« Veto », un pied de nez à la société internationale
Les installations et toiles mixed média de Thaer Maarouf sous le thème de « Veto » sont exposées à la galerie Pièce unique* jusqu’au 19 janvier. Un cri de douleur que lance l’artiste syrien et qui vaut le détour.
«Je ne peins jamais le bonheur, mais l’espoir, ni la guerre, mais la douleur qu’elle engendre.»
Pour Thaer Maarouf, ce talent syrien, natif de Sheba, 1972, l’art ne peut être que communication. «La toile n’est pas un simple objet décoratif qu’on accroche au mur, mais un médium par lequel on transmet un message.» Son exposition qui vient de se dérouler à Singapore et actuellement présentée à la galerie Pièce unique fait l’éclairage sur la communauté internationale et son inertie vis-à-vis de la maltraitance des populations. «Je ne suis partisan de rien, mais je prends parti pour l’homme, maltraité et incompris jusqu’à nos jours, dira Maarouf. On l’envoie dans l’espace, mais on oublie de remédier à ses moindres besoins terrestres ici bas. Et il suffit de quelques grandes puissances pour décider de son sort.» Les WC que l’artiste a posés autour d’une table des Nations unies sont le symbole de cette inaction «fatale».
Droit de parole L’artiste a le devoir de parler de ces injustices à travers son travail. « Il ne peut se taire », dit-il. Et de rappeler cette petite toile de Munch qui, en évoquant au siècle dernier un cri, symbolisait toute la révolte du monde. Quand on lui dit qu’il porte bien son nom, puisque Thaer signifie en français révolté, l’artiste sourit. Avec ce même sourire qu’on devine dans ses toiles pourtant aux couleurs sombres. «Je ne peins jamais le bonheur, mais l’espoir, ni la guerre, mais la douleur qu’elle engendre.» Tout est symbolisme chez cet artiste qui articule sa pensée sur la technique. «J’ai fait des études académiques et je suis convaincu que la technique employée à bon escient peut tout exprimer.» En effet, si le genre dans la forme semble différent, un lien relie toutes ces œuvres dans la manière de traduire les idées. «Je suis un artiste du postmodernisme, dira-t-il encore, et je crois que l’art peut se lire à travers plusieurs facettes.» Thaer Maarouf est un artiste engagé envers l’homme. Son engagement se traduit par sa propre «mise en scène». Souvent présent sur ses toiles ou encore dans son installation, où il exerce l’art de l’autoportrait, il semble interroger ou apostropher le regard des autres. Avec une rage de parler empreinte de malice. Si dans «Veto» son univers est sombre et noirci par la violence et la haine, telle cette toile baptisée Sodome et Gomorrhe que regarde un corbeau du haut de la cime, on perçoit néanmoins sur son espace pictural des fleurs, comme sur cet autobus d’école calciné ou encore ce papillon sur des squelettes, signe d’espoir et de lendemains heureux.
*Galerie Pièce unique, jusqu’au 19 janvier. Horaires d’ouverture : de 11h à 18h. Tél. Razan Chatti : 03/292576.
Pour Thaer Maarouf, ce talent syrien, natif de Sheba, 1972, l’art ne peut être que communication. «La toile n’est pas un simple objet décoratif qu’on accroche au mur, mais un médium par lequel on transmet un message.» Son exposition qui vient de se dérouler à Singapore et actuellement présentée à la galerie Pièce unique fait l’éclairage sur la communauté internationale et son inertie vis-à-vis de la maltraitance des populations. «Je ne suis partisan de rien, mais je prends parti pour l’homme, maltraité et incompris jusqu’à nos jours, dira Maarouf. On l’envoie dans l’espace, mais on oublie de remédier à ses moindres besoins terrestres ici bas. Et il suffit de quelques grandes puissances pour décider de son sort.» Les WC que l’artiste a posés autour d’une table des Nations unies sont le symbole de...
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