Swatch Group s’offre Harry Winston, « le joaillier des stars », pour un milliard de dollars.
L’horloger suisse Swatch Group entre par la grande porte dans le secteur de la joaillerie avec le rachat, annoncé hier, du diamantaire américain Harry Winston, l’une des marques les plus prestigieuses dans le monde de la haute joaillerie.
Lundi, le groupe suisse, numéro un mondial pour les montres, qui n’avait pas acquis de nouvelles marques depuis la reprise des montres de prestige Glasshütte et de Jaquet Droz en l’an 2000, a réalisé un coup de maître en s’offrant « le joaillier des stars » pour un milliard de dollars.
Connu pour ses relations étroites avec Hollywood, le groupe, dont le fondateur portant son nom était surnommé « le roi des diamants », compte parmi les plus grandes références dans le monde des diamants.
La maison a notamment taillé des pierres de légende telles que le Taylor-Burton, un diamant en forme de poire de 69,42 carats offert à l’actrice américaine Liz Taylor par Richard Burton pour sceller leur union houleuse.
Harry Winston a également fait partie de la liste privilégiée des propriétaires du diamant Hope, une pierre bleue considérée comme un joyau maudit ayant appartenu à Louis XIV et la reine Marie-Antoinette.
La marque rivalise directement avec les plus grandes griffes de la haute joaillerie, telles que Cartier, propriété du groupe suisse Richemont, mais aussi Bulgari, rachetée en 2011 par le français LVMH, ou le diamantaire britannique Graff.
Le rachat de la marque américaine constitue en cela une « véritable percée dans la haute joaillerie pour Swatch Group », souligne Thomas Chauvet, analyste chez Citigroup, dans une note de recherche.
Jusqu’à présent, Swatch Group était avant tout présent sur le segment de la bijouterie fantaisie par le biais de collections propres à la marque Swatch ainsi que de Calvin Klein, la marque américaine pour qui le groupe suisse sous-traite la fabrication de montres.
« La bijouterie avait toujours été une activité marginale pour le groupe », souligne l’analyste de Citigroup. Selon les estimations de Thomas Chauvet, l’impact de ce rachat sur les bénéfices devrait être limité. « Nous estimons que la transaction va accroître le bénéfice par action pour l’année 2013 d’environ 2 % », prévoit-il.
Cette opération va néanmoins permettre aux activités de Swatch Group de changer de dimension.
L’expansion dans la joaillerie faisait partie des ambitions de Nicolas Hayek, le fondateur du groupe, qui voulait lancer des lignes joaillières, notamment à travers la marque Léon Hatot. Le groupe suisse avait cependant essuyé une série de revers sur ce segment, notamment avec le rachat de l’italien Bulgari par le français LVMH.
Bien que Nick Hayek ait nié avoir fait partie des candidats à ce rachat, les rumeurs de marché évoquaient régulièrement Swatch Group parmi les repreneurs du diamantaire basé à Rome.
Le groupe avait également tenté une percée sur le segment des montres joaillières par le biais d’un partenariat avec Tiffany & Co, qui confiait à Swatch Group la fabrication de ses montres.
Les relations entre les deux sociétés s’étaient cependant détériorées, Nayla Hayek, la présidente de Swatch Group, reprochant à Tiffany & Co. de ne pas faire suffisamment d’efforts pour mettre en valeur les montres dans ses boutiques.
En 2012, Swatch Group avait brutalement mis un terme à son contrat avec Tiffany & Co.
« L’acquisition de la marque de luxe Harry Winston s’insère bien dans Swatch Group dans la mesure où elle comble les lacunes dans les montres de haute joaillerie », estime René Weber, analyste chez Vontobel, dans une note de recherche.
Harry Winston dispose de 22 boutiques à travers le monde. La marque réalise 75 % de ses ventes en joaillerie et 25 % de ses ventes sur le segment des montres, rappelle l’analyste qui souligne cependant que la marque souhaite renforcer sa division horlogère.
« Dans la mesure où Harry Winston veut se développer davantage dans les montres, Swatch Group est la meilleure solution », a indiqué René Weber à l’AFP.
Swatch Group est connu pour ses montres en plastique multicolore, mais opère sur toutes les gammes de prix, depuis les montres pour enfants Flik-Flak jusqu’aux marques de prestige tels que Omega, la montre de James Bond, ou Breguet, dont certains modèles se vendent jusqu’à un million de francs suisses (800 000 euros).
(Source : AFP)
Connu pour ses relations étroites avec Hollywood, le groupe, dont le fondateur portant son nom était surnommé « le roi des diamants », compte parmi les plus grandes références dans le monde des diamants.La maison a notamment taillé des pierres de légende telles que le Taylor-Burton, un...

