Une cinquantaine d’œuvres du prestigieux sculpteur Rodin, dont « Le penseur », « Le baiser » ou « L’âge d’airain », sont exposées. Éric Piermont/AFP
Ce terminal très moderne est destiné à la clientèle internationale, voyageant sur des vols long-courriers, principalement à destination de l’Asie. Ouvert du premier au dernier vol et accessible gratuitement aux passagers du terminal, l’espace accueillera « des œuvres originales, prêtées par les plus grands musées parisiens », à raison de deux expositions de six mois tous les ans, précise M. Bourgue.
L’occasion pour les institutions concernées de « mieux mettre en valeur la qualité de leurs collections », en touchant un public à la fois « nombreux » et « de tous horizons », s’enthousiasme Francis Briest, président et fondateur du Fonds de dotation d’Espace musées, qui parle d’un projet « unique au monde ».
Aux Pays-Bas, l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol compte déjà un espace muséal, mais réservé au seul Rijksmuseum. Et au Bourget, le galeriste américain Larry Gagosian a ouvert en octobre un lieu d’exposition conçu par Jean Nouvel, mais destiné à un public limité, utilisateur de jets privés.
À Roissy, deuxième aéroport en Europe et septième dans le monde, avec quelque 61 millions de passagers en 2011, entre 1 500 et 2 000 personnes par jour pourraient visiter l’espace d’exposition, selon Aéroports de Paris. « En moyenne, les passagers passent entre 1h30 et 2h00 dans l’aéroport. Pendant ce temps-là, ils sont relaxés et disponibles pour ce genre d’expérience », souligne Pascal Bourgue.
Blotti entre les salles d’embarquement et les boutiques de luxe, le « musée de Roissy », qui mêle bois, verre et acier, a été conçu par le cabinet Willmotte Père et Fils (Jean-Michel et Nelson). La programmation a été confiée à Serge Lemoine, professeur à la Sorbonne et ancien président du musée d’Orsay. « L’objectif, c’est de faire de cet espace un véritable lieu de culture, avec une programmation vivante et dynamique », assure Francis Briest, qui pointe le « soin apporté à la scénographie ».
Signe de l’ambition affichée par cet espace artistique unique en son genre ? Les programmateurs ont choisi, pour inaugurer le cycle d’expositions, de faire appel au musée Rodin en présentant une cinquantaine d’œuvres du prestigieux sculpteur, dont Le penseur, Le baiser L’âge d’airain.
Une façon « d’aller au-devant d’un public qui n’est pas forcément familier des musées » et de faire encore mieux connaître le sculpteur « parfaitement à l’aise dans l’aéroport » grâce à sa renommée internationale, selon Catherine Chevillot, directrice du musée Rodin, qui salue une initiative « insolite et originale ».
(Source : AFP)


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