Ô temps ! Envoyez-nous un Lincoln antiesclavagiste qui affranchira les esclaves et libérera les hommes libres de ce qui les rend esclaves. Esclaves d’une culture indigeste, de préjugés, de règles stagnantes, de lois sectaires, de blabla creux et atones.
Envoyez un Lincoln épris de liberté qui libérera l’Homo libanius de son instinct grégaire, de son instinct primaire, de son ego, de son sentiment d’être toujours le meilleur alors qu’il est si peu dans cet océan d’humanité abondante et fructueuse .
Envoyez-nous un Lincoln, père de la patrie, pour nous apprendre la modestie, l’humilité, la foi en un avenir meilleur, la foi en l’homme et pour apprendre aux hommes d’État ce qu’est vraiment de conduire son peuple. « Travailler pour les millions d’enfants pas encore nés », dit-il dans le film de Spielberg.
Envoyez-nous ce Lincoln, visionnaire qui aura une vision juste pour mener ces masses informes vers la lumière et hors des couloirs des ténèbres de la petite politique mesquine. Ces moutons de Panurge qui bêlent sans pourtant faire écho dans les pages de l’histoire. D’ailleurs, qui écoutera notre histoire si on ne l’écrit pas de nos propres mains, correctement et en caractères lisibles ?
Ô temps ! Envoyez-nous un Lincoln bienfaisant qui placera les intérêts de son peuple avant les siens, même au détriment de sa vie. Pour qui le futur sera le résultat du présent. Qui saura que le vote d’une loi électorale au XXIe siècle ne doit pas susciter une guerre puisque un amendement (et quel amendement historique ! ) de la Constitution au XIXe siècle a su l’arrêter.
Cris et plaintes semblent rebondir sur les plis du temps sans y laisser de trace, et cette époque libanaise n’a jamais semblé aussi moyenâgeuse. Assourdi par tant de bruit et de chahut, de piaillements chaotiques de charabias et de galimatias, ce temps, d’habitude à l’écoute, s’est probablement bouché les oreilles.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve