« L’État, actionnaire aussi, est attentif à la rémunération du premier dirigeant, M. Ghosn », a déclaré Pierre Moscovici sur France Info, à la veille de la reprise des négociations sur la compétitivité de Renault en France. « Quand il a été proposé une certaine rémunération lors du dernier conseil, c’était en décembre, l’État actionnaire a voté contre. » « Quand une entreprise rencontre de telles difficultés, il faut en effet qu’il y ait cet effort de décence qui soit fait, et j’appelle à ce qu’il le soit », a-t-il ajouté.
Carlos Ghosn a touché sur l’exercice écoulé près de 13 millions d’euros – 9,92 millions chez Nissan et 2,79 millions chez Renault. Jeudi dernier, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait estimé qu’il ne serait « pas absurde » de demander un effort à Carlos Ghosn sur ce sujet.
Renault, dont l’État est le principal actionnaire avec 15 % du capital, reprend aujourd’hui les négociations pour rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols, notamment via un gel des salaires cette année et des hausses limitées en 2014 et 2015.
Le groupe espère conclure un accord d’ici à début février, faute de quoi il ne pourra s’engager à pérenniser tous ses sites dans l’Hexagone. Plusieurs syndicats y ont dénoncé une forme de chantage.
Chez PSA Peugeot Citroën, les négociations sur le plan social se poursuivront aussi ce jour-là dans un contexte houleux à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où le site d’assemblage est voué à la fermeture en 2014.
L’usine, qui n’a pas produit de voitures pendant dix jours sous l’effet conjugué d’une grève, de la neige et de ce que PSA a qualifié de dégradations volontaires, a rouvert lundi matin dans une atmosphère tendue entre les non-grévistes et les manifestants.
La direction de l’usine, qui a dénombré 180 grévistes sur un effectif de 3 000 personnes, a appelé en renfort 200 cadres des autres sites du groupe et quadruplé le nombre de vigiles aux portes du site.
Une porte-parole a souligné que le nombre de grévistes restait stable mais que la production n’avait repris qu’au compte-gouttes, l’équipe du matin ayant été marquée également par un fort absentéisme.
(Source : Reuters)

