Un panache de fumée s'élève après des bombardements à Qeshm, en Iran, le 30 juillet 2026, sur une capture d'écran tirée d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Photo Reuters
Les États-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une « lourde série » de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.
L'armée américaine a « frappé des dizaines de cibles du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes », a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
Au moins trois tués à Qeshm
Les États-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement mardi par le CGRI, armée idéologique de l'Iran, de « multiples missiles balistiques » lors d'une « tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient », précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.
« Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », avait prévenu mercredi le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News. « On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour », avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison-Blanche.
Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan. « Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille : le père, la mère et leur enfant de deux ans », a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de 7 et 9 ans, blessés, avaient été hospitalisés.
Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).
Riposte inévitable
Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd el-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran. « Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite », a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.
Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient « coordonnées avec le gouvernement irakien », la présidence irakienne a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté de l'Irak ».
Cette riposte a déjà commencé ce jeudi matin. Dans un communiqué, l'armée jordanienne a annoncé avoir intercepté « cinq missiles iraniens », sans préciser la cible visée.
Dans la capitale iranienne, des habitants exhalent leur lassitude. « On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée », déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.
Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les États-Unis s'était étendu à un autre front opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.
Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux houthis, soutenus par l'Iran. Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir « violé le blocus naval » dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.
« Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable », a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.
Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.
L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.



