L’opposition syrienne devrait proposer ses propres idées de dialogue pour répondre à celles émises par le président Bachar el-Assad, a estimé hier le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. « Le président Assad a pris des initiatives visant à inviter tous les membres de l’opposition au dialogue. Oui, ces initiatives ne vont probablement pas assez loin. Elles ne semblent probablement pas sérieuses à certains, mais ce sont des propositions », a dit le chef de la diplomatie russe. « Si j’étais à la place de l’opposition, j’avancerais mes propres idées pour établir un dialogue », a-t-il ajouté. « Nos partenaires sont convaincus qu’il est indispensable préalablement d’évincer Bachar el-Assad du processus politique. C’est une condition préalable qui n’est pas contenue dans le communiqué de Genève (adopté en juin par les grandes puissances) et qui est impossible à mettre en œuvre, car cela ne dépend de personne », a-t-il encore ajouté, estimant que les conditions préalables rendaient « impossible le début d’un dialogue ».
Moscou avait déjà insisté samedi, au lendemain d’une réunion à Genève entre le secrétaire d’État adjoint américain, William Burns, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, et le médiateur international de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, sur l’importance du plan de Genève adopté le 30 juin par le groupe d’action sur la Syrie réunissant notamment les grandes puissances.
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Mouleiha
Sur le terrain, les forces gouvernementales ont tué hier au moins 42 personnes, pour moitié des enfants, en bombardant des zones tenues par les rebelles lors de combats autour de la base aérienne de Mouleiha, dans la banlieue est de Damas, ont accusé des opposants. Des vidéos, dont l’authenticité n’a pas pu être vérifiée, montrent des femmes en pleurs auprès des cadavres démembrés d’enfants éparpillés dans un champ de la Ghouta, près de Mouleiha, à cinq kilomètres de Damas. Mouleiha est la dernière grande fortification de la banlieue est de Damas qui ne soit pas encore tombée aux mains des rebelles, alors que le régime concentre ses forces au cœur de la capitale. L’opposante Yasmine al-Chami, s’exprimant au téléphone depuis Damas, a déclaré que les zones résidentielles autour de Mouleiha et dans les faubourgs populaires de Hazzeh, Kfar Batna et Douma avaient été soumises à d’intenses bombardements. L’armée bombardait également Daraya, Beit Sahem et Mouadhamiya al-Cham, au sud de la capitale. À Damas même, des affrontements avaient lieu dans le quartier de Barzé.
À Alep, des combats faisaient rage aux abords de l’aéroport international. À Azaz, une localité frontalière avec la Turquie, 10 civils ont été fauchés par les bombes d’un chasseur-bombardier, dont une femme et un enfant. Selon un bilan provisoire, au moins 100 personnes ont péri au total hier. Samedi, les violences avaient fait au moins 95 morts.
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