Le Moyen-Orient poursuit sa révolution. Les chrétiens arabes vivent avec la peur au ventre.
La relation avec l’islam est toujours au cœur des inquiétudes.
Les révolutions en cours sont chahutées ; elles faciliteraient la mainmise des intégristes sur les pouvoirs naissants.
De nombreux chrétiens sont tiraillés entre le « cœur » et la « raison ».
De cœur, ils ne peuvent être que du côté des aspirations populaires ; alors que la « raison » leur dicterait une attitude plus prudente.
C’est que les autres ne leur facilitent pas le choix non plus ! Dans de nombreuses régions, des voix menaçantes se font entendre, et des législations inquiétantes se laissent deviner derrière l’humanisme affiché.
La perte des régimes « protecteurs » se conjugue à un déclin démographique accompagné d’une récession économique. Et voilà la terrible équation à affronter : peur « déclin » crise ; ça ne peut aboutir qu’à un aller simple sans retour.
Le choix est en effet difficile : rester et soutenir les changements en cours ; rester et soutenir les dictatures encore en place, comme celle des Assad en Syrie ; partir et chercher à refaire son avenir sous des ciels plus cléments.
Le choix le plus mauvais consisterait à s’opposer à la majorité environnante ; et il est mauvais aussi bien pour des motifs de cœur que de raison.
De cœur d’abord. On ne peut accepter de voir un peuple écrasé par la peur et la violence, privé de sa liberté et de ses droits. Il y va de nos valeurs chrétiennes et de nos valeurs d’hommes tout court.
De raison ensuite. La victoire appartiendra tôt ou tard aux révolutions en marche.
Reste à choisir entre l’exil et la révolution. De nombreux chrétiens semblent avoir opté pour l’exil avec une version édulcorée : une sortie « provisoire ».
Les chrétiens du Liban ont une responsabilité historique à ce niveau. Il leur incombe de tracer la voie à suivre car ils ont toujours représenté le « phare » des chrétiens orientaux. Même s’ils n’ont aucune prise directe sur les événements, leur prise de position est un indicateur majeur pour tous les chrétiens de la région.
S’ils restent craintifs et peureux face aux bouleversements en cours, ils auront contribué, indirectement, à vider l’Orient de ses chrétiens. Si, au contraire, ils affirment haut et fort leur soutien aux peuples en lutte pour leur liberté, ils auront aidé leurs coreligionnaires à se « boulonner » sur leurs terres en se mettant au diapason des masses musulmanes en révolte.
Même s’il est vrai que les risques de dérapage des nouveaux régimes existent, le meilleur moyen de les juguler ne consiste-t-il pas à coller au plus près aux nouveaux conducteurs ?
Par ailleurs, même si les chrétiens du Liban connaissent les mêmes difficultés que leurs coreligionnaires, avec peut-être la violence en moins, ils bénéficient quand même d’un atout de taille par rapport aux autres. Cet atout majeur a un nom, une identité, une histoire, des partisans.
Son nom est le Grand Liban.
C’est grâce au Grand Liban que la faiblesse des chrétiens est devenue leur force.
N’est-ce pas eux qui sont devenus les arbitres incontestés de l’équilibre entre les deux fractions ennemies de l’islam ? Que les chrétiens penchent d’un côté ou de l’autre, et voilà le pays fonçant droit vers l’inconnu. Qu’ils cherchent à préserver l’équilibre entre tous, et voilà le pays engagé sur la voie de l’apaisement.
Ce point central demande toutefois à être renforcé et élargi jour après jour. Les chrétiens doivent reprendre le flambeau du nationalisme pur et dur en l’élargissant aux autres composantes de la société. Plus il y a de citoyens qui se sentent libanais avant tout, et plus les chrétiens et tous les autres y gagneront en stabilité, condition sine qua non pour gérer les données démographiques et économiques du pays.
À quelques années du centenaire du Grand Liban, nous ne remercierons jamais assez les pères fondateurs qui, par inadvertance peut-être, ont donné aux chrétiens les outils de leur pérennité sur la terre de leurs ancêtres.
N’ayons pas peur de l’avenir. Nous étions seuls à défendre le Grand Liban dans un Proche-Orient encore sous les bottes des dictatures.
Le Grand Liban saura protéger tous ses enfants et sera le « phare » de tous dans un Proche-Prient « printanier ».


Deux négations ne font pas une Nation. Deux négations ne font pas aussi un parallèle, même marsien. Qu'en est-il quand les négations sont multiples au coeur même des formations ? Les décisions naissent estropiées... Aveugles, Sourdes, Muettes, et ça va sans dire... C'EST CE QUE NOUS VIVONS...
11 h 26, le 15 février 2013