La sous-commission chargée d'étudier les projets de loi électorale lors de sa dernière réunion le 29 janvier 2013 au Parlement. Photo Sami Ayad
La sous-commission parlementaire chargée d'étudier le dossier de la loi électorale a tenu mardi sa dernière réunion au Parlement, à Beyrouth, afin d'examiner le rapport résumant ses travaux.
A l'issue de la réunion, le président de la sous-commission, Robert Ghanem, a déclaré que l'impression négative qui s'était dégagée de la réunion de la semaine dernière n'est pas la bonne, soulignant, comme à l'issue de quasiment chacune des rencontres précédentes, que les participants ont discuté de la loi d'une manière positive.
Avec cette dernière réunion, la sous-commission passe le relais aux commissions conjointes qui doivent se réunir mercredi pour élaborer une loi électorale acceptable pour tous les courants et partis politique.
"Les discussions se tiendront demain (mercredi) sous la houlette du président de la Chambre Nabih Berry. Lors de cette réunion, le rapport final de la sous-commission sera présenté", a annoncé M. Ghanem, saluant les efforts du chef du Législatif en vue de trouver un consensus et de "briser le mur qui sépare les Libanais."
Ghanem s'est ensuite rendu à Aïn el-Tineh où il a remis le rapport final à M. Berry.
"Nous devons tous œuvrer pour aboutir à une loi électorale qui satisfera la majeure partie des Libanais", a déclaré M. Ghanem à l'issue de sa rencontre avec le président du Parlement. Et d'ajouter : "Il est certain que la nouvelle loi électorale ne sera pas exemplaire et ne répondra pas aux attentes de tous les Libanais, car nous n'avons plus le temps de développer une loi moderne. Les commissions conjointes tenteront de trouver des points communs pour choisir la loi électorale la plus adéquate".
Alors que les Kataëb et les Forces libanaises (FL) ont décidé de participer à la réunion des commissions conjointes, à laquelle assisteront plusieurs ministres, le Courant du Futur est toujours décidé à poursuivre son boycott du gouvernement de Nagib Mikati. Ce boycott avait été proclamé par l'Alliance du 14 Mars (opposition libanaise) après l’assassinat de Wissam el-Hassan, le chef du bureau des renseignements des FSI, le 19 octobre dernier.
Mardi, le député du Futur Ahmad Fatfat a déclaré que son Bloc ne participerait à la réunion des commissions conjointes qu'en cas d'absence de représentants du gouvernement. "Nous ne boycottons pas le Parlement. Notre absence est liée à une décision prise par le 14 Mars", a rappelé M. Fatfat.
Le député Kataëb, Samy Gemayel, a néanmoins espéré la participation de tous les partis politiques à la réunion de mercredi, disant compter pour cela sur M. Berry.
Le Courant du futur a confirmé mardi soir dans un communiqué diffusé à l'issue de sa réunion hebdomadaire le boycott des réunions des commissions conjointes et a annoncé que l'ancien Premier ministre Saad Hariri va proposer une nouvelle initiative concernant la loi électorale lors d'une interview télévisée jeudi prochain.
Prenant également la parole à l'issue de la réunion de la sous-commission, le député des FL, Georges Adwane, a, lui aussi, annoncé avoir une proposition qui pourrait rapprocher les points de vue. M. Adwane a l'intention de proposer une prolongation de 15 jours de la mission de la sous-commission. Une extension pendant laquelle sera exclusivement étudié un projet de loi mixant le mode de scrutin majoritaire et la proportionnelle, a-t-il précisé.
De son côté, le chef du Courant patriotique libre (CPL) Michel Aoun a estimé mardi lors d'une conférence de presse que les députés du Courant du Futur (opposition) "n'ont pas le droit" de boycotter les réunions des commissions parlementaires conjointes concernant la loi électorale. "Qu'ils reviennent au Parlement et qu'ils respectent l'avis de la majorité. Ils croient que leur absence empêchera l’approbation du projet de loi, ils se trompent", a-t-il dit.
L'affaire de la loi électorale est sur la table depuis des semaines maintenant. Le retard dans l'adoption d'une nouvelle loi électorale met en péril la tenue même, à la date prévue, du scrutin.
Lundi, le député Akram Chehayeb a donné la clé de la formule magique. La prochaine phase sera celle de "l’obscurité créative", a-t-il dit, après avoir été reçu par Nabih Berry, et plaidé pour la poursuite des efforts parlementaires à la recherche d’une nouvelle loi électorale.
Dans l’esprit de M. Chehayeb, "l’obscurité créative" est celle que provoquerait une nouvelle loi électorale dont on ne connaîtrait pas à l’avance les résultats, ce qui en faciliterait l’adoption. C’est en effet notamment en fonction des pointages effectués par les différents courants et partis politiques que les projets proposés sont acceptés ou rejetés.
"Il ne faut pas qu’il y ait un camp victorieux avant le scrutin, a précisé M. Chehayeb. L’obscurité créative jouera un rôle déterminant dans la phase à venir."
Mardi matin, le patriarche maronite Mgr Béchara Raï avait souligné la nécessité d'adopter une loi électorale "taillée à la mesure du pays et non à celle des intérêts personnels".
(Pour mémoire : Nasrallah : Oui au projet de loi électorale orthodoxe)
Les partis chrétiens -Courant patriotique libre (CPL), Kataëb et FL- soutiennent le projet du Rassemblement orthodoxe, qui prévoit l’élection par chaque communauté de ses propres députés, sur base de la proportionnelle. Ce projet a obtenu le soutien du Hezbollah.
Toutefois, le président Sleiman, ainsi que le Courant du Futur et le PSP de Walid Joumblatt, sans parler des indépendants du 14 Mars, s'opposent à ce projet. Le Président estime notamment que ce projet renforcerait le cloisonnement communautaire.
Le Premier ministre Nagib Mikati continue, lui, d'afficher un optimiste résolu quant au déroulement des élections législatives en temps et en heure, et à l'adoption d'une loi électorale juste et équitable.
Le Conseil des ministres réuni à Baabda mardi matin, a néanmoins décidé de reporter la formation du comité de supervision des élections prévues pour le mois de juin.
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