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À La Une - Grande-Bretagne

Sexe, mensonges et politique

La chute de l’ex-ministre Chris Huhne, une vengeance de sa femme trompée.

Chris Huhne et sa compagne Carina Trimingham quittant le tribunal à Londres. Paul Hackett/Reuters

Dans un procès mêlant sexe, mensonges et politique, l’ancien ministre britannique Chris Huhne, tombé en disgrâce à propos d’un excès de vitesse, voit jour après jour les détails de sa vie conjugale exposés par son ex-femme, « meurtrie » d’avoir été abandonnée pour une autre.


Tout commence par une infraction routière : en mars 2003, la voiture du député européen libéral-démocrate Chris Huhne est flashée au-dessus de la limitation de vitesse dans les environs de Londres. L’homme politique est soupçonné d’avoir alors demandé à sa femme, Vicky Pryce, une économiste réputée, de se présenter comme la conductrice et de prendre les points de pénalité à sa place, pour ne pas risquer de perdre son permis. Une fausse déclaration à la police, délit passible de prison, qui vaut aujourd’hui au couple d’être poursuivi en justice.

 

Mais l’affaire n’éclate au grand jour que sept ans plus tard, quand Chris Huhne, devenu ministre de l’Énergie et du Changement climatique dans le gouvernement de coalition de David Cameron, quitte sa femme pour s’installer avec l’une de ses collaboratrices. L’épouse délaissée décide de se venger, en révélant l’histoire aux médias. « Je veux vraiment le coincer », expliquait-elle en mars 2011 dans un mail à une journaliste du Sunday Times. Un mois plus tard, elle enregistre plusieurs de ses conversations téléphoniques avec son mari pour tenter de le faire avouer, sans succès. « Vicky était une femme très, très meurtrie et elle estimait clairement que Chris, son ancien mari, ne méritait pas d’avoir les responsabilités qui étaient les siennes à l’époque », a témoigné la journaliste Isabel Oakeshott.


L’histoire est finalement publiée dans la presse en mai 2011, suscitant un scandale qui contraint Chris Huhne, membre de poids du parti « lib-dem » dirigé par Nick Clegg, à quitter le gouvernement en février 2012. Après des mois de dénégations publiques, il a fait volte-face lundi. Au premier jour de la comparution du couple devant le tribunal, il a plaidé coupable d’« entrave au cours de la justice ». Cet aveu tardif met fin à son propre procès et donnera lieu à une condamnation ultérieurement. Il a aussi annoncé qu’il renonçait à son poste de député d’Eastleigh (Hampshire). À 58 ans, cet ancien journaliste aux cheveux grisonnants, passé par Oxford, voit sa carrière politique s’effondrer. Cette démission va entraîner une élection partielle le 28 février, qui promet une lutte entre tories et lib-dems et des tensions au sein de la coalition au pouvoir.


Le procès de son ex-épouse a suivi en revanche son cours. Cette femme de 60 ans, d’origine grecque, plaide non coupable, affirmant que son mari l’a contrainte à prendre les points de pénalité à sa place. Devant le tribunal, elle a décrit « le choc » qu’elle avait ressenti quand son mari lui avait annoncé lors d’une mi-temps de football qu’il mettait fin à leurs 26 ans de mariage, en raison d’une liaison avec l’une de ses conseillères, Carina Trimingham. « Il m’a dit : il faut que je te dise quelque chose. Un journal m’a surpris avec une maîtresse et je dois rédiger un communiqué pour annoncer notre séparation », a-t-elle affirmé. Elle a raconté son incrédulité en apprenant l’identité de cette maîtresse : Carina « était venue à la maison, elle m’avait été présentée comme étant lesbienne et avait une partenaire, une femme (...) J’ai ri, cela paraissait tellement grotesque ». Cette mère de cinq enfants, qui se présente comme une victime de son ex-mari, a aussi expliqué, en larmes, que Chris Huhne l’avait à force de pressions conduite à subir un avortement en 1990. Le procès a aussi révélé des SMS échangés entre Chris Huhne et l’un de ses fils, montrant la rancœur de ce dernier à l’égard de son père.


Femme « faible » ou « manipulatrice » ? Selon les termes du procureur Andrew Edis, c’est sur la personnalité de Vicky Pryce que devront se prononcer les douze jurés...

(Source : AFP)

Dans un procès mêlant sexe, mensonges et politique, l’ancien ministre britannique Chris Huhne, tombé en disgrâce à propos d’un excès de vitesse, voit jour après jour les détails de sa vie conjugale exposés par son ex-femme, « meurtrie » d’avoir été abandonnée pour une autre.
Tout commence par une infraction routière : en mars 2003, la voiture du député européen libéral-démocrate Chris Huhne est flashée au-dessus de la limitation de vitesse dans les environs de Londres. L’homme politique est soupçonné d’avoir alors demandé à sa femme, Vicky Pryce, une économiste réputée, de se présenter comme la conductrice et de prendre les points de pénalité à sa place, pour ne pas risquer de perdre son permis. Une fausse déclaration à la police, délit passible de prison, qui vaut aujourd’hui au couple...
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