Le président turc Recep Tayyip Erdogan accueille son homologue libanais Joseph Aoun au palais présidentiel à Ankara, en Turquie, le 30 juillet 2026. Photo diffusée par le bureau de presse de la présidence turque / Reuters
Le président libanais Joseph Aoun a réaffirmé jeudi, depuis Ankara où il effectue une visite officielle, l'attachement du Liban à sa souveraineté, tandis que son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a assuré que le pays serait parmi les premiers bénéficiaires d'un retour à la stabilité régionale. Il a également promis la poursuite « sans interruption du soutien turc aux forces armées libanaises » et affirmé qu'Ankara était « prête à contribuer à la reconstruction et à la réhabilitation du Liban-Sud ».
« Nous avons passé en revue les développements régionaux, notamment à la lumière de la poursuite de l'occupation israélienne au Liban-Sud, et nous réaffirmons notre soutien ferme à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et au peuple frère libanais », a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe. Revenant sur le lourd tribut payé par le Liban depuis le début des attaques israéliennes, il a présenté ses condoléances aux Libanais et rappelé que la Turquie avait dénoncé dès le début les attaques israéliennes et qu’Ankara avait « constamment mis en lumière les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël ». Il a aussi salué les efforts diplomatiques en cours et réaffirmé la disponibilité de son pays à participer à « la reconstruction et de la réhabilitation du Liban-Sud, gravement affecté par les attaques israéliennes ».
Le Liban « ne renoncera pas à sa dignité nationale »
De son côté, Joseph Aoun a affirmé que le Liban « ne renoncera pas à sa dignité nationale » et « ne se soumettra pas à une force tyrannique », alors que l'armée israélienne poursuit ses opérations dans le sud du pays, un mois après la signature d'un accord-cadre entre Beyrouth et Tel-Aviv sous l'égide des États-Unis. Il a rejeté « toute ingérence unilatérale » dans les affaires libanaises, soulignant que le pays était « plus déterminé que jamais à restaurer la souveraineté de l’État. Il a réaffirmé les priorités de son mandat : « le retrait israélien de l’ensemble du territoire libanais, le retour des déplacés dans leurs villages, la reconstruction, la reprise économique et la souveraineté exclusive de nos forces légitimes sur les armes ».
Au sujet de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dont la mission doit officiellement s’achever fin 2026, Recep Tayyip Erdogan a estimé que cette échéance « constituera une évolution importante ». Il a assuré que la Turquie souhaitait « participer à toutes les initiatives » destinées à soutenir la sécurité de la région et à garantir la souveraineté du Liban après le retrait de la force de l'ONU, ajoutant que « le soutien de la Turquie aux forces armées libanaises dans le domaine sécuritaire se poursuivra sans interruption ». Plusieurs pays contributeurs, dont la France et l'Italie, entendent d'ores et déjà préparer le relais post-Finul.
« Une nouvelle étape » des relations libano-turques
Les deux dirigeants ont également insisté sur la nécessité de renforcer les relations bilatérales. Joseph Aoun, qui n'est que le troisième président libanais à effectuer une visite officielle en Turquie en soixante-dix ans, a estimé que les liens entre les deux pays « méritent d'être plus soutenus et plus ambitieux ». Il a dit voir dans cette visite « le début d'une nouvelle étape » fondée sur « le partenariat, la confiance et l'action commune ». Recep Tayyip Erdogan a, de son côté, assuré que le Liban figurerait « parmi les premiers pays qui bénéficieront du climat de stabilité de paix et de coopération dans la région », tout en regrettant qu'il ait longtemps servi de « terrain de rivalités et de conflits entre certaines puissances de la région ».
Le président libanais a par ailleurs remercié Ankara pour son soutien lors des différentes crises traversées par le Liban, de l'explosion du port de Beyrouth en 2020 à la dernière guerre avec Israël. Il a également salué l'appui continu de la Turquie à l'armée libanaise ainsi que sa participation à la Finul, dont il a souhaité la poursuite.
Un renforcement des relations entre Beyrouth et Damas
Abordant le dossier syrien, Recep Tayyip Erdogan a plaidé pour « la poursuite et le développement du dialogue » entre Beyrouth et Damas, ouvert après la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024. Il a estimé qu'un renforcement des relations entre les deux pays serait « bénéfique » et s'est dit prêt à fournir toute l'assistance nécessaire pour accompagner ce rapprochement. Le président turc a également assuré que son pays continuerait de soutenir le renforcement des institutions libanaises et de fournir une aide humanitaire et technique.
Arrivé jeudi à Ankara, Joseph Aoun s'est d'abord rendu au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, où il a déposé une gerbe de fleurs et observé une minute de silence. Il a ensuite laissé un message dans le livre d'or du mausolée, dans lequel il a salué l'héritage du fondateur de la République turque, dont l'expérience, selon lui, demeure « une source d'inspiration pour tout peuple aspirant à bâtir un véritable État ».
En parallèle, le leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a accordé un entretien depuis la rue Clemenceau à Beyrouth à « Turkey Today », dans lequel il a souligné l’importance du rôle de la Turquie dans la région. Il a estimé qu’Israël « utilisera tous ses outils politiques pour créer des problèmes à la Turquie » et appelé les dirigeants turcs à faire preuve d’une grande prudence face aux développements régionaux. M. Joumblatt a également affirmé que le Liban avait besoin de la Turquie en tant que pays ami et puissance régionale capable de contribuer au renforcement de la stabilité politique et sécuritaire, ainsi qu’au développement de la coopération économique et à l’ouverture de nouvelles perspectives dans les relations entre les deux pays.

Etdogan SE FOUT du Liban... Tout ce qui lui importe c'est de contrecarrer netanyahu et de s'imposer a la place d'Israël... Erdogan est tout autant un tyran que netanyahu... Il ya qu a voir comment il traite l'opposition dans son pays
06 h 43, le 31 juillet 2026