Dans un quartier d’Alep, des rebelles prennent position pour affronter les troupes loyalistes. Aamir Qureshi/AFP
Le président syrien Bachar el-Assad a procédé samedi à un remaniement ministériel au moment où le conflit dévastateur continue de faire rage. M. Assad, qui a déjà procédé à plusieurs remaniements depuis le début de la révolte, a ainsi décidé de séparer les ministères du Travail et des Affaires sociales et de changer les titulaires des portefeuilles du Pétrole, des Finances, de l’Habitat, de l’Agriculture et des Travaux publics. Les dommages infligés à l’économie par le conflit représentent 55 % du produit intérieur brut (PIB), il y a pénurie d’essence, de fréquentes pannes d’électricité et une inflation dépassant 50 % en glissement annuel. La Banque mondiale a également parlé d’une contraction de 20 % du PIB, d’un déficit des comptes courants constituant 7,1 % du PIB et d’un taux de chômage de 37 %. Selon l’ONU, la production du secteur agricole, qui emploie près de 40 % de la population, a baissé de moitié.
Malgré ce contexte d’incertitude et de guerre, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a déclaré samedi que Bachar el-Assad peut encore se maintenir au moins deux ans au pouvoir malgré les prédictions américaines de chute imminente. « Je connais très bien la Syrie », ajoute cet homme considéré comme proche des chiites au pouvoir en Iran, principal pays allié de Damas. Nouri al-Maliki a toutefois toujours pris soin de ne pas prendre ouvertement parti dans le conflit opposant le régime Assad et la majorité sunnite qui a pris les armes.
Au niveau de l’opposition, le chef de la Coalition de l’opposition, Ahmad Moaz el-Khatib, a regretté hier que le régime syrien n’ait pas répondu favorablement à son offre de dialogue. « Le régime a manqué une occasion rare d’entamer un dialogue, adressant ainsi un message très négatif tant à l’intérieur qu’à l’extérieur », a dit M. Khatib sur sa page Facebook, ajoutant qu’il laisserait le soin « au comité politique provisoire de la Coalition de donner une suite » à ce refus.
(Portrait : Ahmed Moaz al-Khatib, chef iconoclaste de l'opposition syrienne)
Pas de répit
Sur le terrain, les combats ne connaissent pas de répit. Des raids aériens ont visé la province de Damas et des combats ont eu lieu dans l’est de la capitale, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins. Dans la capitale même, le domicile d’Ahmad Moaz el-Khatib aurait été incendié par des inconnus, selon des militants.
Pendant ce temps, l’aviation du régime a bombardé les environs de l’aéroport militaire Menagh près d’Alep, dans le Nord, où les insurgés, qui tentaient d’y avancer, se sont affrontés au sol avec les soldats, a-t-elle ajouté. Dans la ville même d’Alep, des combats ont opposé des combattants kurdes aux forces gouvernementales et à leurs milices, a encore précisé l’OSDH. Les bastions rebelles dans la province centrale de Homs ont été aussi la cible de bombardements.
Toujours dans le Nord, des rebelles islamistes se sont emparés hier d’une position d’artillerie à Taqba, dans la province septentrionale de Raqa, tandis que des insurgés ont bombardé avec leurs chars une brigade de l’armée dans la province de Deir ez-Zor, d’après l’OSDH. Cette base et l’aéroport militaire, lui-même encerclé, sont les deux principales positions des forces du régime dans cette localité de l’est du pays, alors que la province éponyme, désertique mais recelant des champs de pétrole, est largement contrôlée par les insurgés, selon l’ONG.
(Pour mémoire: Ban : Assad aurait pu arrêter la violence depuis longtemps)
Incidents avec Front el-Nosra
Alors que les islamistes affrontent les forces loyalistes du régime, les incidents les opposant aux habitants de certains villages semblent se multiplier. En effet, au moins quatre incidents ont opposé en moins d’une semaine des combattants du groupe jihadiste du Front el-Nosra à des villageois, a-t-on appris hier de sources concordantes. Ces altercations, dont l’une a failli dégénérer en affrontement armé, ont eu lieu dans la région d’Atme, base arrière de la rébellion dans la province d’Idleb. « Chaque jour qui passe maintenant, il y a ce genre d’incident avec ces gens qui veulent nous imposer leur façon d’être. Ils commencent à nous poser problème », a commenté un notable d’Atme.
Selon un bilan provisoire de l’OSDH, les violences ont fait hier au moins 50 morts – 23 civils, 20 soldats, 17 rebelles – à travers le pays. Samedi, le bilan s’était élevé à 125 morts, dont 52 civils.
Enfin, la police jordanienne a fait usage hier de gaz lacrymogènes pour disperser des réfugiés syriens qui ont blessé un policier en attaquant l’entrepôt d’une association caritative norvégienne distribuant de l’aide humanitaire dans un camp du nord du pays.
(Sources : agences et rédaction)
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Dans un Dialogue TOUS, oui TOUS, sans exception aucune, devraient faire des concessions pour que cette sale guerre fratricide s'arrête et les catastrophes bibliques avec elle. Le premier pas et la première responsabilité revient au régime...
13 h 02, le 12 février 2013