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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Bouclette et frisette

« Cherchez la femme », disait Alexandre Dumas père. Chez nous depuis lurette, c’est plutôt « cherchez le barbu ». Que le poil soit bouclé façon mollah iranien, ou frisotté à la mode saoudo-salafiste, le pays croule sous le système pileux au fond duquel les imberbes deviennent une espèce rare en voie de disparition.
Le Gangnam Style de la semaine a tourné autour de deux animations : Boutros de Batroun, qui a accusé un juge de rouler pour le Hezbollah et juré de lui faire bouffer sa demande de levée de son immunité parlementaire, et la razzia de Ersal où des excités de la chemise de nuit et des babouches se sont autopromus bouchers ès militaires. Deux épisodes qui n’ont apparemment rien à voir, mais qui remettent la touffe à l’avant-plan des préoccupations nationales.
Dans le premier cas, un fonctionnaire concentrant en lui toutes les boursouflures de l’ego théâtral. Beaucoup trop payé pour ce qu’il fait, mais pas assez pour ce qu’il s’ennuie, il était là à guetter le moindre borborygme de traviole de Messire Harb devant une caméra pour se lâcher et lyncher. Bref, le tenant d’une justice qui, si elle ne va pas jusqu’à recevoir d’instruction du parti barbu, ne rate pas en revanche l’occasion d’aller au-devant de ses moindres désirs.
Dans le deuxième cas, une horde d’allumés qui ont fait le plein d’opium du peuple et fument Dieu directement sans filtre. Leur palmarès est édifiant : ils kidnappent, torturent et égorgent... Mais tout cela ne compte pas, vu qu’ils font des compils de prières, ne boivent pas d’alcool et sont privés à vie de valse au bal de Vienne. De plus, ils posent leurs conditions avant de se livrer. Les assassins de nos contrées ont de l’amour-propre.
Gageons que, comme d’habitude, l’État prendra tout son temps pour traiter ces deux dossiers. Mais rien ne presse. Faut juste attendre que les ronds-de-cuir en charge aient fini de les apprendre par cœur, avant de les déclamer en alexandrin à la prochaine fête des mères.

 

gabynasr@lorientlejour.com

« Cherchez la femme », disait Alexandre Dumas père. Chez nous depuis lurette, c’est plutôt « cherchez le barbu ». Que le poil soit bouclé façon mollah iranien, ou frisotté à la mode saoudo-salafiste, le pays croule sous le système pileux au fond duquel les imberbes deviennent une espèce rare en voie de disparition.Le Gangnam Style de la semaine a tourné autour de deux animations : Boutros de Batroun, qui a accusé un juge de rouler pour le Hezbollah et juré de lui faire bouffer sa demande de levée de son immunité parlementaire, et la razzia de Ersal où des excités de la chemise de nuit et des babouches se sont autopromus bouchers ès militaires. Deux épisodes qui n’ont apparemment rien à voir, mais qui remettent la touffe à l’avant-plan des préoccupations nationales. Dans le premier cas, un fonctionnaire...
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