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Nos lecteurs ont la parole

Modifier la loi; les mentalités suivront

Nabil FAYED
Monsieur le Professeur Charles Baddoura
Vous avez été élu récemment président de la Société libanaise de psychiatrie.
Les psychiatres sont considérés comme les référents de notre santé mentale.
Le dictionnaire dit que l’homosexuel est celui qui éprouve une attirance pour une personne du même sexe. Il n’est question ni de perversion, ni de délit, ni de crime.
Sans aller jusqu’à faire l’historique de l’évolution du regard que la société a jeté sur l’homosexualité, je cite deux dates: en 1974, le DSM4 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), qui est l’ouvrage de référence des psychiatres américains, a supprimé l’homosexualité de la liste des maladies mentales (déjà il n’était plus question de délit ou de crime). L’OMS, en 1991, a emboîté le pas. Mais tout cela semble relever de la préhistoire...
On dira que modifier la loi ne changera pas les mentalités. Mais il faut bien commencer quelque part. On commence par modifier la loi, les mentalités suivront avec plus ou moins de retard.
Il y a quelques jours, l’Assemblée nationale française a légalisé le mariage entre personnes du même sexe. D’ailleurs, la plupart des pays évolués ont adopté cette politique. Même l’Argentine, réputée machiste, reconnaît maintenant le mariage homosexuel. Les homosexuels libanais n’en demandent pas tant, ils souhaitent simplement la dépénalisation de l’homosexualité et la suppression de l’article 534.
Avec l’autorité que vous confère votre statut de médecin et de président de la Société libanaise de psychiatrie, vous pouvez assurer les législateurs, notamment les membres de la commission parlementaire des Droits de l’homme, que l’homosexualité est un comportement que les psychiatres ne considèrent pas comme une pathologie.
À eux de présenter un projet de loi abolissant l’article 534. Le Liban a tout à gagner de cette initiative. Il est probablement inutile d’énumérer ici toutes les vexations et les humiliations qu’affrontent les homosexuels dans notre pays, de rappeler que leur logement et leur travail sont continuellement précarisés par leur statut d’homosexuel. Il faudrait que cela cesse.

Nabil FAYED
Monsieur le Professeur Charles BaddouraVous avez été élu récemment président de la Société libanaise de psychiatrie.Les psychiatres sont considérés comme les référents de notre santé mentale.Le dictionnaire dit que l’homosexuel est celui qui éprouve une attirance pour une personne du même sexe. Il n’est question ni de perversion, ni de délit, ni de crime. Sans aller jusqu’à faire l’historique de l’évolution du regard que la société a jeté sur l’homosexualité, je cite deux dates: en 1974, le DSM4 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), qui est l’ouvrage de référence des psychiatres américains, a supprimé l’homosexualité de la liste des maladies mentales (déjà il n’était plus question de délit ou de crime). L’OMS, en 1991, a emboîté le pas. Mais tout cela semble relever...
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