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À La Une - Citoyen Grognon

Jeunesse aphone

Le soulèvement de la jeunesse indienne fait chaud au cœur depuis l’horrible viol collectif doublé du meurtre sauvage de la jeune étudiante de 23 ans à New Delhi. Elle se mobilise alors, la jeunesse indienne. Elle multiplie les initiatives à travers l’Inde. Pour rendre hommage à la jeune victime. Pour pousser la justice à sanctionner les coupables. Pour pousser les autorités à changer les lois. Pour protéger les femmes des viols et de la violence dont elles sont victimes au quotidien. Jeudi, dans la ville de Darjeeling, à l’occasion d’un festival de musique, 600 guitaristes ont joué ensemble la chanson mythe de John Lennon, Imagine, pour répandre « l’espoir et la paix », et se solidariser avec la famille de la disparue. Belle initiative !


Une initiative dont devrait s’inspirer une jeunesse libanaise plongée dans l’inertie et l’indifférence, dès lors qu’il s’agit de revendiquer ses droits, de faire entendre sa voix. Mais qui ne se mobilise que pour applaudir aveuglément et avec ferveur ses leaders politiques et communautaires.


Elle en a pourtant des revendications, la jeunesse du Liban. Elle aussi voudrait que la législation protège ses femmes de la violence domestique, et ses enfants de toute forme de maltraitance. Elle rêve de sortir du carcan des lois communautaires qui emprisonnent et stigmatisent l’individu, qui maintiennent la femme au rang de citoyenne de seconde zone, de personne immature, incapable de décider pour elle-même. Elle voudrait également, la jeunesse du Liban, qu’elle soit journaliste, blogueuse, actrice, artiste ou homosexuelle, pouvoir s’exprimer plus librement, sans crainte de poursuites, de menaces, de représailles ou d’humiliations.


Une vie décente, dans un pays où il fait bon vivre : la jeunesse libanaise n’est pas exigeante. Son désir d’un quotidien plus doux est évident, son attente d’une qualité de vie meilleure perceptible. Est-il illusoire pour elle de rêver d’une distribution équitable du courant électrique et de l’eau potable, 24h sur 24, d’un enseignement public de qualité, scolaire et universitaire, d’emplois pour tous, d’une justice juste et équitable, pour ne parler que de ces quelques revendications ?


Mais il y a bien longtemps que la jeunesse libanaise a cessé de faire entendre sa voix, de crier ses revendications, même les plus légitimes, même les plus évidentes, même les plus accessibles. Par paresse, par dégoût, par manque de conviction, par peur de changer l’ordre établi, ou tout simplement par volonté de tourner le dos et de s’en aller...
La mobilisation indienne lui donnera-t-elle des ailes ?

Le soulèvement de la jeunesse indienne fait chaud au cœur depuis l’horrible viol collectif doublé du meurtre sauvage de la jeune étudiante de 23 ans à New Delhi. Elle se mobilise alors, la jeunesse indienne. Elle multiplie les initiatives à travers l’Inde. Pour rendre hommage à la jeune victime. Pour pousser la justice à sanctionner les coupables. Pour pousser les autorités à changer les lois. Pour protéger les femmes des viols et de la violence dont elles sont victimes au quotidien. Jeudi, dans la ville de Darjeeling, à l’occasion d’un festival de musique, 600 guitaristes ont joué ensemble la chanson mythe de John Lennon, Imagine, pour répandre « l’espoir et la paix », et se solidariser avec la famille de la disparue. Belle initiative !
Une initiative dont devrait s’inspirer une jeunesse libanaise plongée...
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