne pouvons accepter", a ajouté M. Sharon.

 

Il a particulièrement critiqué la détermination de la commission d’enquête à souligner le fait que les responsables civils et militaires israéliens avaient occulté les risques d’un tel massacre.

"Le mot +occulter+ implique que cela a été commis en connaissance de cause. Cela inclut tous ceux qui sont assis autour de cette table qui ont comparu devant la commission, notamment vous M. le Premier ministre (Menachem Begin). La commission a spécifiquement souligné qu’il y avait non seulement un risque de massacre, mais que nous tous le savions et l’avons occulté".

 

M. Sharon a alors soulevé la question des indemnisations et accusations de génocide, si le gouvernement acceptait le fait qu’il était conscient des risques de massacres à Sabra et Chatila. "Les gens qui nous veulent du mal, et je l’ai déjà entendu, diront que ce qui s’est passé dans les camps était un génocide. J’ai entendu cela de Rachad el-Chawa, ancien maire de Gaza", a-t-il souligné, lors de ce même Conseil des ministres.

 

L’ancien Premier ministre a alors lu au gouvernement les statuts de 1950 contre le génocide et avertit qu’à son avis, les responsables du gouvernement "pouvaient tous être considérés comme complices dans le massacre".

Pour illustrer son propos, il a poursuivi, rapporte le Haaretz : "Nous avons tous appelé à (ce massacre), nous l’avons tous rendu possible en demandant (aux milices chrétiennes libanaises) de rentrer dans les camps. Nous étions présents, nous avons bouclé la région et évacué les blessés. Nous avons gardé des unités dans la région pour être sûrs que la mission avait été bien menée et dans le cas où (les milices) rencontreraient des difficultés et auraient besoin d’aide pour s'en sortir".

 

A partir de là, M. Sharon a demandé au gouvernement de rejeter cette partie de l’enquête. "Je rejette la conclusion affirmant qu’il y avait une menace persistante d’effusion de sang là où se trouveraient les phalangistes. Nous avons reconnu que pendant l’opération Paix en Galilée, dans le cadre de laquelle (les milices chrétiens libanaises) avaient combattu auprès de nos forces, elles avaient agi de manière appropriée", a-t-il estimé.

 

"Concernant mes prétendues erreurs, l’accusation la plus sérieuse concerne le fait que je n’ai pas anticipé ce qui pouvait se passer avec l’entrée des milices dans les camps. La commission a tenté de se mettre à ma place et de comprendre mes ordres. Elle a indiqué qu’en tentant de protéger la vie de soldats israéliens et en permettant l’entrée de miliciens dans le camp, je n’ai pas évalué proprement les conséquences de tels actes", a poursuivi M. Sharon.

"M. le Premier ministre, je ne considère pas comme une erreur le fait d’avoir pris une décision pour protéger la vie de nos soldats. Ceci devrait être notre première préoccupation. Je répèterai cela à chacun d’entre vous avant qu'il ne demande ma tête".

 

M. Sharon a alors appelé le gouvernement à demander son départ, parce qu’il ne démissionnerait pas de son propre chef. "Je suis prêt à me porter volontaire s'il le faut pour aller combattre et défendre les juifs n’importe où dans le monde, mais ne me demandez pas de me suicider", a-t-il dit.

Le gouvernement avait finalement approuvé le rapport Kahan allant à l’encontre des recommandations de M. Sharon qui fut limogé. Deux décennies plus tard, il revenait à la tête d'un gouvernement.

 

Pour mémoire

Dans le coma, Ariel Sharon montre des signes de conscience

L’ancien Premier ministre israélien, Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis plusieurs années, craignait des accusations de génocide et des demandes d’indemnisation pour le massacre perpétré dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila au Liban en 1982, selon des documents tirés des archives nationales et publiés jeudi par le quotidien israélien Haaretz.
 
En février 1983, révèlent les document, le gouvernement israélien s'est réuni pour discuter les résultats de la commission israélienne Kahan, chargée d'enquêter sur les massacres de Sabra et Chatila. En 1982, les troupes israéliennes menaient une invasion du Liban et Ariel Sharon était ministre de la Défense.
 
Arrivant en retard à la réunion du gouvernement, M. Sharon s’est lancé dans un discours en forme de réponse au rapport de la...
commentaires (2)

On oublie quand il s'agit de crimes commis par les dirigeants sionistes et on oublie jamais quand des crimes sont commis par les "autres" contre eux ou contre ceux qu'ils manipulent. J'ai été circonspect de savoir que c'est une comisssion israelienne qui décide de ce qu'un rapport peu révéler ou pas, pour blanchir ou condamner. Et il y aura toujours qui vous diront, faut pas voir la main sioniste partout ! les pauvres !

Jaber Kamel

05 h 50, le 23 février 2013

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Commentaires (2)

  • On oublie quand il s'agit de crimes commis par les dirigeants sionistes et on oublie jamais quand des crimes sont commis par les "autres" contre eux ou contre ceux qu'ils manipulent. J'ai été circonspect de savoir que c'est une comisssion israelienne qui décide de ce qu'un rapport peu révéler ou pas, pour blanchir ou condamner. Et il y aura toujours qui vous diront, faut pas voir la main sioniste partout ! les pauvres !

    Jaber Kamel

    05 h 50, le 23 février 2013

  • Tfou 3al onu et sur tous ceux qui ont participé de près ou de loin au massacre de Sabra et Chatila. Ce crime qui n'a pas encore connu la moindre forme de justice, ne sera jamais oublié ni pardonné!! Ironie du sort; je voudrais rappeler ici, qu'a la fin de la 2ème guerre mondiale, les rescapés de l'holocauste avait justement dit: On oubliera pas, on ne pardonnera pas!

    Ali Farhat

    17 h 36, le 22 février 2013

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