Deuxième semaine de 2013.
À première vue, c’est un tantinet drôle. Parce que même si cela partait d’une espèce de volonté de bien faire, leurs réactions face à Olga étaient risibles. Une petite tempête, à peine une tempétoune, et voilà le Liban transformé par eux en côte japonaise tsunamisée, en Nouvelle-Orléans dynamitée par une néo-Katrina plus vicieuse encore que l’originale. Drama queens plus vraies que nature. Qu’est-ce qu’ils feront ces braves ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale lorsque ce fameux Big One méditerranéen, ce huitième mégatremblement de terre que tout le monde redoute plus que tout, frappera le Liban, avec toute la ribambelle de cadeaux collatéraux : raz-de-marée ; attaque de rats ; famine, etc. ? Ils mettront le cursus scolaire en pause pour un an ? Ils enverront les centaines de milliers d’élèves poursuivre leur 8e B ou leur 1re ES à Chypre ? Ils transformeront les écoles en dispensaires ?
Ensuite, cela devient sordide. Carrément criminel. Comme ses prédécesseurs et très probablement ses successeurs, le gouvernement Mikati ne fait plus rire personne. Parce qu’infiniment coupable. Coupable d’amateurisme. Coupable de négligences dévastatrices. Coupable de nonchalance. Chaque année, chaque stupide année, les premières pluies, les premières tempêtes, les premiers caprices d’une nature de plus en plus affolée et affolante entraînent une même et insupportable réaction en chaîne : des drames humains, des millions de dollars de dégâts, une infrastructure dynamitée jusqu’à l’os, une agriculture agonisante et une électricité en mort clinique, sans que personne, une fois le printemps arrivé, ne bouge le doigt pour faire en sorte que les conséquences, l’hiver d’après, soient moins tragiques. Personne pour comprendre qu’il vaut mieux (ne serait-ce qu’essayer de) prévenir que guérir. Personne pour se souvenir que dans tous les cas, au Liban, on n’a jamais su/pu guérir.
Comme les autres, peut-être un peu plus que les autres, le cabinet Mikati se cache derrière son petit doigt et n’hésite pas à évoquer une catastrophe nucléaire. En faisant semblant d’oublier qu’il en a provoqué une pire : celle d’avoir sous-traité son travail, la rédaction puis l’envoi place de l’Étoile d’un projet de loi électorale. De l’avoir donné à faire, sainte-nitouche comme jamais, à un mini-Parlement (deux, si l’on compte le domicile décidément multifonctions de Boutros Harb...) transformé en une table de dialogue de huitième zone. C’est ubuesque : des députés en chômage technique depuis des mois; qui n’ont pas fait, durant leur mandat, 10 % de ce pour quoi les Libanais les paient ; qui jouent, et leurs patrons avec eux, aux stratèges et aux matamores de pacotille, aux mouches du coche, et qui brassent de l’air comme des rois, inutiles comme jamais.
Entre une surenchère putride de démagogie initiée par (qui d’autre que...) Michel Aoun et dans laquelle tout le monde s’est jeté, par naïveté ou par calcul ; entre ces pseudo-manœuvres bonapartistes et pathétiques des uns et des autres d’un 14 Mars rarement aussi en lambeaux qu’aujourd’hui ; entre ce consensus christiano-chrétien qui ne leurre personne ; entre une charte devenue serpillère et l’obscénité absolue des défenseurs d’une proportionnelle que les armes du Hezb finiraient de transformer en véritable dictature ; entre le silence assourdissant et plutôt satisfait de Michel Sleiman et les poussées prostatiques d’urticaire d’un Élie Ferzli qui n’a pas encore compris que Ghazi Kanaan a été suicidé et que Rustom Ghazalé n’est plus rien ; cette pantalonnade absolue qui se vomit depuis quelques jours à Beyrouth est un Little Boy politique : le pays souffre de mille urgences et ses dirigeants et ses élus s’amusent à jouer à qui perd gagne... Alors qu’il suffit que le locataire de Aïn el-Tiné, Goupil en diable cette année, convoque la Chambre et lui soumette les quatre projets : ledit orthodoxe, celui des 50 circonscriptions, celui accouché (massacré) par le gouvernement Mikati et celui dit de Fouad Boutros. Et que cette Chambre, souveraine, vote ; que l’on en finisse.
Qu’elle vote ce que bon lui semble, d’ailleurs. Fût-ce la circonscription unique flanquée de la proportionnelle. Idéalement l’uninominale. Qu’elle vote ce qu’elle veut, mais qu’elle fasse en sorte que celle qui va prendre sa place (en 2013, 2014 ou 2017) ne ramène pas, ne ramène plus jamais Nabih Berry au perchoir. Ce sera déjà un immense acquis de démocratie ectoplasmique.
Parce que même le Livre Guinness des records en a marre de Nabih Berry.
À première vue, c’est un tantinet drôle. Parce que même si cela partait d’une espèce de volonté de bien faire, leurs réactions face à Olga étaient risibles. Une petite tempête, à peine une tempétoune, et voilà le Liban transformé par eux en côte japonaise tsunamisée, en Nouvelle-Orléans dynamitée par une néo-Katrina plus vicieuse encore que l’originale. Drama queens plus vraies que nature. Qu’est-ce qu’ils feront ces braves ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale lorsque ce fameux Big One méditerranéen, ce huitième mégatremblement de terre que tout le monde redoute plus que tout, frappera le Liban, avec toute la ribambelle de cadeaux collatéraux : raz-de-marée ; attaque de rats ; famine, etc. ? Ils mettront le cursus scolaire en pause pour un an ? Ils...


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